Rencontre – Michèle Thoraud, le bon, le goût et le bio

Elle est ni bobo ni baba-cool ni même militante. « J’ai choisi de militer pour mon travail ». Tout là-haut, au bout du Bois du Verne, à la frontière avec Saint-Berain-sous-Sanvignes, Michèle Thoraud se moque pas mal des racontars. « Avant on nous traitait de secte, de mangeurs d’orties » se souvient-elle, quand il il y a dix-huit, elle a ouvert son magasin bio.

Manger et vivre sainement, à croire que c’est plus une phobie qu’une utopie. Alors le bio est-il une mode ? C’est comme cultiver le chou à la mode de chez nous. « Un chou bio ne pue pas quand on le fait cuire » témoigne Michèle Thoraud pour qui, manger bio est une affaire de goût. « La qualité des fruits et légumes est incomparable ».

Avoir goût au naturel, elle l’a eu dans son premier métier, celui d’architecte, « je voulais faire dans le bioclimatique, de la construction naturelle mais la clientèle n’avait pas toujours ce même penchant ». Pendant ses études à Lille, elle rencontre des gens qui s’intéressent au bio. « Je donnais un coup de main à la coop ». Elle y prend goût.

Même dans le bio, vous avez qualité et qualité

Originaire de Chalons-sur-Marne, Michèle Thoraud arrive dans le coin en 1995 à Saint-Bonnet-de-Vieille-Vigne, pas de boulot. Le bio revient au galop quand une copine agricultrice lui lance l’idée d’ouvrir un magasin. Coïncidence heureuse, la vache folle survient et la coopérative de Génelard attire toute une clientèle de Montceau-les-Mines. Choix est fait de s’y installer.

Au Bois du Verne, l’habitude est prise, on y vient pour les légumes et les fruits bio. « C’est surtout la classe moyenne, les personnes âgées, des végétariens et végétaliens et aujourd’hui les sportifs qui se rendent compte des bienfaits du bio » indique Michèle qui jongle avec une cinquantaine de fournisseurs français pour alimenter sa surface de vente. « Autant que possible, je privilégie les locaux notamment pour les légumes mais c’est difficile, eux-mêmes ont déjà du mal à fournir leurs clients ».

Aujourd’hui, le bio se répand dans les grandes surfaces, la crainte de Michèle Thoraud. La guerre des prix est lancée. « Mais dans le bio, vous avez du bas, du moyen et du haut de gamme. C’est comme un bon boucher, la bonne viande a un prix ». Et à Bio monde au BDV, la clientèle exige la qualité. « Enlevez 50% de votre consommation de viande et vous pourrez acheter de bons fruits et légumes ».

Mangez dur, mangez mou mais mangez bio.

Jean Bernard

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