Confinement – Audrey Blanchard, elle rêvait d’un meilleur départ à la Montcellienne

Elle garde le sourire. Elle même pleine d’entrain. Derrière son armoire réfrigérée, Audrey Blanchard tente de garder le moral en cette période de pandémie du coronavirus.

Depuis le 17 mars 2020, premier jour du confinement, les journées sont longues et les clients se font rares. La charcuterie-traiteur, La Montcellienne au 16 rue Jean Bouveri à Montceau-les-Mines a changé de patron. Monsieur et madame Ravier ont vendu, dix-huit ans qu’ils occupaient les lieux.

Désormais, Audrey Blanchard a pris les rênes de la boutique. « C’était le 12 novembre 2019 » rappelle-t-elle. A cette époque, elle réalisait son rêve, travailler pour elle, ne plus dépendre d’un patron. En novembre, le covid-19, était loin, très loin. Un inconnu qui, malheureusement, a crevé l’écran depuis. Un sale tour de cochon !

Audrey Blanchard, pendant une dizaine d’années a occupé le poste de commis de cuisine ou de second comme à Chassy, son dernier poste. « Je cherchais une entreprise, je désirais une vie plus saine, surtout pas de restaurant. Mon idéal, ouvrir un service de traiteur » raconte Audrey, originaire de l’Autunois qui a élu domicile à Ciry-le-Noble où son mari est agriculteur.

A la première annonce, elle tombe sur La Montcellienne. « Une charcuterie, pas grave, j’ai mon CAP charcuterie, ça ne me déplaît pas du tout ».

Traiteur, Audrey n’a pas éludé l’idée, alors chaque jour, elle prépare des plats, enfin préparait parce que depuis le 17 mars, ce n’est pas l’envie qui manque mais plutôt le gastronome à l’odeur alléchée. Elle adore travailler la viande et de poisson. « Mon risotto de lotte est une petite merveille » précise-t-elle. Son truc à elle, des plats à sa sauce.

Quatre mois que la Montcellienne a changé de main. « Ici, je me plais. le quartier est sympa, les gens charmants ». En temps normal avec son employée, elle fait son chiffre. « Aujourd’hui, il est divisé par 2.5. Pour une première année de reprise, c’est dur » avoue-t-elle.

« Les gens ne sortent plus l’après-midi, ils ont peur, on les sent stressés. Et que va devenir ma salariée dont le contrat se termine au 14 avril ? Je fais quoi ? »

Des questions, des interrogations, de l’angoisse. A La Montcellienne, Audrey Blanchard ne baisse pas les bras même si, dit-elle « Pâques est dans les chaussettes ».

« Je fais des produits artisanaux, Je ne vends pas de la m… ».

A sa clientèle, elle leur propose la livraison à domicile, « jusqu’à Ciry et sans frais ». C’est sur sa route.

Une route dont elle aimerait que l’horizon se dégage assez rapidement. « Au-delà de mai, ça risque d’être très difficile ».

Jean Bernard

 

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