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Montceau – Christiane Mathos, la battante du 10 mai

La grande salle du restaurant, La douce heure Antillaise, est silencieuse. Tout au fond, à une table, Christiane Mathos a les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur portable. Dans quelques minutes elle interviendra dans l’émission ATK qu’elle anime une fois par mois avec Théo.

Il y a 20 ans, la loi Taubira _ alors députée PRG _ reconnaissait la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Cet anniversaire méritait bien une émission spéciale. Le texte de loi fut adopté le 10 mai 2001 et Jacques Chirac, alors Président de la République, fixe ce 10 mai pour instaurer une « Journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de l’abolition ».

Un temps, le Comité pour la mémoire de l’esclavage espérait en faire un jour férié. L’idée a été abandonnée mais voilà qu’elle revient au goût du jour et une pétition en ligne abonde en ce sens. Au Comité, a succédé en 2019 à la Fondation pour la mémoire de l’esclavage dont la ville de Montceau-les-Mines est l’un des membres fondateurs, qui a pour objectif de soutenir des projets ayant trait à l’histoire et la recherche sur les traites, l’esclavage et leurs abolitions, la pédagogie, la mémoire et à sa transmission , la lutte contre le racisme et au dialogue interculturel.

Christiane Mathos, le socle inébranlable du festival Outre Mer en Bourgogne (OMB), présidente des Amis des Antilles et conseillère municipale déléguée aux cultures partagées, a grandement participé et s’engage toujours dans ce travail de mémoire sur l’esclavage notamment avec la route des Abolitions en Saône-et-Loire. « Christiane a entraîné les maires dont les communes se trouvent sur le chemin de la cette route des Abolitions » souligne Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau dans son intervention dans l’émission sur le web.

Aujourd’hui, il est donc temps que la population, prenne conscience de cette date du 10 mai. « Nous y arriverons par l’éducation et l’interpellation que nous devons intensifier sur Montceau » ajoute-t-elle.

Bien évidemment, Christiane Mathos milite pour un 10 mai férié, « ce qui donnerait plus de force à cette date, alors je signerai la pétition » assure Marie-Claude Jarrot. « Mais le plus important, est qu’on sache à quoi correspond ce 10 mai » avance-t-elle.

Ce jour férié serait aussi l’occasion d’harmoniser les dates multiples auxquelles les Français d’Outre-Mer et de l’Hexagone commémorent l’esclavage. Dans les DOM, les dates de commémoration correspondent aux différentes proclamations des décrets abolissant l’esclavage dans les colonies tout au long de l’année 1848 :
Le 22 mai en Martinique
Le 27 mai en Guadeloupe
Le 10 août en Guyane
Le 20 décembre à la Réunion

Avec son tempérament bien « ancré », Christiane Mathos ira, à n’en point douter, au bout de ses idées.

Jean Bernard

 

13 commentaires

  1. On s’en fout complètement et la France a de nombreux autres préoccupations très actuelles !

    • Non, on n’a pas le droit de se foutre de l’histoire car elle explique le présent et permet d’influer sur le futur. De là à proposer un jour férié, il y a un pas que je ne franchirai mais ce serait trop long pour m’en expliquer sur ce support médiatique même si ma vision est très claire sur ce sujet et ce depuis 1/2 siècle.

  2. Le bla bla habituel de Jarrot
    Intéressant que cette macroniste soit pour un nouveau jour férié ! Vu le désastre économique, c’est irresponsable de militer pour travailler un jour de mois. Complètement incohérente

  3. L’abolition de l’esclavage fait partie de notre histoire, comme Mai 68, la première et la seconde guerre mondiale, la révolution de 1789, ou encore la défaite d’Alésia en 52 avant J.C.
    L’abolition de l’esclavage c’est reconnaitre un page sombre et de notre histoire.
    Parler ainsi, c’est insulter notre histoire et nos amis ultramarins.

  4. On aimerait les entendre sur la création d’un nouvel impôt !! Mme Jarrot madame matos vous êtes pour ou contre ? Merci de répondre. Je paie assez cher d’impôt pour savoir !

