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Penser l’avenir du patrimoine industriel au cœur des territoires ruraux, colloque organisé par la fédération patrimoine – environnement.
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La ville de Montceau-les-Mines, marquée par une longue histoire minière et industrielle, a accueilli le colloque annuel de la fédération Patrimoine et Environnement autour d’un thème aussi ambitieux qu’actuel : Patrimoine industriel et ruralité : quel futur ? Organisée aux Ateliers du Jour, cette journée de réflexion a réuni élus, chercheurs et acteurs du territoire pour interroger les liens complexes entre héritage industriel et développement rural.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont rappelé combien l’industrie et la ruralité sont historiquement imbriquées. Depuis le Moyen Age, les activités industrielles ont façonné les paysages, les sociétés locales et les identités territoriales, tandis que les contextes ruraux ont influencé les formes et les implantations industrielles.
Dans une région comme la Bourgogne-Franche-Comté, à la fois très rurale, riche en patrimoine et fortement industrialisée, ces interactions sont particulièrement visibles. Les anciens sites industriels, aujourd’hui reconvertis ou patrimonialisés, jouent un rôle croissant dans l’attractivité touristique et culturelle des territoires.
Parmi les interventions marquantes, celle de Jean-Philippe Passaqui, professeur de chaire supérieure au lycée militaire d’Autun et membre, entre autres de l’Académie François Bourdon, a ouvert les débats sur une question fondamentale : qu’est-ce que le patrimoine industriel ?
L’historien a rappelé que ce patrimoine ne se limite pas aux bâtiments ou aux machines, mais englobe également les savoir-faire, les organisations sociales et les paysages façonnés par l’activité productive. En ce sens, il constitue un héritage global, à la fois matériel et immatériel, qui nécessite une approche pluridisciplinaire pour être compris et valorisé.
Son intervention a également souligné l’importance de replacer ce patrimoine dans son contexte historique afin d’éviter une vision figée ou uniquement nostalgique. Le patrimoine industriel est un objet vivant, en constante réinterprétation.
« Trop longtemps, les bâtiments industriels ont été conservés mais sans réflexion avant de trouver un usage » avançait il. Il prit pour exemple la commune d’Epinac et du puits Hottinguer avec son tube atmosphérique. « Epinac a été en mesure de protéger ce bâtiment quand bien même a t-il fallu convaincre la population ».
Pour la petite histoire, le tube atmosphérique qui servait à remonter le charbon a été remplacé par un chevalement qui, aujourd’hui a pris place au musée de la mine de Blanzy.
L’intervention de Bertrand Veau _ en visio _ , vice-président du conseil régional en charge de la culture et du patrimoine, a apporté un éclairage institutionnel sur ces enjeux.
Il a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement le patrimoine industriel dans les politiques d’aménagement et de développement territorial. Au-delà de la conservation, il s’agit de faire de cet héritage un levier de dynamisme économique, touristique et culturel pour les zones rurales. Il a évoqué le patrimoine du bassin minier, du lavoir des Chavannes « qu’il faut conserver » ou encore de l’action menée dans la restauration de la villa Perrusson à Ecuisses.
Dans cette perspective, les partenariats entre collectivités, associations, chercheurs et acteurs économiques apparaissent essentiels pour structurer des projets durables et innovants. Le patrimoine devient alors un bien social et un facteur d’attractivité, à condition d’être pensé collectivement.
Au fil des échanges, plusieurs grandes questions ont émergé : comment valoriser des sites industriels parfois éloignés des grands flux touristiques ?, quelle place pour les habitants dans la transmission de cette mémoire ?, comment concilier préservation patrimoniale et nouveaux usages économiques ou culturels ?
Le colloque a montré que l’avenir du patrimoine industriel en milieu rural repose sur sa capacité à se réinventer. Réhabilitations, musées de territoire, circuits de découverte ou projets artistiques constituent autant de pistes pour redonner vie à ces lieux chargés d’histoire.
En réunissant experts et décideurs, cette journée a permis de poser les bases d’une réflexion collective sur l’avenir des territoires post-industriels. A Montceau-les-Mines, ancienne ville minière en pleine reconversion, la thématique résonnait particulièrement.
Plus qu’un simple regard sur le passé, ce colloque a mis en évidence une conviction.
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J.B.
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