Montceau – Budget : Arnaud Sanvert s’embrouille, Marie-Claude Jarrot donne des pistes

Le débat autour du budget primitif 2026 n’aura pas tardé à s’enflammer. Derrière les chiffres, ce sont deux visions qui se sont affrontées avec vigueur, révélant des tensions toujours vives entre la majorité municipale et ses oppositions en particulier le groupe Montceau Passionnément emmené par Marie-Claude Jarrot.

A peine la présentation d’Éric Commeau, adjoint aux finances, achevée (lire par ailleurs), le ton est monté. Arnaud Sanvert, pour le Rassemblement national, a rapidement donné le cap, son groupe votera contre.

« Nous voterons contre car ce budget sera difficilement tenable et nous constatons une baisse des effectifs municipaux », affirme-t-il.

Une sortie qui laisse perplexes la majorité et la maire Isabelle Louis. Une baisse des effectifs ? L’argument surprend. Éric Commeau ne tarde pas à corriger. « Il n’y a pas de baisse des effectifs. Il s’agit d’un transfert d’une quarantaine d’agents au CCAS ».

Mais l’élu d’extrême droite ne désarme pas, « vous n’avez rien dit sur les commerces et la sécurité, donc nous voterons contre ». Une opposition brève, mais frontale.

Le débat change ensuite de dimension avec l’intervention de Marie-Claude Jarrot. Déjà prise à partie lors du compte financier 2025, l’ancienne maire revient au cœur des échanges, fidèle à une ligne qu’elle défend de longue date, celle des charges de centralité.

Car derrière les chiffres, c’est bien la question du partage des coûts à l’échelle du territoire qui ressurgit.

« Le centre nautique représente environ 1,1 million d’euros de charges annuelles nettes. Est-il normal que seuls les Montcelliens supportent cet équipement qui bénéficie à tout le bassin de vie ? Dans la majorité des communes françaises, ce type d’équipement relève de l’intercommunalité ».

Même logique pour le conservatoire. « Nous parlons d’un CRC, mais plus de la moitié des élèves ne viennent pas de Montceau. Là encore, ce sont les Montcelliens qui portent seuls un investissement culturel majeur pour l’ensemble du territoire, soit 900 000 euros ». Et de marteler : « Ce ne sont pas des charges inutiles, ce sont des charges à transférer. (…) Mais elles ne peuvent plus reposer uniquement sur notre commune ».

Derrière le propos, il s’agit d’une stratégie assumée,  renvoyer la question financière à l’échelle intercommunale, quitte à ouvrir un chantier politique complexe. « Oui, il faut réunir une CLECT (commission locale d’évaluation des charges transférées), trouver une clé de répartition, construire un accord. Mais c’est précisément cela, gouverner : trouver des solutions plutôt que crier au loup », insiste-t-elle.

Marie-Claude Jarrot n’en démord pas. « Alors quand vous annoncez 600 000 euros d’économies trouvées, moi je vous dis qu’il existe encore des marges de manœuvre importantes.

Entre le centre nautique, le conservatoire, pour ces deux équipements (même si nous gardons dans le cadre de la négociation avec l’interco la moitié des charges)  et le dossier des Chavannes (NDLR : une possible vente à 230 000 €), nous pouvons raisonnablement « tabler » sur près de 300 000 + 550 000 + 450 000 + 230 000 =  1 530 000 euros supplémentaires avec les 600 000 euros que vous venez de trouver cela fait plus de 2 100 000 euros ».

La réponse de la majorité ne se fait pas attendre et elle est cinglante.

Qualifié de « poussiéreux » par l’ancienne maire, Éric Commeau réplique sans détour : « Vous nous faites de grandes leçons à deux balles. Rappelez-vous le refus de la Banque Postale en octobre 2024 pour un prêt ! Et vous nous parlez de solutions magiques… On rêve ! » Et de tempérer, tout de même, « ces discussions, il faut les avoir ».

Au fil des échanges, le débat glisse du technique au politique. Gilles Desnoix, adjoint aux ressources humaines, recentre brièvement, « le seul moyen de rembourser la dette, c’est la CAF (capacité d’auto-financement). Rien d’autre ».

« Faux » clame Marie-Claude Jarrot.

Dernière prise de parole, dernière attaque. Isabelle Louis conclut en visant directement son opposante. « Vous proposez de nombreux leviers, mais pourquoi ne pas les avoir utilisés avant le 22 mars ? Vous êtes dans le déni total. Vous avez été sourde à toutes les alertes ».

Dans la salle du conseil municipal, le ton est donné car au-delà du budget, c’est bien le procès du passé et la bataille des responsabilités qui continuent de se jouer.

Dur apprentissage que celui de l’opposition.

J.B.

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