
Martine Léger est arrivée au conseil municipal avec un chat des les bras trouvé à l’entrée de la cave de la mairie.
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D’ordinaire, au conseil municipal de Montceau-les-Mines, le groupe Rassemblement national est plutôt discret. A l’exception de son chef de file, Arnaud Sanvert, qui ose parfois prendre la parole _ toujours avec sa feuille sous les yeux _ quitte à bafouiller, comme il l’a encore fait jeudi dernier devant le tribunal administratif de Dijon, où il venait défendre sa position face au recours de Marie-Claude Jarrot et de sa liste Montceau passionnément, qui demandent l’annulation des élections municipales.
Mais il y a manifestement un avant et un après 24 septembre 2026, date de l’audience au tribunal administratif.
Car lundi soir, au conseil municipal, les quatre des cinq élus du RN ont, tour à tour, pris la parole. Une première.
Pourquoi ce soudain changement de ton ?
La réponse est aussi alambiquée que celle apportée par la rapporteuse publique lors de l’audience au tribunal administratif de Dijon.
Le RN considère-t-il que, dans moins de trois semaines, le recours sera rejeté et qu’il lui faut désormais afficher une opposition plus offensive face à Isabelle Louis ? Imagine-t-il, au contraire, qu’il faudra revoter et qu’il convient, là encore, de montrer les muscles face à la majorité ? Ou mise-t-il déjà sur une éventuelle victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, qui pourrait, selon lui, changer le rapport de force jusque dans les collectivités locales ?
On pourrait même pousser le raisonnement jusqu’à imaginer Arnaud Sanvert repartir, une fois encore, à la conquête d’un siège à l’Assemblée nationale.
Alors, quelle mouche a donc piqué l’extrême droite lundi soir au conseil municipal ?
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Quatre votes contre
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Sur plusieurs dossiers, le groupe RN a choisi de voter contre.
Premier sujet, un emprunt de 3 M € destiné à rembourser un emprunt de même montant contracté par l’ancienne majorité.
Martine Léger, excellente comptable au demeurant, est montée sur ses grands chevaux, avec le lyrisme qui la caractérise.
« C’est uniquement pour rembourser un prêt de 3 M€ par Jarrot pour son cinéma. C’est un montage bancal, un prêt à court terme qui devient à long terme ».
« C’est un prêt à 20 ans au taux fixe de 5,5 % », lui a répondu Isabelle Louis.
Martine Léger poursuit : « Alors que la ville est placée en zone d’alerte pour ses finances, vous rajoutez 65 000 €. Nous refusons de cautionner. Nous allons donc cumuler de nouveaux intérêts, c’est un véritable désastre. C’est de la cavalerie budgétaire ».
Une manière, surtout, de rappeler que le RN n’a manifestement toujours pas digéré les décisions financières prises par l’ancienne majorité.
Pour la maire, le problème est ailleurs, « Le constat financier est catastrophique. Il fallait rembourser le prêt relais au 1er janvier 2027 et nous n’avons pas l’argent en caisse. Nous n’avions pas le choix. C’est pour protéger la ville, ses agents et ses habitants que nous avons décidé de faire ce prêt à long terme. On se serait bien passé de ce refinancement, sauf à faire tomber la ville ».
Le RN vote contre.
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La taxe sur les logements vacants ne passe pas non plus
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Vient ensuite la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH), qui concerne notamment les propriétaires laissant durablement des logements vacants, particulièrement en centre-ville.
« C’est remettre du logement en locatif. Nous devons le faire, mais en aucun cas nous ne mettons en difficulté les propriétaires de bonne foi », explique Isabelle Louis.
Le RN vote une nouvelle fois contre.
« Vous allez punir les propriétaires », estime Géraldine Jacob.
Nouvelle opposition, donc.
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Au Plessis, le RN dit non
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Autre sujet de discorde, la garantie d’emprunt à hauteur de 50 % accordée à Habellis pour un emprunt complémentaire destiné à l’opération de réhabilitation de 134 logements dans le quartier du Plessis.
