Peinture – Sur les traces d’Auguste Renoir, les pérégrinations aventureuses d’Ali Zenasni

Le monde est vaste et petit à la fois. Un  article de L’informateur de Bourgogne consacré à Auguste Renoir suite à la découverte par un Montcellien du secret de ses signatures « cachées », saute aux yeux d’un Brésilien. Nous sommes en janvier 2021. Par notre intermédiaire, il prend contact avec Ali Zenasni qui voue une passion débordante et dévorante au peintre impressionniste.

Depuis, grâce à ses explorations et son travail sur les oeuvres de Renoir, ce féru en art est devenu le seul au monde à reconnaître et certifier une toile du peintre. « Je suis déclaré expert Renoir » déclare Ali Zenasni.

L’homme brésilien installé à Cuba est propriétaire d’une toile de Renoir. « Elle a appartenu à José René Morales qui a été ministre et même ambassadeur à Paris dans les années 30. Ce tableau, il l’a légué à sa fille adoptive. Elle décède, son mari également et ce sont ses deux frères (du mari) qui en prennent possession avant de le vendre au Brésilien » raconte l’expert montcellien.

Cette peinture de Renoir représente une belle gerbe de fleurs, « on retrouve des tableaux similaires dans les années 1910 » précise-t-il. Mais après expertises, « elle est déclarée sans valeur ». Ali Zenasni entre alors en action. « J’ai analysé la toile dans les moindres détails avec des photos. Elle comporte toutes les caractéristiques de la technique de Renoir » affirme-t-il.

Une toile de Renoir quand il avait 15 ans

Prochainement, l’heureux propriétaire va se rendre à Paris pour rencontrer le comité de l’Institut Wildenstein dont le coeur de sa mission est de produire une base de données en ligne de catalogues raisonnés. Figurer dans le catalogue est un gage pour ainsi dire de consécration et par la même occasion, validerait le travail de fourmi d’Ali Zenasni.

Ce dernier fait face également à un problème épineux qui mènerait le monde de l’art sur le chemin d’une nouvelle découverte, une peinture d’Auguste Renoir quand il avait 15 ans. La plus ancienne oeuvre date de 1858, il était alors âgé de 17 ans. « C’est un Français qui possède ce tableau de 1856 qui représente un paysage avec des animaux. C’est une période très rare. D’ailleurs c’est la seule peinture de ce style-là ».

Malheureusement, à la quête de son client, Ali Zenasni a fait une demande de certificat d’exportation qui lui a été délivrée (1). « Ce tableau n’est pas considéré comme un trésor national mais simplement un bien culturel » affine l’expert. « Si l’oeuvre est vendue en France au-dessus des 150 000 €, l’Etat est prioritaire mais avec le certificat d’exportation, nous allons nous en priver » regrette-t-il.

Accord d’un côté, refus de l’autre en particulier pour le Renoir d’un Stéphanois. « J’ai pourtant effectué le même travail et le certificat d’exportation a été récusé, à croire qu’on veut me mettre des bâtons dans les roues, me ralentir dans mes démarches, qu’en haut lieu, ma découverte sur les signatures les contrarie », formule Ali Zenasni.

Les cheminées d’Auguste Renoir, c’est de l’art aussi

Le Montcellien dérange même du côté de Cagnes-sur-Mer. Là-bas, sur les bords de la Méditerranée se trouve la maison d’Auguste Renoir, devenue aujourd’hui un musée, le Domaine des Collettes. En 1907, il y fait construire sa demeure. C’est une vaste bâtisse où il résidera jusqu’à sa mort en 1919.

Cette maison en pierre est particulière « car elle a été construite selon la technique des signatures cachées » affirme Ali Zenasni, notamment sur la pierre extérieur. Il découvre aussi que deux des cheminées dessinée par le peintre, entourées de céramique, Renoir emploie la même technique des signatures. « Dans une conférence en 1956 de Jean Renoir, son fils, il évoque justement des cheminées de son père. Depuis, la ville de Cagnes a acté cette histoire. Je m’en tiens là, tout simplement. La maison de Renoir est une oeuvre d’art » conclut il.

Pourtant, l’ancienne directrice du musée reste totalement fermée sur ce qui est une évidence. « Je l’ai contactée par mail pour lui demander son avis, elle qui raconte que chaque endroit de la maison est ancré dans ma chair. Elle m’a répondu que c’était de la science-fiction » résume l’expert Montcellien. « Comment ne connaît-elle pas l’histoire des cheminées qui aujourd’hui sont référencées par la ville de Cagnes ? » s’agace-t-il. « Elle n’a pas su quoi me répondre ».

Jean Bernard

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Compte rendu d’analyse de la technique d’ouvrage inventée par Renoir

 

Photos des céramiques à l’intérieur de la maison d’Auguste Renoir à Cagnes-sur-Mer 

 

 

Photos de l’extérieur 

 

 



(1) En corrélation avec la loi, les services de l’état dont le musée d’Orsay, ne se prononcent pas dans l’expertise d’œuvres appartenant à des privés. Les scientifiques et conservateurs d’Orsay sont au service de l’état et seul ce dernier est en marge de solliciter les avis de ses spécialistes.

Le service des musées de France n’étant pas habilité à ces examens, le tout est transmis aux scientifiques et aux conservateurs, du musée d’Orsay, qui réalisent une étude et établissent un compte-rendu qu’ils remettent au service des musées de France.

D’après ce compte-rendu, que seul les services habilité de l’état peuvent consulter, le service des musées de France a 3 choix de réponses.

Soit il est considéré comme trésor national et peut dans ce cas être bloqué en vu d’une éventuelle acquisition par l’état, ou bien simplement enregistrer comme bien culturel et doit respecter les lois en vigueur concernant l’exportation des biens culturels, et enfin la 3ème possibilité les conservateurs ne sont pas d’accord avec les informations fournies et dans ce cas la réponse du service des musées de France est  » Demande sans objet, ce bien n’entre pas dans les catégories soumises à contrôle ».

Le propriétaire a donc obtenu ce certificat dont l’œuvre ne figure pas dans les catalogues raisonnés, néanmoins il est désormais en devoir de suivre les lois en vigueur concernant l’exportation des biens culturels, sous peine de 2 ans d’emprisonnement et 450 000 euros d’amende.

 

 

 

 

3 commentaires :

  1. M.Zenasni trouverait même une signature de Renoir sur la fresque du Bâtiment au Plessis .

  2. Surprenant!!
    Mais pourquoi ne pas déclarer ces choses au ministère de la Culture afin d’en établir officiellement la véracité.
    Et les politiques locaux pourraient et devraient s’y intéressés.
    Ceci a tout l’air de faire bonne figure au patrimoine Culturel lié au siècle des lumières.
    Merci à l’informateur pour ses sujets originaux.

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