Saint-Vallier – Moins de médecins mais des communistes très présents

Christian Tramoy, à droite, samedi matin au rassemblement devant la maison médicale de Saint-Vallier.

Communiqué de Christian Tramoy, au nom des communistes valloiriens.

La pénurie de médecins a été organisée !

Réunis ce samedi matin devant la maison médicale de Saint-Vallier, de nombreux valloiriens ce sont émus de l’absence d’un médecin. Encore un de moins !!!

Les motivations qui président à cet état de fait ne nous regardent pas. Depuis 2016 Mme Musa y exerçait, et ce qui se passe entre elle et le conseil de l’ordre, ne semble pas devoir être médiatisé. Nous devons respecter ces choix.

Pour autant l’absence de médecins à la maison médicale de Saint-Vallier pose problème aux patients, qui se retrouvent plongés dans le désarroi, alors que nous faisons face dans tout le pays à une pénurie de médecins. 11,6 % de nos concitoyens n’ont pas de médecin généraliste traitant.

Rien à voir donc avec le Maire de Saint-Vallier qui avait vu venir les choses, puisque en décidant de la création de la maison médicale, en partenariat avec la SEMCODA, il s’était donné les moyens de regrouper les médecins qui le désiraient et d’en accueillir de nouveaux. Cette initiative avait d’ailleurs été saluée et copiée par de très nombreux élus. Peut-être aurait-il été nécessaire d’aller plus loin, en faisant de cette maison médicale une véritable maison de santé municipale, y compris en y accueillant des médecins salariés, avec un véritable travail collaboratif entre les médecins.

Au nom des communistes valloiriens je veux rappeler ici que la pénurie de médecins généralistes, mais aussi de médecins spécialistes a été organisée par les gouvernements successifs.

Le numérus clausus, qui a limité la formation de médecins, date de 1971. Il a été levé en 2020, mais bien tardivement puisque nous savions tous que la pyramide des âges des médecins en exercice nous conduisait inévitablement vers cette pénurie. Il faudra au minimum dix ans pour que cela produise les premiers effets. Ensuite, il faudra veiller à ce que les médecins formés s’installent dans les endroits où on en a besoin.

On a donc organisé la pénurie et la raréfaction du nombre de médecins formés, dans une logique comptable et corporatiste affaiblissant la couverture territoriale. Seuls 39 % des libéraux assurent la permanence de soins ambulatoires, par exemple, qui est une obligation légale. Les patients qui n’ont pas de médecin référent subissent la double peine : non seulement ils n’ont pas de médecin traitant, mais quand ils trouvent une consultation, ils sont pénalisés dans les remboursements. Cette absence de vision, d’aménagement du territoire en termes de santé, aboutit à la situation que nous vivons toutes et tous.

C’est en partant de ce constat que le groupe des députés communistes à l’Assemblée Nationale a défendu le 2 décembre dernier une proposition de loi pour améliorer la couverture médicale dans les territoires, comprenant 6 mesures concrètes :

  • À partir du moment où on lève le numerus clausus, il faut former des médecins non pas en fonction des MOYENS des facs de médecine, mais en fonction des BESOINS de chaque région.

  • Il faut généraliser le CONTRAT D’ENGAGEMENT de service public : contre une bourse de 1 200 euros brut par mois pour financer les études, les médecins formés s’engagent ensuite à s’installer durant trois ans dans un désert médical. Cette mesure permettrait aussi de démocratiser l’accès aux études de médecine, qui ne sont pas à la portée de toutes les classes sociales.

  • le CONVENTIONNEMENT SELECTIF : il consiste à n’aider les médecins que lorsqu’ils s’installent dans les zones sous-denses, comme c’est le cas pour les infirmiers et les kinésithérapeutes.

  • Nous proposons également que l’État flèche prioritairement ses aides vers le soutien aux collectivités locales, pour créer des centres de santé avec des médecins salariés. Il ne s’agit pas de vouloir « nationaliser » les ­médecins. (Les kinésithérapeutes et les infirmières ne sont pas devenus un service public national, alors qu’ils n’ont pas de liberté d’installation). Ensuite, être médecin est un travail entièrement financé par l’argent public : il est pris en charge par la Sécurité sociale. Ceux qui ont le mot libéralisme à la bouche devraient s’interroger sur les modalités de financement de leur professionLa liberté d’installation est inscrite dans la loi, mais le principe du droit à la santé est inscrit dans la Constitution alors que je le rappelle 11,6 % des ­Français n’ont pas totalement accès à ce droit.

