Montceau – Bras de fer à la mairie : projets stoppés, tensions affichées

L’ancien centre de loisirs Colette, 2 impasse des Jardins au Bois Garnier sur 3251 m2 de terrain et environ 600 m2 de surface habitable au prix de 90 000 €. En août 2025, une personne s’est montrée intéressée mais elle n’a pas fait d’offre.

Entre l’ancienne et la nouvelle majorité municipale, le ton est donné, le bras de fer est engagé. Le conseil municipal du 27 avril en a offert une démonstration claire. Désormais, plus de concessions quitte à freiner, voire détricoter, des projets pourtant déjà lancés.

Premier symbole, le crématorium porté par Marie-Claude Jarrot et son équipe. Le projet n’est pas abandonné, mais renvoyé à un réexamen complet, notamment sur son implantation dans la zone du Pré Long. Une décision d’autant plus marquante que le permis de construire a déjà été signé par madame le maire, Isabelle Louis.

Même sort pour un autre dossier sensible, la vente de l’ancien centre de loisirs Colette, au 2 impasse des Jardins, dans le quartier du Bois Garnier. La nouvelle majorité a tout simplement retiré la délibération qui devait entériner sa cession à la SCI Le Palace pour 40 000 €.

Un prix jugé trop bas dans le camp d’Isabelle Louis. Il est vrai qu’une première estimation des Domaines atteignait 130 000 €, avant d’être revue à 90 000 €, soit plus du double de l’offre proposée.

Mais pour Marie-Claude Jarrot, la question dépasse largement ce seul chiffre. Déjà contrainte d’encaisser le coup d’arrêt sur le crématorium, l’ancienne maire dénonce un problème de fond, « le signal négatif envoyé aux investisseurs » face à un patrimoine communal souvent dégradé.

Elle ne cache pas son incompréhension face à une décision « particulièrement regrettable », tout en reconnaissant que le prix pouvait interroger. Car derrière ces 40 000 €, se cache une réalité bien plus lourde, la présence d’amiante, avec un désamiantage estimé à 136 000 €, auquel s’ajoutent près de 300 000 € de travaux de rénovation.

« Nous parlons d’une opération globalement très lourde financièrement. Regardons les choses avec lucidité », insiste la cheffe de file de l’opposition.

Le projet, lui, avait pourtant de l’ambition avec trois logements rénovés, des salles de formation modulables, un système de réservation en ligne, et même un espace mis à disposition de la ville. Une vision hybride, entre habitat et services.

« Ce n’est pas une opération spéculative, mais une nouvelle manière de faire vivre ces lieux », plaide Marie-Claude Jarrot, évoquant un véritable tiers-lieu au service du tissu local.

Dès lors, la question est posée, quel investisseur prendra le risque de reprendre un bâtiment vétuste, même à 90 000 €, avec de tels coûts à la clé ?

Pour l’opposition, la réponse est claire, « nos villes moyennes ont besoin d’investisseurs audacieux, capables de redonner vie à des bâtiments complexes ».

Et l’avertissement est sans détour : « Vous envoyez un signal négatif à tous ceux qui pourraient vouloir investir ici ».

Dans ce climat tendu, il aura suffi que deux adjoints expriment leurs réserves pour faire tomber la délibération sur Colette. A l’inverse, sur le dossier du crématorium, la méthode interroge, « madame le maire a pris seule la décision, je n’étais même pas informée », affirme Solange Capber, pourtant adjointe impliquée dans le dossier et membre du collectif de l’Écuyer opposé non pas au projet, mais à son emplacement initial.

Une chose est sûre, Isabelle Louis imprime sa marque et impose son tempo.

J.B.

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