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Blanzy – Aux Pannessots, Elise et ses chevaux

La vue est sublime, dégagée. Plus verdoyante au printemps, trop aride aujourd’hui, sans doute magnifique à l’automne. La plongée sur les Pannessots par un petit chemin de terre en pente douce laisse à penser qu’ici, la vie s’arrête et qu’une autre reprend dans une autre dimension. C’est la patrie des chevaux et d’Elise. Son royaume.

Ennio Morricone aurait pu y composer Il était une fois dans Les Pannessots et, John Wayne, laisser son American Quarter Horse aux portes du saloon. Des images d’Epinal sans doute ou une imagination galopante.

Sur douze hectares, Elise et son mari Léo, un pur Argentin, ont bâti le rêve de cette Montcellienne d’origine, un élevage de chevaux, le minorquin et l’aztèque. Des races rares.

Elise a toujours eu pour compagnon l’autre meilleur ami de l’homme. Au Chili, elle dirigeait un poney club, à Andorre elle prodiguait des cours d’équitation. Et quand la crise fut venue en Espagne, le cheval s’est pris les sabots dans les dineros. « Les chevaux partaient à l’abattoir, les propriétaires ne pouvaient plus les nourrir. Nous en avons achetés et revendus. C’était mieux que les voir mourir » raconte Elise. « En 2013, nous sommes revenus en France ».

La rencontre avec les Pannessots a été un coup de coeur. « La ferme était à l’abandon, à moitié écroulée ». Elise et Léo mirent un an à tout reconstruire, d’abord pour les chevaux. Néanmoins, pour subvenir, Elise est professeur d’espagnol remplaçante et Léo, en plus de son travail, a ouvert un atelier de réparation de quads.

Un minorquin élevé à Blanzy meilleur étalon à Minorque

Ici, Elise élève deux races. Le minorquin (des îles Baléares). Un splendide équidé à la robe noire, sa marque de fabrique. « C’est un cheval polyvalent, pour toute la famille. Ils vivent à l’année dehors. La moitié de nos poulains naissent ici, les autres à Minorque où nous avons toujours deux poulinières ».

Sa grande fierté, avoir vendu à Minorque, un minorquin de son élevage à Blanzy qui, de surcroît, a été désigné meilleur jeune étalon (moins de 3 ans). C’est dire la qualité d’Eli’s Farm. Les prix sont abordables, entre 3000 et 6000 € et les clients, français mais aussi suisses et belges, principalement.

L’aztèque, c’est une autre histoire. Cette race est un mélange de cheval mexicain et d’American Quarter Horse, le cheval typiquement américain. « Aujourd’hui, il y a moins de 10 chevaux aztèques en France » affirme Elise alors que le dernier poulain reste sous la surveillance de sa mère.

C’est une race qui débute en France. Un cheval de travail, robuste. Il servait dans les ranchs au Mexique.

Au prix d’un long travail administratif et diplomatique, Elise a monté l’association française de race aztèque, la faite reconnaître par l’institut de France et « depuis le 1er janvier 2020, la France et le Mexique ont reconnu la race » précise l’éleveuse.

Aux Pannessots, Elise rêve toujours au milieu de son paysage onirique. Son élevage prend du galon et le film est loin d’afficher le mot fin.

Jean Bernard

 

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