Auxiliaire médical en pratique avancée, création du métier!

C’est l’aboutissement d’un long et rude combat.  Cinq textes réglementaires – deux décrets et trois arrêtés émanant du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation: officialisent l’exercice infirmier en pratique avancée.

Quid ?

Il s’agit d’une nouvelle voie d’évolution et d’expertise pour la profession infirmière.

L’infirmier en pratique avancée (IPA) dispose de compétences élargies par rapport à celles de l’infirmier diplômé d’Etat. Le cursus est sanctionné par un diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée délivré par les universités.

Le 9 juillet Agnès Buzyn, l’annonçait : «l’entrée en formation en septembre des premiers étudiants dans près d’une dizaine d’universités est une réalité. L’exercice par des professionnels paramédicaux de compétences habituellement dévolues aux médecins constitue une innovation majeure qui facilitera l’accès aux soins pour certains patients atteints de pathologies chroniques.

Si le président de l’Ordre national des infirmiers, Patrick Chamboredon, se réjouit de cette avancée professionnelle «pleinement inscrite dans une logique d’universitarisation de la profession, confirme également la meilleure reconnaissance du rôle des infirmiers auprès des patients. Il s’agit désormais de mettre en place au plus vite l’offre de formation afin d’être en mesure de former dès la rentrée prochaine les premiers infirmiers en pratique avancée. »

Quels domaines de compétences ?

L’infirmier en pratique avancée voit ses missions prévues dans un champ dérogatoire à l’activité courante infirmière: activités d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage, actes d’évaluation et de conclusion clinique, actes techniques et actes de surveillance clinique et para clinique. Il pourra, sans prescription médicale, effectuer un certain nombre d’actes : prélèvement sanguin, recueil aseptique des urines, pose de bandes de contention, branchement, surveillance et débranchement d’une dialyse rénale, péritonéale ou d’un circuit d’échanges plasmatique.

L’IPA sera autorisé à prescrire : des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire figurant sur la liste établie par l’ANSM, des examens complémentaires et demander des actes de suivi et de prévention nécessaires au suivi du patient, renouveler ou adapter des prescriptions médicales en cours, prescrire des dispositifs médicaux et renouveler des prescriptions d’actes infirmiers. Cela permettra d’adapter le suivi du patient avec information sur le dossier partagé du patient.

Certains voient là les conséquences de la désertification médicale et l’impérieuse nécessité de maintenir une offre de soin minimale. C’est sans doute tout de même une avancée.

Gilles DESNOIX

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