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A Montceau-les-Mines, le changement de majorité n’a pas mis fin au duel politique entre Isabelle Louis et Marie-Claude Jarrot. Quelques mois après une élection municipale remportée de seulement 63 voix par la nouvelle maire, et alors que le recours déposé par son prédécesseure reste très attendu, les deux femmes continuent de se rendre coup pour coup.
La polémique autour de la disparition présumée d’archives municipales en est le dernier épisode. Isabelle Louis a décidé de porter plainte, évoquant près de 30 mètres linéaires de documents qui auraient été détruits avant son arrivée. Elle insiste sur la valeur publique et juridique des archives et affirme vouloir laisser la justice établir les responsabilités.
Marie-Claude Jarrot répond en contestant formellement toute destruction d’archives et accuse, sans la nommer directement, la nouvelle maire de chercher à mettre en cause son ancienne gestion. Son argument, avant d’accuser, il aurait fallu interroger les services municipaux et l’ancienne équipe.
Derrière le dossier des archives se joue donc une bataille politique plus profonde. Isabelle Louis veut installer l’image d’une nouvelle majorité qui contrôle les dossiers, remet de l’ordre et assume ses responsabilités. Marie-Claude Jarrot cherche au contraire à présenter la nouvelle municipalité comme une équipe qui règle ses comptes avec le passé plutôt que de se concentrer sur son propre bilan et ainsi masquer ses propres difficultés.
Dans une ville où la dernière élection s’est jouée à quelques dizaines de voix, chaque polémique compte. Tant que le recours électoral n’est pas tranché, le rapport de force reste particulièrement sensible, voire explosif.
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J.B.
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Lire les communiqués d’Isabelle Louis et Marie-Claude Jarrot ci-dessous :
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Communiqué de la Ville de Montceau-les-Mines
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Destruction d’Archives municipales : la Ville de Montceau-les-Mines porte plainte
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« Dès mon installation en Mairie en mars 2026, j’ai été alertée sur la disparition d’un volume important de documents et d’archives municipales qui s’était produit juste avant mon arrivée.
Le volume d’archives disparues a été estimé par les services compétents de la ville à environ 30 mètres linéaires, ces documents auraient été transportés vers une déchetterie pour y être détruits.
Je tiens à rappeler un principe simple : les archives d’une commune ont une valeur administrative, juridique et patrimoniale et ne sont pas des documents anodins. Ils n’appartiennent ni aux élus, ni aux services de la ville. C’est un bien public, imprescriptible et inaliénable, dont la conservation, le tri et l’éventuelle destruction sont strictement encadrés par la loi.
Toute destruction d’archives publiques doit obligatoirement faire l’objet d’un contrôle préalable des Archives départementales.
En l’état des témoignages dont je dispose, cette procédure n’a pas été respectée. J’ai pris ce délit très au sérieux et j’ai engagé les démarches prévues par la réglementation sur la protection des données.
Face à la gravité de ces faits, face au risque quant à la protection des données personnelles susceptibles d’avoir été divulguées, j’ai décidé de porter plainte, au nom de la Ville de Montceau les-Mines, et de constituer la commune partie civile.
Je souhaite rappeler plusieurs principes :
• Les services compétents de la ville ont informé les services des Archives départementales de Saône-et-Loire.
Le Procureur de la République à été saisi de l’affaire.
• Il appartient désormais à la justice de conduire les investigations nécessaires et d’établir les responsabilités. Je n’ai pas vocation, en tant que maire, à me substituer à elle, et j’entends respecter pleinement le principe de présomption d’innocence.
• La conservation de notre patrimoine communal exige rigueur, transparence et redevabilité à l’égard des administrés.
• Nul n’est autorisé à aliéner ces principes, quelque soit sa fonction et son niveau d’autorité.
Je fais confiance à la justice pour que la vérité soit établie et que le délit soit sanctionné à la mesure du préjudice subi par les montcelliens ».
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Isabelle Louis
Maire de Montceau-les-Mines
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Communiqué de Marie-Claude Jarrot
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Elle ne me nomme pas. Mais chacun comprend qui elle cherche à mettre en cause : j’étais la maire sortante et j’avais, à ce titre, la responsabilité politique des dossiers de la Ville.
Je le dis donc très clairement : je conteste formellement avoir détruit la moindre archive administrative appartenant à la Ville de Montceau-les-Mines.
Dès son élection, j’ai reçu Madame Louis dans mon bureau. Je lui ai présenté les principaux dossiers structurants et lui ai expliqué qu’ils s’inscrivaient autour de deux fils conducteurs essentiels de notre action municipale : le plan pluriannuel d’investissement — le PPI — et le pacte social de la Ville. Je lui ai également proposé de rester à sa disposition pour toute précision utile.
Lors de cet entretien, je lui ai montré les livres présents dans mon bureau : ceux offerts à la Ville y demeuraient ; les autres m’appartenaient ou m’avaient été personnellement offerts et dédicacés. Elle m’avait alors répondu : « Je comprends parfaitement. » Notre entretien s’est achevé dans un climat parfaitement cordial.
Depuis ce jour, elle ne m’a jamais interrogée sur le moindre document prétendument disparu.
Il lui suffisait pourtant d’agir comme doit le faire tout élu prenant ses fonctions : interroger les services municipaux, solliciter le directeur général des services et, lorsque cela était nécessaire, se rapprocher du Département, de la Région, de la préfecture ou des services déconcentrés de l’État. Les agents de la Ville sont compétents et connaissent parfaitement les dossiers dont ils ont la charge.
Quand on ignore quelque chose, on se renseigne. On ne commence pas par suggérer publiquement la culpabilité de son prédécesseur.
Alors, de quels documents parle-t-elle précisément ? Dans quel inventaire figuraient-ils ? Quand leur absence a-t-elle été constatée ? Qui les détenait ? Et sur quel élément sérieux repose l’accusation aujourd’hui insinuée ?
Une menace de plainte ne constitue ni une preuve ni une démonstration de compétence. Elle ne remplacera jamais les faits, le travail et la maîtrise des dossiers.
Accuser sans preuve, c’est transformer le soupçon en méthode et masquer son impuissance derrière le procès fait aux autres.
Comme le dit le proverbe : quand on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Encore faut-il, en démocratie, apporter les preuves de ce que l’on avance.


