Mont-Saint-Vincent – Rougeot n’a peut-être pas dit non à tout, d’après le maire

L’entrée de la carrière à Mont-Saint-Vincent.

Le 12 juin dernier, les deux associations « Préserver Mont Saint Vincent » et ACPEnvironnement organisèrent une marche contre le projet d’enfouissement de l’amiante dans la carrière.

Le « non » de l’entreprise Rougeot à enfouir des déchets amiantés dans la carrière que l’entreprise exploite à  Mont-Saint-Vincent a fait l’effet d’une surprise ce lundi après-midi. C’est une bonne nouvelle pour beaucoup d’habitants de la commune concernée par ce projet déposé à la DREAL le 21 février dernier. « Les personnes que j’ai rencontrées depuis cette annonce, se sentent soulagées » déclare Jean Giradon, le maire.

Le matin même, il a rencontré les responsables de l’entreprise. Il résume la situation : « Rougeot estimait que cela ne pouvait pas durer comme ça et qu’il convenait de retirer le projet », celui de l’enfouissement de l’amiante.

Cette décision est à la fois surprenante et à la fois pleine de bon sens. « Le 12 juillet dernier, le conseil municipal a pris une délibération qui rendait le référendum incontournable » rappelle Jean Girardon (lire ci-dessous).  Un référendum que contestait néanmoins l’association « Préserver Mont Saint Vincent et ses alentours » sur sa réelle légitimité et qui n’aurait pas empêché un éventuel recours.

D’un autre côté, va encore plus loin le maire qui a donc pu échanger avec l’entreprise Rougeot ce lundi matin, « son image a été abîmée ce qui, à mon avis, a été exagérée ». Il reconnaît toutefois et c’est là l’essentiel, « il n’y aura pas d’amiante à Mont-Saint-Vincent sans affrontement avec Rougeot ou encore avec la CUCM ».

Jean Girardon choqué

L’abandon du projet d’enfouissement de déchets amiantés revient aussi aux actions conjugués « des associations et du collectif » avance aussi Jean Girardon. « Ils ont oeuvré dans ce sens ».

Après cette délivrance le maire espère que le calme et la sérénité « reviennent dans la commune ». Du côté de l’association « Préserver Mont Saint Vincent et ses alentours » et après ce coup de théâtre, c’est le soulagement. « Nous avons reçu les félicitations de toute la France (NDLR: d’associations qui luttent contre l’amiante) et notamment du président de la CAVAM (Coordination des Associations des Victimes de l’Amiante et de Maladies Professionnelles) ».

Cependant, l’association reste sur ses gardes car quand bien même l’entreprise Rougeot retire son projet d’enfouissement de l’amiante dans la carrière, « il a été convenu que Rougeot reprenne son projet » précise Jean Girardon. Ainsi, la carrière pourrait toujours recevoir des déchets. « Il faut regarder ce qu’elle a le droit de faire » ajoute-t-il. Les enfouir, les traiter ?

« Mon souhait est que la carrière qui existe depuis 50 ans poursuive son activité comme elle le fait actuellement » rappelle le premier magistrat. Mais de cet épisode particulièrement tendu dans le village, « ce qui m’a le plus choqué, c’est la mauvaise foi de certains et le manque d’information des autres. Je le répète, le référendum n’était pas un leurre ».

En attendant, depuis hier, une belle lueur d’espoir illumine le Mont Saint Vincent.

Jean Bernard

Projet d’enfouissement de déchets amiantés à Mt-Saint-Vincent – La condition suspensive, l’arme fatale ? – L’infoRmateur de Bourgogne (linformateurdebourgogne.com)

3 commentaires

  1. Jean Aymar-Desconds

    Dans son communiqué, le maire prétend qu’un référendum sur le projet a eu lieu. C’est faux.

    On se demande d’ailleurs pourquoi le maire a promis la tenue de ce « référendum ». Rappelons que l’activité d’enfouissement de déchets est soumise au régime des ICPE (installations classées pour l’environnement) , et que son autorisation relève de la seule compétence de l’État. La commune n’en ayant aucune en la matière, un « référendum » n »a donc aucune valeur et a même un caractère illégal. Un maire rompu à toutes les ficelles administratives ne peut l’ignorer.
    De plus, ce référendum devait avoir lieu après la décision de l’État, ce qui devenait franchement ridicule. Cela s’appelle mener les gens en bateau.

  2. Jean Aymar-Desconds

    Lorsqu’un carrier termine son exploitation d’extraction, il doit conduire un « projet de réhabilitation » de sa carrière, le but étant d’effacer la cicatrice de la carrière dans la paysage.

    Lorsqu’un carrier demande l’autorisation d’étendre une carrière, l’État peut lui imposer de réhabiliter au préalable ce qui a déjà été exploité. À moins que le carrier n’ait une bonne raison pour différer cette réhabilitation… par exemple reboucher son trou en ouvrant une décharge payante, ce qui lui permet de gagner du temps et de l’argent. Les mauvaises langues diront que cela lui donne le temps d’exploiter la nouvelle tranche de la carrière, de ne rien réhabiliter… et de disparaître.

  3. Je suis le Ravi de MSV (l’autre est marseillais) qui découvre que  » toute la France » félicite les Préserva-trices et -teurs de notre Haut-Lieu pour leur combat gagné contre l’Amiante. Cette information va faire la Une et nous fera oublier La Covid qui nous empoisonne depuis 18 mois. C’est tant mieux !
    Mais, « ce qui m’a le plus choqué », c’est que le maire s’étonne du « manque d’information » de certains de ses administrés alors qu’il a caché pendant des mois ce funeste projet de décharge au-dessus du Vallon de LAVAU. Qu’en pense t-on en aval, à Collonge par exemple ?
    Décidément, depuis que j’ai perdu la foi, je l’ai sans aucun doute « mauvaise »…et je ne crois plus en rien…

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