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A peine arrivé, déjà au travail. Depuis le 1er septembre, Patrice Pluquet a posé ses valises au Creusot et donne l’impression d’y avoir trouvé rapidement ses marques. Le nouveau directeur général des services de la ville, dont le poste était vacant, découvre une commune qu’il ne connaissait pas vraiment. Et il reconnaît volontiers s’être fait, à distance, une idée assez différente de la réalité.
« Le Creusot, je ne connaissais pas et, à distance, on s’en fait une idée erronée », dit-il sans détour.
Ce qui l’a convaincu, c’est d’abord la rencontre avec Charles Landre. Des entretiens, des échanges, une vision de la ville et de son avenir. Et surtout, la manière dont le maire l’a recruté, qui semble avoir compté autant que le poste lui-même.
Le contraste est saisissant avec sa précédente expérience à Rillieux-la-Pape, dans la métropole lyonnaise. Patrice Pluquet y était DGS d’une commune de 32 500 habitants. Recruté par un chasseur de têtes, à un an des élections municipales, il avait reçu une mission pour le moins pragmatique, « faire tourner la boutique ».
Six mois plus tard, comme prévu, il quittait ses fonctions. Le maire était réélu et devenait même vice-président de la métropole. Au Creusot, le projet est différent. Et cela lui plaît.
Charles Landre lui a notamment fait valoir les atouts d’une ville-centre de 20 000 habitants, troisième ville de Saône-et-Loire, avec une identité, un patrimoine et une économie qui lui sont propres. Une configuration bien différente de Rillieux-la-Pape, que Patrice Pluquet avait parfois le sentiment de voir « noyée » dans la métropole lyonnaise.
« Ici, j’ai retrouvé une commune avec un programme, de nouvelles idées, un nouveau souffle, un patrimoine et un bassin d’emploi très important », explique-t-il.
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Retour au cœur du métier
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A 51 ans, Patrice Pluquet n’arrive pourtant pas au Creusot pour ajouter une ligne à un CV déjà bien rempli. Il voulait revenir à ce qu’il considère comme l’essentiel de son métier, être sur le terrain, piloter, décider, manager une équipe et faire fonctionner une collectivité au quotidien.
Né à Roubaix, formé dans le Nord, il connaît la fonction publique territoriale sur le bout des doigts. Mais son parcours n’a rien d’une trajectoire toute tracée. « Je suis autodidacte, j’ai commencé agent au guichet d’une mairie ». Puis sont venus les chiffres, les responsabilités, les fonctions de direction. Une progression qui lui a permis de devenir à la fois technicien, gestionnaire et conseiller administratif.
Son rôle, il le résume aussi comme celui d’une courroie de transmission entre une ambition politique et sa traduction concrète dans la vie de la commune. La politique, en revanche, ce n’est pas son métier. Et il tient à cette distinction.
« Je suis dirigé par un homme politique, je suis à son service. Si vous n’êtes pas armé intellectuellement, ne faites pas DGS ».
Au Creusot, il sait donc précisément où se situe sa place. Avec le maire et, bientôt, un directeur de cabinet actuellement en cours de recrutement, il constitue l’une des trois figures autour desquelles s’organise le fonctionnement de l’hôtel de ville.
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« On ne manage pas que dans le bureau »
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Mais pour Patrice Pluquet, diriger ne se résume surtout pas à empiler les dossiers sur un bureau. « On ne manage pas que dans le bureau, c’est surtout sur le terrain ». Il veut connaître les quelque 400 agents de la ville, comprendre leurs métiers, leurs contraintes et ce qui se cache derrière chaque fonction. « Être bienveillant, aimer les gens », insiste-t-il.
Une conception très humaine du management, nourrie par son propre parcours et par une conviction, un directeur général des services ne peut être efficace que s’il comprend réellement ceux qu’il dirige.
Il entend également apporter de l’imagination et de l’innovation. Deux qualités qu’il considère indispensables dans une collectivité confrontée à des attentes nouvelles et à des contraintes toujours plus fortes. Et sur ces sujets, il promet de faire preuve d’une grande agilité.
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Le footing pour prendre de la hauteur
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Cette énergie, il la puise aussi ailleurs. Chaque matin, le footing lui offre un moment à part. Quelques kilomètres pour se vider la tête, prendre du recul et laisser, au moins provisoirement, les dossiers de la mairie derrière lui. Le sport est aussi une affaire d’équilibre pour ce fin gourmet. « C’est important de s’entretenir », reconnaît-il avec un sourire, « ça me permet de compenser ».
L’histoire et la culture complètent ce portrait d’un homme curieux, qui semble avoir besoin de comprendre le monde qui l’entoure autant que de le faire fonctionner. Et, visiblement, il n’a pas l’intention de perdre de temps.
Depuis son arrivée, Patrice Pluquet n’a guère regardé sa montre. Ses premiers jours au Creusot se sont prolongés bien au-delà des horaires habituels, il n’a quasiment jamais quitté son bureau avant 22 heures. Un rythme qu’il assume parfaitement.
Il a eu, dit-il, un coup de cœur pour Charles Landre. Et désormais pour Le Creusot.
Reste à transformer ce coup de cœur en action. Mais pour cela, le nouveau DGS semble déjà avoir adopté la ville comme s’il y avait toujours travaillé.
Le Creusot, il le découvre. Mais il semble bien décidé à ne pas le regarder de loin.
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J.B.


