Une page se tourne à Montceau – Gilles le Vendôme : « Ciao les amis ! »

Ne cherchez pas plus loin le vainqueur du loto à 200 000 000 M €. Cadre, retraité… « bon dieu, c’est bien sûr » aurait dit Raymond Souplex dans Les cinq dernières minutes, sauf que le personnage est imaginaire et Gilles Villancher n’a malheureusement jamais coché les bons numéros du loto.

Le commissaire Bourrel n’a pas eu le bon pif sur le coup. Fermée depuis le 28 octobre date du dernier confinement, la brasserie le Vendôme le restera. Pas de covid à l’horizon ou de faillite ni même comme on a pu l’entendre « il a bu le bouillon », non, c’est tout simplement un bailleur qui vire son locataire.

L’histoire remonte pratiquement à l’arrivée de Gilles dans les murs du Vendôme, un établissement avec pour propriétaire à cette époque, Evelyne Davoine, la dame de Ciné Alpes, le cinéma Le Plessis. Tout lui appartient.

Il y a 11 ans, elle refuse de lui renouveler le bail. Depuis 11 ans, une procédure au tribunal est engagée. Voilà un an, Evelyne Davoine vend son empire cinématographique à Pathé Gaumont qui hérite de la gestion du Vendôme. « Pathé Gaumont aurait pu me faire un bail, il ne l’a pas fait » explique Gilles. C’est l’éviction, la fermeture, la cessation d’activité. « Il a fait le choix de m’indemniser ». Bye bye !

Sur une plage ensoleillée 

Philosophe, Gilles Villancher l’est sans l’être. Il se veut surtout pragmatique. L’homme a donné sans doute plus que de raison. « J’ai commencé en apprentissage à 16 ans dans le Jura ». Son métier de cuistot l’a conduit en Allemagne, à Hambourg, Berlin, du côté de la Bretagne avant de s’établir à Cousance toujours dans le Jura où il a gérée un bar-hôtel restaurant pendant 10 ans.

« J’ai cherché ensuite un établissement du côté de Mâcon, Chalon, Bourg-en-Bresse, je voulais une brasserie en centre-ville » détaille-t-il. Il atterrit à Montceau-les-Mines en août 2008. « Au moins ça bougeait, c’était l’opulence. Mon prédécesseur vendait sur table une bouteille de vodka à 75 €, aujourd’hui c’est impossible » lâche-t-il un brin nostalgique. Au passé pas à la vodka.

En 12 ans  et « je ne compte pas mes congés et mes jours de RTT » plaisante-t-il, Gilles Villancher a vu l’évolution du métier et de la clientèle. « Peut-être n’ai-je pas su m’adapter de mon côté » admet-il avant de reconnaître, « d’année en année ça devenait de plus en plus difficile ».

Au centre-ville de Montceau, une page se tourne. La plus ancienne brasserie de la cité minière ferme. Elle s’est appelée Le bar de l’hôtel de ville. Le café  à 3 € pour les grincheux, à 1.50 € pour l’aimable clientèle, c’est du passé. Le gentleman-brasseur tire sa révérence avec les honneurs et son sourire ravageur toujours de rigueur qui venait du coeur. Regretté, il l’est déjà.

Gilles le Vendôme ne tire aucun plan sur la comète. « Je n’ai pas de projet, 11 minutes ne suffisent pas alors que j’attends depuis 11 ans ». Aussi se met-il à rêver, « je me vois bien sur une plage au soleil à louer des paddles ». Qui sait ?

Le Vendôme, le bar des amis, le resto des fines gueules, des apéros du samedi, au plaisir de s’y retrouver, va entrer dans la mémoire collective. Une p’tite larme avant de partir…

Salut l’ami. Au revoir l’artiste.

