Rencontre – La passion des animaux a conduit Anne-Sophie Simonet au Pal, elle baigne dans le bonheur

Anne-Sophie Simonet, ce nom, vous l’avez peut-être repéré la semaine dernière dans un reportage sur C8, « Les 100 jours dans un parc animalier ». Il s’agit du Pal situé dans l’Allier, à 30 km de Moulin, à Dompierre-sur-Besbre.

Sur les images, certains ont probablement reconnu cette jeune femme au milieu des otaries. Anne-Sophie Simonet est originaire de Saint-Berain-sous-Sanvignes et aussi étonnant que cela puisse paraître, toute petite déjà, ses parents l’emmenaient au Pal. Comme un signe du destin.

Alors vivre à la campagne au milieu des chats et des chiens, le rêve de la petite fille, bien qu’utopique à 5 ans, « j’ai expliqué à mes parents que je voulais m’occuper des animaux » se souvient-elle, a pris forme même si le chemin emprunté ne l’a pas conduite directement dans le bassin marin du Pal.

Tenace, Anne Sophie l’a été, quitte a obtenir un BTS en production agricole, quitte à bosser pendant trois semaines dans une entreprise à Montchanin qui mettait de la viande en barquette. Elle postule dans différents parcs animaliers et décroche son premier contrat à Walibi sur la commune des Avenières en Isère. Elle a 20 ans. Et la voilà au milieu de 7 otaries. Elle apprend le job pendant six ans avant de se former sur la technique d’entraînement. « Je suis partie un an à Nausicaa, le centre national de la mer à Boulogne-sur-Mer » dit-elle où elle apprend toute la théorie, notamment celle où l’animal vient toucher la cible. C’est aussi se familiariser avec les techniques de l’échographie ou de la prise de sang sur les animaux. « Dans un parc animalier, nous préparons le terrain aux vétérinaires, il doit exister une symbiose entre l’animal, le soigneur et le véto » explique-t-elle.

Tout s’apprend sur le tas, il n’existe pas de diplôme

de soigneur-dresseur animalier

Le Pal, Anne-Sophie Simonet connaissait. Y revenir parmi le personnel, elle ne pouvait rêver mieux. A 33 ans, la voici cadre, gère toute une équipe et s’occupe de toute la section des animaux marins. Une grande famille dont elle a la responsabilité : 7 otarie de Patagonie, 3 phoques veau marin, 2 loutres cendrées d’asie, 42 manchots du Cap, une trentaine de tortues de Floride et, depuis 2017, « les plus dangereux » exprime-t-elle, 20 alligators du Mississippi. Aucune erreur est possible, ça pourrait vous coûter un bras.

« L’alligator est très particulier, il me fascine par sa morphologie, son adaptation. Il est capable de rester sans manger pendant 6 mois. Son contact demande une très grande maîtrise de soi » précise Anne-Sophie qui préfère et de loin, l’otarie.

Toute cette bande de joyeux animaux marins (exceptés les alligators et les tortues) travaillent dans un immense bassin d’un million de litres d’eau  de 4 mètres de profondeur. Une eau froide dans laquelle notre dresseur-soigneur plonge régulièrement.

Son rôle est de préparer notamment les otaries au spectacle qui n’est pas seulement un show pour le public mais aussi pédagogique sur l’environnement, « lui faire comprendre le danger du plastique dans l’eau » entre autres.

Sans le confinement, le Pal aurait dû ouvrir ces portes ce 11 avril. Mais public ou pas, les animaux demandent de l’attention. Il faut notamment les nourrir. Juste avant la pandémie du coronavirus, Anne -Sophie a passé une commande de 12 tonnes de poissons qui répondent aux normes MSC (pêche durable). « J’en passe deux par ans » précise-t-elle. Tout est stocké dans une chambre froide de 80 m3.

La vie rêvée d’Anne-Sophie Simonet a pris corps au Pal. « Ma carrière est au Pal, j’ai ma maison et je suis arrivée à un stade inimaginable » admet-elle. A Saint-Berain-sous-Sanvignes, ses parents sont fiers d’elle.

La passion des animaux, Anne-Sophie en a fait son métier. Les otaries sont ravies.

Jean Bernard

Le Pal à Dompierre-sur-Besvre, c’est 50 hectares de nature, 700 animaux, 30 attractions, un parc animalier unique en son genre. Hélas fermé au public pour cause de confinement.

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