  5. Entièrement d’accord avec Jean Pierre B

  6. Esclavage, esclavage on ne parle que de celui que les blancs ont perpétré, mais on ne dit pas la complicité des chefs de clans des pays africains qui y ont trouvé leurs avantages. Il y a eu des esclavages beaucoup plus barbares et cruel lorsque les mauresques faisaient des razzia sur les côtes françaises et méditérannèenes mais là on ne s’offusque pas sur cette partie d’histoire. Maintenant comme toute évolution de civilisation ces descendants d’esclave voudraient faire porter à la France seule ces faits, mais il devraient se dire aussi que pour certains cela a été une chance d’une autre vie si l’on considère tous ces migrants qui arrivent de nos jours dans des conditions guère plus avantageuses que leurs ancêtres et on ne s’offusque pas que beaucoup de ces jeunes femmes se retrouvent dans une camionnette à vendre leurs charmes. Alors messieurs dames les politiques restez en dehors de ces polémiques et laissez les associations en faire le souvenir

    • OUI Luigi ! Tout à fait d’accord avec la première partie de ton analyse. Si des atrocités ont pu être commises, c’est avec la complicité des dirigeants Africains, Américains, Européens (Le commerce triangulaire).
      On a pu vérifier ce que tu avances au fil des siècles jusqu’à un passé récent avec Pétain. Mon père FFI dans le Morvan n’a échappé à la descente de la gestapo que grâce au civisme d’un officier de gendarmerie de Lucenay-L’Eveque qui l’a averti qu’il avait été dénoncé par les collabos.
      Ensuite, je te prie de m’en excuser mais je ne comprends pas le cheminement de pensée qui conduit à ta conclusion (que je ne partage pas). Pourrais tu STP nous expliquer ?
      D’avance merci.

  7. Luigi, on parle de l’abolition de l’esclavage chez nous, on parle de ce qu’on subit nos amis ultramarins durant des siècles, et de leurs libérations.
    Il s’agit de notre histoire commune, entre l’Outre-mer et la Métropole.
    Nous avons bien un jour férié pour fêter notre libération de la dictature monarchique (le 14 juillet) alors pourquoi nous n’aurions pas un jour férié pour fêter la libération des Outre-mer de l’esclavage ?
    On n’est pas là pour parler de l’impôt de la CUCM, on est là pour parler histoire, et mémoire collective.
    Mais quand vous entendez le nom de Mme Jarrot, vous ne savez que la critiquer quel que soit le sujet de l’article, vous revenez à des sujets politique, à croire que vous ne connaissez rien d’autre…

    • Tout à fait d’accord avec toi, même si cette histoire d’impôt mérite d’être traitée dans un autre contexte, pour le coup elle est en l’occurrence (en tout cas pour moi) carrément hors sujet.

  8. en parlant d’histoire et de mémoire collective, pourquoi oublier tous les morts de la guerre de cents, pourquoi ne pas honorer les victoires de tous les rois qui se sont succédés de louis XI à Louis XVI, les victoires et défaites de Napoléon, retraite de Russie, Waterloo, la fin de la guerre du Vietnam et celle d’Algérie ben voilà on passe le mois de mai en jours fériés bon je m’en fous je suis en retraite et arrêtez de vous auto flageller sur des sujets vieux de plus de deux ans car on a guère mieux de nos jours de part le monde, relisez la fin de mon commentaire

    • Merci Luigi d’avoir apporté ce complément. Même si je n’ai pas tout compris, je saisis un peu mieux ta pensée que je partage complètement au sujet des commémorations. Je suis pour les commémorations qui nous rappellent nos erreurs passées. De là à en faire des jours fériés, il y a un pas que je ne franchirai pas.
      Je voudrais juste souligner que chaque victoire fêtée correspond le plus souvent à des vies humaines sacrifiées. Ne pourrions pas une fois pour toute décider que ce qui compte c’est l’humain d’abord et apprendre à vivre ensemble sans nous laisser influencer par les masse médias ?

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