De toute évidence, le RN semble avoir du mal à comprendre ce qu’implique réellement une garantie d’emprunt.
Le prêt d’Habellis est souscrit auprès de la Caisse des dépôts et consignations – Banque des Territoires. « Il n’y a aucun risque », assure la maire. L’autre moitié de la garantie est apportée par la CUCM, comme le précise la délibération.
Ce qui n’empêche pas Martine Léger de demander : « Mais qui est l’autre 50 % ? »
Pour cette deuxième étape de la réhabilitation des 134 logements, Habellis emprunte 1 394 311 euros.
Le RN n’est pas d’accord.
Restait à savoir si le groupe RN allait appliquer la même logique à la garantie d’emprunt demandée par le RCMB pour la construction de son club-house.
Pourquoi aurait-il changé d’avis ?
Eh bien, il l’a fait. Pour le rugby, c’est oui.
L’extrême droite a voté en faveur de la garantie du prêt destiné au club de rugby. Deux garanties d’emprunt, deux votes différents.
Pourquoi ?
« Ce n’est pas la même chose, ce sont deux délibérations totalement différentes », répond Arnaud Sanvert à l’issue du conseil municipal.
Pour le rugby, oui. Pour le Plessis, non.
Cherchez l’erreur.
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Des économies, même quand il s’agit des effectifs
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A écouter le RN, il faudrait faire des économies partout et le plus vite possible, « parce que la situation financière est grave », répète-t-il inlassablement.
Même lorsqu’il est question du personnel communal.
Gilles Desnoix, désormais premier adjoint chargé des ressources humaines et des finances, a présenté, comme cela se fait régulièrement, une modification des effectifs.
Le RN ne bronche pas.
En revanche, lorsque Gilles Desnoix évoque la création d’emplois permanents, l’extrême droite, par la voix de Jean Ducarouge, juge certaines embauches ou certains remplacements inopportuns. « Nous devons faire des économies, commençons par-là ».
Une position qui témoigne surtout d’une méconnaissance du fonctionnement des ressources humaines de la collectivité.
Gilles Desnoix l’explique aux conseillers municipaux RN : « On ne fait pas que des embauches. Des agents évoluent. D’un contrat d’un an, on passe à trois ans et à six ans, ils passent en CDI ».
Marie-Claude Jarrot apporte une précision : « Si des contractuels ont donné satisfaction pendant six ans, nous avons obligation de les passer en CDI ».
Martine Léger résume alors la situation avec une efficacité redoutable : « La masse salariale va beaucoup augmenter ».
Réponse du premier adjoint : « Non ».
Le RN vote contre.
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Deux questions pour finir
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Mais la soirée ne s’est pas arrêtée là. Deux questions diverses posées par Arnaud Sanvert sont venues pimenter la fin du conseil municipal.
Première interrogation : où en est le projet de l’ancien Géant Casino ?
Isabelle Louis rappelle que le permis de construire a été accordé à une société privée afin de créer, sur les 30 000 m2 du site, des cellules commerciales. « Je n’ai pas d’autres éléments », précise la maire.
Deuxième sujet, le centre hospitalier.
« Nous voulons des informations sur le calendrier des travaux et les équipes médicales », demande le conseiller municipal RN.
Réponse d’Isabelle Louis : « Début des travaux en 2029 pour une livraison, sous toutes réserves, en 2033″.
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Le RN change de ton
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Lundi soir, le groupe Rassemblement national a donc changé de partition.
Après avoir longtemps occupé une place relativement silencieuse dans l’hémicycle municipal, quatre ce ses élus ont pris la parole, défendu leurs positions, multiplié les votes contre et posé leurs questions.
Reste désormais à savoir si ce nouveau ton constitue simplement une nouvelle stratégie d’opposition municipale ou s’il annonce une séquence politique plus offensive à l’approche des prochaines échéances électorales.
Une chose est certaine, lundi soir, à Montceau-les-Mines, l’extrême droite a fait entendre sa voix.
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J.B.



