Montceau – L’association « Entre nous solidaires », née d’une inspiration des gilets jaunes

Voilà un sérieux dilemme auquel nous sommes confrontés avec l’apparition d’une nouvelle association « Entre nous solidaires ». Car comment l’évoquer sans ne pas parler des gilets jaunes du Magny ?

Pour bien comprendre, il est nécessaire de revenir au 14 mai dernier où, à la salle des fêtes du Magny, au cours d’une assemblée générale des GJ, l’idée de constituer une association a pris naissance. A cette époque, on parlait de la constitution d’une association indépendamment du mouvement du 17 novembre.  » Il y aura le mouvement et l’association » précisait-on immédiatement.

Et depuis, plus rien officiellement même si le travail se poursuivait en coulisses avant d’aboutir sur un bureau composé d’un président, Jean-Bernard Labille, d’un trésorier, Georges Nourry et d’une secrétaire, Sonia Lamant.

Au sein du mouvement des GJ du Magny, cette naissance laisse dubitative. « Ils ont tout fait dans notre dos, pas question que j’adhère » entendait-on ce mardi après-midi au camp, alors que la présentation de « Entre nous solidaires » allait avoir lieu quelques heures plus tard.

Et quelques heures plus tard, devant les trois membres du bureau, ils étaient dix-huit dans la salle des fêtes du Magny pour une explication de texte.

Si le mouvement des gilets jaunes s’arrête, l’association continuera

Déjà un président qui ne veut plus l’être, enfin il reste au moins jusqu’à janvier. « Je ne voulais pas être président, je n’ai pas le temps de tout assumer, l’association et ma vie personnelle. Mais j’ai bien voulu lancer cette association » explique Jean-Bernard Labille devant un trésorier médusé.

« Entre nous solidaires » est née officiellement le 11 janvier 2019. Elle pour but, d’après les statuts, « de réunir en son sein des résidents de Saône-et-Loire qui se reconnaissent dans les valeurs universelles d’amour, d’amitié, de solidarité, de probité, de civisme et plus généralement, d’humanisme (…). L’association s’interdit toute forme de discrimination. Elle oeuvre pour promouvoir ou défendre au besoin les valeurs sacrées de liberté, égalité, fraternité, piliers de la République Française et plus particulièrement la liberté d’expression et d’opinions ». Voilà pour les grandes lignes.

« L’association ne s’adresse pas spécialement aux gilets jaunes mais c’est aussi pour eux. Si le mouvement du 17 novembre venait à s’arrêter, l’association poursuivrait son action » énonce le président.

En somme « Entre nous solidaires », comme son nom l’indique « va venir en aide aux gens dans la mouise », expose à sa manière Georges Nourry. C’est également, la possibilité de louer un bus en cas d’un déplacement des gilets jaunes… Et d’organiser un loto, une brocante, un concours de boules… pour faire rentrer de l’argent dans la caisse. « Nous avons déjà eu un don des gilets jaunes du Magny de 500 € » précise le trésorier qui va lancer prochainement la vente de cartons de loto.

Quant au montant de la cotisation, elle se monte à 5 €. Hier soir à 20h, « Entre nous solidaires » comptait vingt-quatre adhérents.

Jean Bernard

 

7 commentaires

  1. C’est merveilleux !
    Après neuf mois de lutte, le mouvement des gilets jaunes a accouché d’un être devenu l’organisme utile d’un système qu’il prétendait combattre et homologué par ce même système sans lequel il ne peut pas vivre.
    Les biologistes parleraient de symbiose, les historiens de collaboration.

    J’allais vous dire que vous avez perdu le sens du combat, mais l’avez-vous seulement eu ?

  2. Je rejoins Goliath à 150% et ma colère (j’allais dire mon dégoût) est grande lorsque je lis ce genre d’information. Venir en aide aux plus démunis(je me demande d’ailleurs comment ? Sont-ce les pauvres qui aideront les pauvres ? Alors de quoi se plaignent-ils depuis neuf mois ?) est une action qui ravira notre gouvernement. Gouvernement qui continuera de plus belle à se désengager de ses responsabilités vis à vis des plus démunis qui, si notre société ne marchait pas sur la tête devrait permettre à tous de vivre décemment. Mais ces personnes ci-dessus ont un tel besoin de reconnaissance, un tel besoin d’être vus, reconnus, qu’on en arrive à ça ! Une association de plus qui ne servira à rien, si ce n’est à donner raison à ceux qui nous gouvernent. Bravo !