Jean Bernard

16 commentaires :

  1. disparition des bis derniers bistrots

    Après chez Josy c’est le vendôme qui disparait, deux autres établissements sont actuellement en vente. voilà qui fera de la place pour de nouveaux kebabs qui semblent moins souffrir de la crise du coronavirus

  2. Ciao au Vendôme Ok pas à toi Gilles.
    On s’est connu dans la région de CUISEAUX pour se retrouver à MONTCEAU-LES-MINES !
    Commerçant oui mais pas soumis ! C’est l’image que j’ai de toi. Hier à la recherche d’un casse-croûte, une commerçante se confiait sur le comportement odieux de clients estimant que c’est eux qui la faisait vivre !
    A lecture de l’article de JB, je souriais seul imaginant la réplique que tu leur aurais trouvée..
    Merci pour ton amitié, ta sincérité et ton humour, pas question de te dire Ciao 👋, je te fais confiance pour trouver une nouvelle voix et te retrouver bientôt en compagnie de ta tribu.
    Amitiés sincères
    GG et sa tribu

  3. Ciao l’ami un plaisir de t’avoir rencontré

  4. Bon vent Gillou,

    Oui les apéros du samedi vont nous manquer. Les blagounettes à deux balles, les conversations plus sérieuses vont me manquer.
    Mais tu as bien fait, reste que le Vendôme vide c’est triste….
    A bientôt Gilles.
    Bonnes fêtes à toi et à tes enfants.

  5. vu la conjoncture actuelle c’est peut être une bonne chose pour vous, mais bon encore un commerce de moins au centre ville. En attendant bon courage à vous

  6. La mairie ne devait pas racheter le bâtiment ?

  7. La fermeture du Vendôme, une triste nouvelle pour nous qui avions l’habitude de nous y retrouver avec toute ta sympathie et ta bonne humeur, ton accueil toujours chaleureux.
    Nous y étions presque à la maison
    Beaucoup de bonnes soirées autour d’un bon repas et d’un bon verre.
    Une page est tournée, et nous savons que nous nous retrouverons très vite entre Z’amis
    Bonne fêtes de fin d’année à toi, Gilles, à toute ta famille et à bientôt
    Tes Z’amis

  8. Bonne continuation à toi Gilles, un gars très sympathique avec le sourire tous les jours dans toutes les circonstances. A bientot

  9. Bon courage et bonne route une page qui se tourne mais il reste toujours des pages blanches…..!
    bonne fête et bonne année 🍻🎉
    AHMED

  10. c est un fait c est decevant que l etablissement disparaisse la conjoncture est tres difficile le fait est que nos politiciens est interdit le tabac et la consommation d alcool a pulverise 60 pour cent de la clientele en plus de ca les soirees ne sont plus ce qu elles etaient avec la disparition des discotheques la communication est coupee il faudra montre du doigt google car l internet a pulverise la convivialite la communication et l approche de vivre en societe c est un grand message que j envoie aujourd hui puisse m entendre deux petits anges afin que l humain se rendre compte a revenir a de vrais valeurs humaines

    • Google, Frederic, n’est ce pas une auberge espagnole, une langue d’Ésope moderne ?
      N’est ce pas qui est annoncé par sa définition : un moteur de recherche, au demeurant très performant.
      Chacun va y trouver ce qu’il y cherche et rien n’oblige personne à s’y connecter.
      Internet et Google, causes ou un effets ?
      Qu’est ce qui fait que de plus en plus convivialité rime avec usage de drogues de tous types, l’alcool y figurant en bonne place ?

      • Commentaire intéressant qui mérite une réponse sérieuse. Je vous invite donc toutes et tous, avant de parler, à tourner 7 fois VOTRE langue dans la bouche de VOTRE voisin (e). Ce qui, admettez le, est quand même beaucoup plus agréable et tout aussi efficace que de la tourner (comme le suggère le dictionnaire de l’académie française ou la Bible) dans sa propre bouche. Pour les réseaux sociaux, la même méthode est transposable. Il faudra cependant vous assurer au préalable si votre voisin(e) n’est pas célibataire que son (sa) conjoint (e) ne risque pas de « débarquer » à l’improviste…
        LOL.

