Peinture – Ali Zenasni perce un nouveau mystère de la technique d’Auguste Renoir

Entre Ali Zenasni et Auguste Renoir, c’est une longue histoire. Une histoire qui sort des sentiers battus, presque abracadabrantesque. Déjà en janvier 2021, notre Montcellien, voué d’une passion débordante et dévorante pour Auguste Renoir, révélait les signatures cachées du peintre impressionniste dans ses toiles. C’est très subtile et seul un oeil exercé a cette faculté de repérer cette technique.

Toute la technique et la subtilité de Renoir est d’apposer sa signature qui se fond, par exemple, dans l’écorce d’un arbre comme « Dans le parc Saint-Cloud ». Renoir profite des ombres, des nuances, un trait, un vide, des contours du pli d’un vêtement, du branchage, de l’herbe, pour faire ressortir sa signature, lettre après lettre, expliquait alors Ali Zenasni.

Auguste Renoir le fascine au point de rester des heures à étudier une oeuvre, à se rendre au musée d’Orsay ou encore à l’Orangeraie et, à force d’observer encore et encore, il vient de découvrir et de comprendre que le peintre ne fondait pas seulement sa signature sur une toile, « mais c’est à partir de ses signatures qu’il composait son tableau » affirme-t-il. « Vous retirer ses signatures, il ne reste plus rien ».

« J’ai analysé des toiles pendant des mois. Ce que j’ai trouvé, c’est ma recherche personnelle » dit-il sans vouloir se glorifier. Cette découverte, il ne pouvait pas la garder pour lui, aussi il en a fait part à  Sylvie Patry, la conservatrice de la salle du Jeu de paume au  musée d’Orsay. « Je lui ai envoyé un mail voilà bientôt un mois. Elle ne m’a pas répondu ».

De la graphomanie à la typomanie

Aujourd’hui, Ali Zenasni déchiffre une peinture de Renoir comme une partition de musique. Il faut connaître la vie du peintre, presque s’immerger jusqu’au bout de son pinceau pour en déflorer toute sa finasserie. Pourquoi composait-il une toile à partir de ses signatures ?

Notre féru d’art montcellien écarte l’hypothèse qu’il ait été atteint d’une polyarthrite à la suite d’une chute à vélo et « qu’on lui collait le pinceau à la main ». En réalité, soumet Ali Zenasni, « Renoir souffrait de graphomanie, une pulsion qui le poussait à écrire continuellement. D’ailleurs même sur sa mallette, alors qu’on croit discerner des taches de peinture, ce sont en réalité des signatures. Il faisait ça partout sans le dire à personne. On peut évoquer la typomanie, « cette manie de vouloir se faire publier à tout prix pour être lu ». Renoir signait, signait et signait et composait ainsi son oeuvre.

Une seule personne connaissait la technique d’Auguste, son fils Jean Renoir, scénariste et réalisateur connu pour ses films qui ont marqué la mutation du cinéma français entre 1930 et 1950. Il a fait de la céramique et reprenait la technique de son père en beaucoup moins bien. Le cinéaste a écrit un livre « Pierre Auguste Renoir, mon père » et page 266, il mettait la puce à l’oreille :


Parce que, « Auguste Renoir était un génie. Il a étudié les grands maîtres de la Renaissance. Il avait acquis une si grande dextérité qu’il copiait à la perfection les maîtres. En revanche, aucun peintre ne peut copier Renoir, son mécanisme est irrationnel » affirme Ali Zenasni. « Il lui arrivait de peindre quatre à cinq toiles par jour ». Enorme !

Voilà pourquoi il s’est penché avec pugnacité sur la technique du peintre. « Je veux qu’on sache aujourd’hui qu’il a été le plus grand maître de tous les temps ».

Cette technique, va permettre à Ali Zenasni de découvrir de nouvelles toiles d’Auguste Renoir. « En matière d’expertise, c’est inimaginable » affirme-t-il. Un vrai ou un faux Renoir, Ali saura le reconnaître. « Même un enfant pourra le comprendre ».

Auguste Renoir est inimitable. Ali Zenasmi est incomparable dans son art d’étudier l’artiste.

Jean Bernard

Peinture – Un Montcellien découvre les signatures cachées du peintre Auguste Renoir – L’infoRmateur de Bourgogne (linformateurdebourgogne.com)



Voici un échantillon des signatures d’Auguste Renoir. 

Puis, regardez, observez et vous comprendrez la technique du peintre impressionniste. Dans le pointillisme, ce sont des petits points qui composent la toile, chez Renoir, ce sont ses signatures. 

4 commentaires

  1. Merci à l’Informateur pour nous avoir fait découvrir ce chercheur.
    Ses travaux donnent un résultat stupéfiant et ont nécessité des qualités et capacités étonnantes.
    Cependant, et sans avoir un esprit négationniste, je suis perplexe et les photos ont réactivé un vieux souvenir.
    Des tests ont montré que le cerveau interprétait les signaux électriques envoyés par les yeux en fonction de ce qu’il a en mémoire.
    Dans un S & V, une page couverte de points. Ce que chacun y voyait pouvait être différent.
    Sur une autre page, même image mais des points avaient été accentués et le cerveau y associait alors une forme précise, un chat, de mémoire.
    Retour sur la première page floue …..le chat apparaissait clairement….et durablement !! j’ai essayé sur plusieurs semaines.
    A partir du moment où le cerveau aurait une bibliothèque remplie de modèles, qu’est ce qui permet de lever le doute ?

  2. J’arrive effectivement à en voir quelques unes, c’est fou cette histoire. Incroyable!!!

  3. Très intéressant ce n’est clairement pas le fruit de l’imagination l’écriture est similaire, ça ne peut être un hasard. De plus tout est dit dans le court passage du livre où l’on évoque « de partager le secret avec qui….. »
    Par contre j’ai du mal à croire que tout ceci était et soit inconnu de nos jours. Je ne suis pas spécialiste mais je penses que c’est trop énorme pour que ce soit ignorer.
    Mais merci à ce monsieur d’avoir partagé avec nous cette belle histoire.

  4. Pour certains exemples : OK
    Pour d’autres, je pense qu’on y voit ce qu’on a envie d’y voir …

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