  • Enfin, le gouvernement vient de créer un nouveau label pour les hôpitaux de proximité. Donnons leur une définition, notamment pour qu’il y ait des consultations avancées, effectuées par des spécialistes.

  • La mise en place d’une relation ville-hôpital dans ces territoires est essentielle pour lutter contre les déserts médicaux, y compris parce que des médecins vont vouloir exercer à 50 % en libéral et 50 % à l’hôpital.

Malgré le soutien de toute la gauche, d’une partie de la droite avec notamment l’UDI et Agir, cette proposition de loi a essuyé le refus obstiné de LaREM, représenté dans notre circonscription par le député Gauvain, auquel il faudra demander des comptes le moment venu. Officiellement, ils nous disent vouloir laisser le soin au numerus clausus de prospérer, aux assistants médicaux de se développer. En réalité, le lobby des médecins s’y oppose fortement. Il existe un réflexe corporatiste assez terrible. Mais, ce n’est pas parce que ce projet de loi n’a pas été voté, le 2 décembre, que ce débat doit être abandonné. Au contraire il deviendra central dans les élections, présidentielle et législatives, à venir.

Ce combat rejoint celui mené par le CODEF dans notre bassin, alors que parmi les 105 000 patients concernés par notre hôpital très nombreux sont ceux qui sont à plus de trente minutes d’un service d’urgences. Nous rencontrons tous de grosses difficultés pour accéder à la médecine de ville ou à la médecine spécialisée.

La proposition de loi portée par les députés communistes, tentait d’apporter des solutions concrètes au problème des déserts médicaux, sujet de préoccupation numéro un des Français dans les cahiers de doléances du «grand débat» ouvert durant le mouvement des gilets jaunes.

3 commentaires :

  1. Bon sang mais c’est bien sur ! depuis 10 ou 20 ans tous les différents gouvernements se sont mis secrètement d’accord pour aggraver la santé de leurs administrés et sans doute avec en point final de réduire le déficit des retraites . Moins de médecins ,moins de soins (sauf pour les riches) et donc une espérance de vie à la baisse . Et comme ça n’allait pas assez vite ils ont inventé la Covid bien entendu diffusée par les trainées laissées par les avions dans le ciel .Comme il n’y aura bientôt plus d’espoir il nous restera plus qu’à nous jeter dans le vide au bout de la terre qui comme chacun sait est plate (encore faudra t il choisir quel bout car dans un bout il y a toujours 2 bouts) .
    Pour redevenir sérieux pourquoi le système mis en place par le département fonctionne et n’est pas tributaire de la présence ou non d’une personne? Pourquoi il y a quelques années alors que la Communauté avait une majorité de gauche Elle a laissé passer l’opportunité ,pour des raisons dignes de Clochemerle , d’un hôpital neuf et moderne dont on connait l’attractivité sur les jeunes médecins ?

  2. On en a un peu discuté hier matin, mais votre communiqué de presse me redonne l’occasion de vous dire pourquoi vos propositions ne mènent à rien et pourquoi elles ont été rejetées à l’Assemblée :

    – le numérus clausus a disparut en 2020, mais dans les faits, on a atteint les capacités de formation maximal des facultés depuis les années 2010 au moins. Vous proposez de former en fonction des besoins des régions et non plus des moyens des facs ?
    La réalité est que déjà à l’heure actuellement les étudiants en médecine sont assis à même le sol dans les amphithéatres, qu’ils sont tellement nombreux dans les stages faute de terrains qu’on leur demande de ne pas venir tous les jours pour se relayer.
    Vous proposez donc une formation encore plus déteriorée qu’elle ne l’est actuellement? Pour quoi? Des médecins mal formés à la chaine dans le futur?

    – le Contrat d’Engagement de Service Public est déjà généralisé. Il y a plus de place que de candidats chaque année. Il faut peut-être en revoir les termes car il n’est à priori pas assez attractif ou mis en avant vu qu’il ne fait jamais le plein…

    – le conventionement selectif ne fonctionnera pas. Déjà parce qu’il n’y a pas de zone sur-dense, donc vous proposez seulement de deshabiller Paul pour habiller Jacques. Ensuite, il a été expérimenté dans d’autres pays européens, et les médecins se sont simplement déconventionnés. Donc vous proposez en fait de creer une médecine a deux vitesses, en prenant en otage les citoyens français.

