L’église de Mont-Saint-Vincent a accueilli vendredi 7 août un concert pour le moins original, proposé par Passion Patrimoine, quatre jeunes violoncellistes réunies sur une même scène pour un programme éclectique, allant de Bach à Piazzolla, en passant par Kosma, Bizet ou encore Gardel. Une formation peu commune, qui a rapidement conquis le public.
Pour les quatre musiciennes, Eve Lepeintre, Lilah Génot, Héloïse Krattli et Iris Palma Ackermann, ce rendez-vous avait également une saveur particulière puisqu’il s’agissait de leur tout premier concert ensemble.
Toutes les quatre se retrouvent au conservatoire de Rueil-Malmaison, où elles poursuivent leur perfectionnement et leur préparation aux concours des établissements supérieurs. Elles ont déjà chacune une solide expérience musicale, acquise au fil de leurs études, des masterclasses, de la musique de chambre et de nombreux projets orchestraux.
Eve Lepeintre et Lilah Génot ont toutes deux étudié au conservatoire d’Orléans avant de rejoindre Rueil-Malmaison. Héloïse Krattli, après avoir débuté par le piano, s’est tournée vers le violoncelle et poursuit aujourd’hui sa formation à Rueil-Malmaison, tout en explorant également l’improvisation et le jazz. Quant à Iris Palma Ackermann, elle a commencé le violoncelle à seulement 5 ans à l’école de musique de Montceau-les-Mines, avant de poursuivre au conservatoire de Dijon puis à Rueil-Malmaison.
Une Montcellienne au sein de ce quatuor qui n’a pas manqué de rappeler ses racines. Iris est aujourd’hui particulièrement attachée à la pratique d’ensemble, ayant notamment participé à de nombreux projets orchestraux et formations de musique de chambre.
Former un quatuor, et pourquoi pas !
L’idée paraît finalement toute simple, mais elle est assez rare, voir quatre violoncellistes réunies pour constituer un ensemble à part entière. « Nous jouons dans différents ensembles, alors pourquoi ne pas nous produire à quatre ? », expliquait Iris Palma Ackermann. Et le pari s’est révélé particulièrement réussi.
Dès les premières notes, les quatre jeunes musiciennes ont installé une belle complicité musicale. La première partie s’est ouverte avec les célèbres préludes n° 1, 2, 3 et 4 des suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, avant de poursuivre avec Franchomme, Joseph Kosma et ses Feuilles mortes, puis Anselmo Aieta.
Avec Les Feuilles mortes, chanson rendue célèbre notamment par Yves Montand, le public a immédiatement reconnu un air familier et s’est laissé emporter par cette interprétation à quatre violoncelles.
Mais c’est véritablement dans la seconde partie que les quatre musiciennes ont laissé éclater toute leur personnalité.
Le programme a fait voyager l’auditoire de la Suite Holberg d’Edvard Grieg à Por una cabeza de Carlos Gardel, avant de retrouver Georges Bizet avec la célèbre Habanera de Carmen. L’univers d’Astor Piazzolla, avec La muerte del ángel, a ensuite apporté une couleur nouvelle, plus contemporaine et pleine de contrastes.
Pour terminer, les violoncellistes ont choisi une œuvre de David Popper, la Polonaise de concert, pièce particulièrement exigeante qui a permis de mesurer toute la virtuosité des quatre jeunes interprètes.
Et pourtant, le public n’était visiblement pas décidé à laisser partir les musiciennes si facilement. Devant l’enthousiasme suscité par le concert, elles ont offert un dernier morceau, très éloigné des œuvres classiques du programme, « Moi, je veux mourir sur scène » de Dalida.
Une façon pleine d’énergie et de malice de conclure ce premier rendez-vous.
Jeunes, talentueuses et manifestement très complices, les quatre violoncellistes ont réussi leur entrée en scène. Leur formation originale, leur enthousiasme et la diversité du programme ont séduit le public de Mont-Saint-Vincent.
Et l’aventure ne s’arrête pas là, le quatuor donnera un deuxième concert dimanche 9 août à 18 h à Marigny, avec le même programme.
Une nouvelle occasion de découvrir ces quatre jeunes musiciennes qui démontrent, avec beaucoup de talent, que le violoncelle peut aussi se conjuguer à quatre.
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J.B.
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