  3. Et j’ajoute cette citation qui remonte à l’époque de l’empire romain : « Du pain et des jeux et le peuple sera content, il suivra aveuglément les lois des seigneurs dieux. »
    Ici, c’est le peuple lui même qui se donnera du pain et des jeux, de quoi hurler de rire !

  4. Merci pour ces commentaires critiques dans le bon sens du terme car argumentés. Je regrette juste qu’il n’y en ait pas plus.
    Cette association est l’émanation d’un mouvement de protestation spontanée contre la misère, l’injustice, la désinformation, l’intimidation. Ce mouvement s’inscrit dans la durée et pas seulement dans les rangs des gilets jaunes parce que dans cette société ultra libérale tout est scandale depuis des décennies. J’ajoute que l’idée de cette création d’association a été mise aux voix et votée dès janvier démocratiquement sur la base d’une solidarité fraternelle dans une société qui effectivement marche sur la tête au détriment d’une majorité pour le profit de quelques uns.
    Goliath et Copernic, vous posez une question que je me suis souvent posée. La solidarité entre modestes, au final, sert elle le pouvoir ? Faut-il vouer aux gémonies tous les bénévoles des restos du cœur, du secours catholique, du secours populaire, de la croix rouge (je parle bien des bénévoles) etc. etc. ? Bienheureux celui qui comme vous en a la réponse…
    Quant à cet article qui est exact sur les faits, comme tout article de presse il reste un condensé. Un point important de mon intervention a été oublié. Cette association sera ce qu’en feront ses adhérents car nous avons bien l’intention d’y faire vivre un processus démocratique depuis longtemps oublié par nos « représentants » cf : Le traité de Lisbonne.
    Il y a mille et unes manières légales (j’insiste sur le mot légales) de manifester notre solidarité commune. Que chacun amène ses propositions, ses compétences, ses critiques pour construire pacifiquement un monde meilleur.
    JB Labille.

    • Mon cher JB,
      Vous vous interrogez sur le fait que la solidarité entre « modestes » pourrait servir le pouvoir. C’est là votre erreur. La question n’est pas de servir le pouvoir ou pas, mais bien plutôt « au service de qui est le pouvoir ? ».
      En effet, il serait louable de servir le pouvoir si ce dernier était lui-même au service d’une société de partage, équitable et juste. Servir le pouvoir dans ces conditions serait une forme de démocratie directe.
      Comme vous insistez sur la notion de légalité et que je ne voudrais pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre le droit et la justice, je vous invite à faire des choix entre la légalité et l’illégalité :
      Spartacus ou République romaine ?
      Grande jacquerie ou Charles II de Navarre ?
      Louis XVI ou Émeutiers de la Bastille ?
      Adolphe Thiers ou Jules Vallès ?
      Philippe Pétain ou Jean Moulin ?
      Apartheid ou Nelson Mandela ?

  5. Alors voilà une association nouvelle issue des GJ mais qui n’est pas reconnu par ceux-ci ; et ils voulaient déloger le Président pour le remplacer alors qu’à 30 ou 40 ils ne sont même pas capable de se mettre d’accord. Le président de cette association est déjà démissionnaire . C’est un capharnaüm sans nom.

  6. Une tempête dans un verre d’eau !
    Bon, il faudrait un peu calmer le jeu. Cette association démarre. Elle n’est pas exactement une émanation du mouvement des Gilets jaunes. Qu’importe qu’elle soit reconnue par qui que ce soit. D’ailleurs, fort heureusement, qui pourrait définir le portrait type d’un GJ ? En fait, certains d’entre les gilets jaunes présents en Janvier et quelques autres non GJ se sont découverts des affinités et ont eu envie de faire de bonnes choses ensemble. Il s’est créé de belles amitiés que nous souhaitions pérennes. Alors SVP, lâchez nous tous les baskets avec vos à priori. Quant à ma supposée démission, je n’ai jamais dit que j’étais démissionnaire. J’ai juste demandé d’être assisté par un Président adjoint car je n’ai ni le goût, ni surtout assez de temps pour assumer cette fonction à plein temps. Ma vie personnelle a évolué en 8 mois… Nous ne sommes, pour l’instant, qu’une association parmi d’autres. Traitez là comme telle SVP. Je précise que je parle en mon nom propre et non au nom de l’association. Apparemment, la pensée complexe vous déstabilise comme elle perturbe nos dirigeants. Laissez le temps au temps et jugez nous sur nos actes et pas sur nos intentions ni sur nos déclarations forcément tronquées par les médias (même sans mauvaise intention, un article ou un reportage est forcément réducteur). Les promesses mensongères, les déclarations d’intention de nos gouvernants, on en a soupé ! Seuls les actes comptent pour moi…

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