Chauffeur de bus – Pour quelques minutes en moins, il perd sa « prime urbaine »

Photo illustration.

Le cas est particulier mais perdre une prime de 17 € par jour travaillé, a de quoi vous torturer l’esprit.

Qu’arrive-t-il a notre chauffeur de bus qui assure chaque jour _ au moins cinq fois par semaine _ la liaison entre Le Creusot et la gare TVG ? « Je prends mon poste de 12h à 20h. A partir de 6 heures de travail, j’avais une prime dite prime urbaine de 17 € et, pour une raison que j’ignore, mon temps de travail est passé à 5 heures 57 et donc, je ne touche plus cette prime », explique-t-il.

En novembre 2021, cette prime lui a rapporté 323 €, soit 19 journées à 17 €. En décembre 2021, sur sa prochaine fiche de salaire, il n’aura que 9 jours primés, « parce depuis le 13 décembre le TGV de 21h11 a été repoussé à 22h11 (le Paris-Lyon) et à cette heure-ci, c’est le bus à la demande qui prend le relais ».

A 58 ans, P.U. va sur sa vingtième année d’ancienneté quand bien même n’a-t-il que trois ans de présence chez son nouvel employeur. « Aujourd’hui, personne n’a été capable de m’expliquer la raison de la suppression de cette prime ».

Le directeur de la société, l’indique clairement, « il n’y a pas de secret » et impute le retrait de la prime au nouvel horaire du TGV de 22h11. « Au-dessus de 6 heures de travail, vous touchez une prime, en dessous, vous ne la touchez pas même si d’autres primes peuvent tomber comme la prime de nuit » précise-t-il.

Les services scolaires en compensation 

« J’avais ces 17 € depuis juin 2021 avec 6 heures 05 de travail mais depuis le 13 décembre dernier (changement d’horaire du TGV), je continue à travailler de 12h à 20h et mon temps de travail est passé à 5 heures 57 » détaille le chauffeur. D’où son incompréhension. « Même avec le TGV de 21h11, « je travaillais jusqu’à 22h entrecoupé de temps de pause qui ne comptent pas dans le salaire ». « Mais j’étais à 6 heures 05 de travail avec la prime ».

La direction a pris le cas de P.U. en considération et, pour augmenter son activité de chauffeur, « nous lui avons proposé des services scolaires ». Une compensation qui ne rattrape pas la perte des 17 €. « J’ai beau faire les services scolaires de 6h à 9h, je ne touche plus la prime. En temps effectif, ça fait 1h30 et je suis payé 11.90 € de l’heure.  « Oui mais je suis têtu, je veux comprendre. En attendant, je dois travailler plus pour compenser la perte de la prime » s’indigne-t-il.

Un nouvel horaire du TGV, un nouveau calcul des heures travaillées et notre chauffeur passe de 6 heures 05 à 5 heures 57 et la prime lui passe sous le nez. Il a du mal à encaisser.

Jean Bernard

 

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Il a du mal à encaisser…
    Joli trait d’humour !
    Il en a d’autant plus (du mal) qu’il n’encaisse plus !
    JM71

  2. Bonjour,

    A la CGT au syndicat des mineurs, il y a une personne qui saura lui donner de précieuses indications…..

  3. Honteux pour quelques minutes.

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