Montceau – Fatima Benyoucef honorée pour une vie de courage et de tendresse

A quelques semaines de son 82e anniversaire, que Fatima Benyoucef célébrera en juillet prochain, la vie lui a offert une reconnaissance à la hauteur de son courage et de son immense dévouement. Vendredi soir, à l’hôtel de ville de Montceau-les-Mines, elle a reçu des mains de madame le maire, Isabelle Louis, la médaille de l’enfance et des familles, une distinction rare et profondément symbolique.

En cette veille de la fête des mères, Fatima Benyoucef est la seule femme honorée cette année en Saône-et-Loire. Une distinction qui vient saluer toute une vie de sacrifices, d’amour et de générosité. « Cette médaille est une reconnaissance de la Nation, au nom de l’État, pour votre dévouement », soulignait avec admiration Isabelle Louis.

Arrivée d’Algérie avec sa fille Zora, aujourd’hui disparue, Fatima Benyoucef s’est d’abord installée à Saint-Julien-sur-Dheune avant de poser définitivement ses valises à Montceau-les-Mines, au Bois du Verne, ce quartier où tout le monde la connaît et l’apprécie. « Même les caissières de l’Intermarché la connaissent », glissait avec tendresse madame le maire, preuve discrète mais sincère de l’affection qu’elle inspire autour d’elle.

La vie ne lui a pourtant pas épargné les épreuves. Veuve à seulement 30 ans, Fatima Benyoucef a élevé seule ses neuf enfants. Neuf vies construites avec dignité, courage et une force silencieuse admirable. « Ils n’ont jamais manqué de rien, même s’il fallait savoir se débrouiller », rappelait-on avec émotion. Derrière ces mots simples se cachent des années de fatigue, de travail, de renoncements parfois, mais surtout un amour inconditionnel de mère.

Aujourd’hui, cette famille immense est le plus beau reflet de son existence : 9 enfants, 19 petits-enfants et déjà 7 arrière-petits-enfants. Une descendance portée par les valeurs qu’elle leur a transmises.

Par la voix émue de Mimouna, ses enfants ont voulu lui dire merci. « Grâce à toi, tu nous as fait grandir. Tu peux être fière de toi, de tout ce que tu as accompli et du chemin que tu as parcouru ».

Dans la salle, l’émotion était palpable. « J’imagine les soirs de fatigue mais je devine aussi la fierté qui vous envahit en cet instant », ajoutait Isabelle Louis.

Et de la fierté, Fatima Benyoucef en avait dans le regard. Il suffisait de la voir brandir sa médaille comme un trophée, avec cette émotion discrète et sincère qui raconte toute une vie. Mais derrière ce sourire, une pensée émue accompagnait forcément ce moment si précieux, celle de Zora, sa fille disparue, dont le souvenir demeure présent auprès d’elle.

 

J.B.

 

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