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A Montceau-les-Mines, dans le quartier du Bois du Verne et plus particulièrement rue de la Coudraie, c’est l’incompréhension. Depuis vendredi soir, la boulangerie-pâtisserie Peguesse a fermé ses portes. Une fermeture qui prive les habitants du quartier de leur boulangerie, mais aussi un artisan et ses cinq salariés de leur activité.
Sur le perron et sur la porte d’entrée, deux affiches informent la clientèle : Suite à une fermeture administrative, nous sommes contraints de fermer pour mettre aux normes nos locaux. Merci à tous pour votre soutien.
« J’ai préféré prendre les devants alors que nous n’avons pas encore reçu l’arrêté préfectoral et j’ai informé mes clients de la fermeture », raconte Benoît Peguesse.
Tout est allé très vite
Jeudi, le boulanger a reçu la visite d’une contrôleuse venue inspecter les locaux. « Nous avons fait le tour de la boulangerie, les frigos, la mise en température… », explique-t-il.
Dans ce bâtiment vieux de près de deux siècles, qui abrite une boulangerie depuis une centaine d’années, les particularités du lieu sont nombreuses, murs en pierre et en sable, matériaux anciens et installations qui ont progressivement vieilli.
A l’issue de la visite, le constat semble avoir été sans appel. « Elle m’a dit qu’elle allait envoyer le dossier à la DDPP et que nous aurions un délai pour effectuer les travaux de mise aux normes ».
Face à cette situation, Benoît Peguesse a choisi de ne pas attendre. « J’ai préféré fermer dès vendredi plutôt que de continuer à faire du pain et de la pâtisserie, avec le risque de devoir tout jeter ensuite ».
Le boulanger ne nie pas la vétusté des installations. « Je sais que tout n’est pas aux normes, notamment à cause de l’âge du bâtiment. Mais j’ai fait beaucoup de travaux depuis seize ans que je suis ici, en commençant par ce qui était le plus urgent ». Une situation qui, selon lui, ne dépend pas uniquement de sa volonté. « Quand vous avez un propriétaire qui fait la sourde oreille, ce n’est pas simple ».
Le laboratoire, d’une superficie d’environ 50 m², devra notamment faire l’objet de travaux.
En attendant, le Bois du Verne n’a plus sa boulangerie. Et surtout, il n’a plus de pain.
Samedi matin, sur le marché, les clients croisés sont nombreux à regretter la fermeture. « C’est le meilleur pain de Montceau », glissent certains habitués.
Le boulanger racontent aussi des scènes de vendredi, lorsque la nouvelle s’est répandue dans le quartier. « De nombreux clients ont pleuré quand ils ont appris la fermeture. Certains sont même revenus avec des sacs pour faire le plein ».
Il faut dire que la boulangerie Peguesse ne manquait pas de clientèle. Entre 350 et 400 personnes franchissent quotidiennement ses portes, et davantage encore le week-end. Une fréquentation qui témoigne du succès de cette entreprise artisanale. « Tout est fait maison, nous fabriquons à l’ancienne », rappelle Benoît Peguesse.
Derrière la fermeture de la boutique, c’est donc toute une petite équipe qui se retrouve dans l’incertitude. Cinq salariés attendent désormais de savoir combien de temps cette situation va durer.
Benoît Peguesse, lui, veut croire à une réouverture prochaine. « Je n’ai rien à cacher. Ça va redémarrer », assure-t-il. Mais il ne cache pas son inquiétude, « cette fermeture administrative est un vrai coup de bambou ».
L’arrêté préfectoral, qui doit préciser les travaux à effectuer, est attendu lundi ou dans le courant de la semaine.
Reste alors une question, aussi simple qu’inquiétante pour l’artisan, « combien de temps vais-je pouvoir tenir ? »
En attendant la réponse, le Bois du Verne se retrouve sans sa boulangerie et ses habitués sans leur pain quotidien. Pour Benoît Peguesse et ses cinq salariés, c’est surtout leur outil de travail et leur gagne-pain qui sont aujourd’hui à l’arrêt.
Dans un quartier où la boulangerie est aussi un lieu de vie, la fermeture laisse un goût amer. Et pour les habitants, une question demeure : combien de temps faudra-t-il attendre avant de retrouver l’odeur du pain chaud rue de la Coudraie ?
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J.B.
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