La schizophrénie de nos systèmes de couverture sociale

L’Etat et la CNAM signeront jeudi une convention d’objectifs et de gestion pour cinq ans.
Voici quelques mesures inscrites.

Lutter contre les déserts médicaux : développement des dispositifs d’incitation à l’installation en zones sous dotées et mise en place « de dispositifs de régulation des conventionnements » dans les zones sur dotées en infirmières, kinés, sages-femmes, etc. sans parler des médecins. Sans doute parce que cela équivaudrait à la fin de la liberté d’installation.

Dispositif : absence de conventionnement du professionnel et absence de prise en charge du patient par l’Assurance maladie.
Cela risque de poser de vrais problèmes à certains patients. Il n’a pas été envisagé de plafonner les tarifs des professionnels non conventionnés et de rembourser les malades. Car c’est sur eux que repose l’obligation de se trouver un nouveau praticien.

Déploiement du tiers payant « généralisable »: poursuite du déploiement vers toutes les professions de santé. Le tiers payant qui n’est plus généralisé mais généralisable sera choisi par les professionnels et non imposé, mais disposera d’outils pour simplifier la généralisation, non obligatoire. C’est pour tous mais pas vraiment.

CMU-C et aide à la complémentaire santé : objectif de 6,6 millions en 2018 à 7,1 millions de bénéficiaires en 2020. Simplification des démarches avec réduction du nombre de justificatifs et demandes en ligne.

Réduction des dépassements d’honoraires : modification de la réglementation sur les complémentaires pour agir sur les remboursements et dissuader les dépassements d’honoraires.
Se faire soigner ou pas. Dilemme pour le patient qui n’est jamais en position de force devant les professionnels de santé.
Objectif : Passer de 41 % aujourd’hui à 45 % en 2020 le nombre d’actes sans dépassements.

E-santé : test en 2018 d’une « e-carte Vitale », utilisable sur smartphone ou ordinateur.

Incidemment : d’ici à 2022, réduction d’effectifs d’environ 3600 postes à la CNAM s’ajoutant aux 10 000 supprimés entre 2014 et 2017. L’E-santé va passer par là.

Gilles DESNOIX

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