  11. 2008 ! Epoque faste ? Perso, je suis arrivé sur le bassin minier en 1979.
    C’était encore bien autre chose. Tous les bistrots étaient pleins les jours de paye.
    La rue Carnot qui n’était pas encore piétonne était super achalandée (c’est à dire pleine de clients potentiels). Pas un pas de porte de libre et des commerces en nombre de l’autre côté de la voie ferrée (graineterie, articles de pêche, la petite puce, hôtel, bars, restaurants etc. Doit on objectivement regretter cette période ? Pas certain. La crasse de charbon se déposait sur nos voitures à la moindre pluie et l’espérance de vie des mineurs de fond fort réduite. Pourtant, il y avait à Montceau une joie de vivre, une convivialité qui s’est délitée au fil du temps.
    Début 2018, de retour sur Montceau après avoir quitté le coin pour raisons professionnelles durant une dizaine d’années, j’ai déjà compté plus de 15 magasins fermés dans les 2 rues principales. Montceau est une ville dont l’économie, la démographie se meurent et pire qui peu à peu perd son âme en même temps que ses commerces.
    Si nous ne réagissons pas très vite, l’avenir sera, selon moi, très sombre après les fermetures de Konecranes, Eolane, Gerbe etc et sans parler ni de leurs sous traitants ni de la disparition de nos services publics. Moins d’industrie, moins de services publics veut dire moins de taxes perçues, moins de population, moins de budget. C’est la spirale infernale.
    Il faut attirer d’urgence et par tous les moyens une unité de fabrication d’importance majeure (au moins 400 emplois). Je reconnais que je n’ai pas la solution mais il nous faut tous ensemble la trouver. Nous avons des atouts : Paris ou Lyon à moins de 2 Heures par TGV, le canal du centre pour les marchandises non périssables. Une qualité de vie extraordinaire loin des embarras de la ville, des infrastructures socio-culturelles au top (médiathèque, embarcadère, Ecla), un tissu associatif riche et vivant et surtout un savoir faire diversifié en hydraulique, mécanique, électricité, électronique, agricole et textile. Ce savoir faire ne doit pas se dissoudre au fil des ans. Quand on connait le temps qu’il faut pour passer d’un projet à sa réalisation, dès le 2 Janvier nous devons dans l’urgence toutes et tous nous y atteler: Municipalités, communautés de communes, syndicats, Pôle emploi, associations doivent partager, communiquer, proposer et ce sans aucun esprit de chapelle ni vision politique sectaire. Il est clair que pour résoudre les problèmes Nationaux, seule la politique peut s’avérer efficace mais au plan local, on peut et on doit en faire abstraction sauf sur la question cruciale de l’écologie qui déterminera l’avenir de nos enfants et petits enfants et dans un avenir plus lointain la survie même de notre espèce.
    J’ajouterai que pour le moment les taux de crédit restent très bas. Il ne faut donc pas hésiter à nous endetter raisonnablement pour faire aboutir un projet d’investissement RENTABLE.
    J’aime cette ville que j’ai adoptée et qui m’a adopté par le biais de ses citoyens et de leur humanité. Cette cité vit actuellement « un coup de grisou ». sachons nous montrer solidaires pour mieux y faire face comme savaient le faire nos anciens, les mineurs de fond.
    Tous mes vœux de réussite à Gilles dans ses nouvelles activités.
    Bonnes fêtes de fin d’année !

  12. On pourra dire que Davoine a été une véritable chance pour Montceau-les-Mines, ce genre d’épine dans le pied qui vous fait bien mal et qui après avoir été difficilement arrachée vous laisse une infection. La question est que va faire de ce bar historique Montcellien le groupe qui l’a acheté ??? Un nouveau opticien, nouvelle agence bancaire, une solderie, ou bien un de ces « nouveaux concepts » de coiffeurs ou de kebab (…), difficile de dynamiser une ville avec cela ?

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