Un mort à Torcy – La tribune de Charles Landre

Ça suffit !

Ce soir (samedi soir) l’extrême violence générée par le trafic de drogue a encore frappée.

Un homme est mort de 5 balles dans le corps. Un autre gravement blessé à coups de barres de fer. 

Au-delà de l’émotion que suscite en nous tous ce nouvel épisode dramatique c’est des réponses fortes et fermes dont notre agglomération a besoin. 

Il faut prendre conscience de ce que les habitants, particulièrement aux abords du tennis vivent au quotidien. Les ravages de la drogue. La violence permanente. Les menaces. La peur. La mort aussi lorsqu’un toxicomane décède ou, comme ce soir, après un règlement de compte. 

Et la colère bien sûr. La colère légitime de ceux qui se sentent à juste titre abandonnés lorsque trop souvent cette situation invivable est niée. C’est à eux tous, certains m’ont appelé ce soir que je pense d’abord.

Il faut assumer que les politiques de la ville ont échoué. Voire enfin que la drogue a totalement gangrené des quartiers entiers. Trop de jeunes sont sous la coupe de dealers. Trop des très jeunes hommes et de très jeunes filles dealent pour 150 euros par jour. Les armes circulent. Tant de familles détruites et de vies ravagées.  

Ne soyons pas résignés.

Je le redis il est urgent de prendre ce problème à bras le corps. Sans aucune complaisance. En développant dès à présent une police municipale qui luttera contre la délinquance. Nous n’avons que trop attendu. En demandant urgemment de disposer à nouveau d’un commissariat avec des moyens à la hauteur de cet enjeu. J’écris en ce sens dès ce soir au Ministre de l’intérieur et à Monsieur le Préfet pour décrire cette situation inacceptable et demander, bien davantage que des réactions ponctuelles, des moyens adaptés à la réalité de notre agglomération. Des moyens adaptés pour mener une guerre contre le trafic de drogue.

Mais la répression n’est pas la seule voie et l’état le seul recours.

Il faut aussi mener une politique sociale radicalement différente en mettant fin aux ghettos que 30 ans de politiques publiques sur ces quartiers n’ont fait que renforcer. D’ici 10 ans ces enclaves doivent être cassées par une politique d’urbanisme qui assume d’aider vraiment ceux qui en ont besoin et cesse de laisser des pans entiers du logement social à l’abandon. Nous devons mettre fin aux tours et au quartier où par manque de volonté sont regroupées les difficultés. Localement il nous faut aussi politique éducative où l’on n’abandonne aucune famille  en difficulté et où tous les enfants disposent des mêmes chances et du même environnement . Les écoles du quartier tennis doivent être les premières bénéficiaires de ces profonds changements. 

Au Creusot la drogue transite, se stocke et se vend. Tout cela est dirigé parfois de très loin.

Il faut cesser de fermer les yeux sur cette réalité et cesser d »acheter la paix sociale par des politiques clientélistes qui ne donnent pas foi en l’avenir aux jeunes de ces quartiers et au présent à tous les habitants.  

Il s’agit d’être à la hauteur et d’agir maintenant.

Il faut dire enfin que pas un trafiquant de drogue ne doit pouvoir être tranquille dans notre agglomération. C’est un combat qui nécessite toute notre énergie. Et la fin immédiate des dogmatismes locaux.  

Aimer sa ville c’est ne plus laisser obérer son avenir en refusant d’affronter le plus gros de ses enjeux : la drogue et son cortège de deuils et de malheurs. Demain tout doit changer.

Un commentaire

  1. ont mobilise 80000 forces de l’ordre pour les gilets jaunes et là, personne , pas de descente dans les immeubles , caves et autres domiciles de gens que beaucoup doivent connaître!!!!à qui cela profite t’il???? le préfet dans ces cas est aux abonnés absent ?? ce n’est pas du ressort de l’état et de ses chargés de sécurité publique???
    le laxisme est ,dans ce cas, ou d’une graine est poussée une forêt!!!

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