    – la médecine salariale est une bonne idée, car très attractive pour les jeunes générations et pour une profession qui se féminise de plus en plus. Mais un médecine salarié est aux 35h, quand la moyenne de temps de travail des libéraux se situe pas loin des 70h. Il faudrait donc deux fois plus de médecin qu’il y en a actuellement…

    Quand a votre alégation sur le financement des médecins par de l’argent publique, je vous invite a revoir votre copie et à vous penchez sur le fonctionnement de la Sécurité Sociale. Seulement 70% du tarif d’une consultation d’un médecin en secteur 1 est pris en charge, le reste est pour votre complémentaire santé si vous en avait une. Mais le médecin peut aussi etre secteur 2 (la plupart des spécialites) et donc pratiquer le dépassement d’honaire car les tarifs opposables de la sécurité sociale ne correspondent pas à la réalité des dépenses. A ce moment là, votre complémentaire prend en charge bien plus que seulement 30%. Enfin, le médecin peut aussi etre secteur 3, et ils seront de plus en plus nombreux surtout avec des propositions de coercition, et à ce moment là, la Sécurité Sociale ne rembourse plus rien du tout.

    – les consultations avancées dans les hopitaux existent déjà, personne n’a attendu le PCF pour en faire…

    Enfin, je serais curieux de savoir d’où vous tirez vos chiffres des médecins voulant exercer à 50% en libéral et à 50% à l’hopital.
    Je connais très peu de médecin souhaitant ce type d’exercice, essentiellement parce que l’hopital n’est pas du tout attractif vis à vis du libéral.

    • Pour approfondir la question, ce mémoire de recherche est très instructif, quoique datant déjà un peu :
      https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00847791/document
      Le chapitre I.B.1 sur la démographie médicale est ce qui nous intéresse le plus dans ce cas.
      J’élargirai un peu le questionnement : Si les facultés atteignent déjà depuis dix ans leur pleine capacité d’accueil, ne faut-il pas l’augmenter en parallèle du relèvement du numerus clausus (pour mémoire, il a été relevé de 15%, il n’a pas été « supprimé »)?
      N’y a-t-il pas un problème plus général d’inégalités territoriales qui se révèlent en fait dans à peu près tous les domaines? Le mensuel « Alternatives Économiques » appelle cela « La diagonale du vide », c’est-à-dire des territoires où certains accès à des besoins de qualité est problématique?
      https://www.telos-eu.com/fr/societe/les-paradoxes-de-la-diagonale-du-vide.html
      On peut observer finement les besoins des communes pauvres dans les montants des DGF (Dotation Globale de Fonctionnement). Plus la DGF est élevée, plus les besoins sont importants car plus les recettes sont basses car le territoire est pauvre en revenus économiques.
      https://www.impots.gouv.fr/cll/zf1/accueil/flux.ex;jsessionid=B644B41A122D14EBD049A518A6A7ABCD?_flowId=accueilcclloc-flow
      Pourquoi l’hôpital n’est pas attractif? Ne faut-il pas le rendre attractif en y organisant un environnement de soins optimal? (Moyens humains, techniques….). Gardons en mémoire que notre hôpital a bien été sciemment démantelé : https://www.youtube.com/watch?v=RJAwnJcNCg8
      Est-il logique de travailler 70h par semaine? Quelle doit-être la part entre la liberté et la contrainte? Les revenus correspondent-ils exactement aux charges?
      Nous n’avons assurément pas réglé ce paradoxe profondément humain entre la récompense et la responsabilité, entre le « beurre et l’argent du beurre » et le service donné.
      Le serment d’Hippocrate est-il bien suivi par tous les médecins? https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate
      Notamment ces articles : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire ».
      « Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission »
      lorsque sont révélés les scandales du lobbying et des conflits d’intérêts chez certains (pas tous, loin de là, mais un tout petit pourcentage suffisant pour mettre à mal le système dans son ensemble, lire le livre de Dan Ariely « Toute la vérité (ou presque) sur la malhonnêteté »)……
      Pourquoi la Sécu ne rembourse les consultations qu’à 70%?
      N’y a-t-il pas cette question fondamentale qui est souvent évitée de la répartition des revenus? Cette question tabou de l’argent? Alors que c’est bien cela qui est l’échelle, le thermomètre de TOUT dans notre société fondamentalement économique?

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