Législatives – La chronique de Charles Landre

Charles Landre a été candidat LR aux législatives sur la 3e circonscription de Saône-et-Loire où Rémy Rebeyrotte (majorité présidentielle) a conservé son poste de député.

Les résultats du 2ème tour des élections législatives constituent une défaite pour Emmanuel Macron, et, en l’état, une victoire politique pour personne. Ils aboutissent même à une situation de blocage, conséquence à la fois du choix d’Emmanuel Macron et des ses candidats, de Jean-Luc Mélenchon et dans une moindre mesure Marine Le Pen d’esquiver l’élection en ne proposant comme projet que le soutien à leur personne.

 

Plus grave, c’est ce qui devrait emporter tout le reste, les 54% d’abstention, plaie béante dans la démocratie de ce pays. Beaucoup ne voudront pas le voir mais le grand défi démocratique est de repartir, dans toutes les communes de France, auprès de ceux qui ne votent plus parce que le vote ne traduit plus pour eux la promesse d’un projet. Ils sont, définitivement, majoritaires dans le pays.

 

Personne ne peut se prévaloir, dans ces conditions, d’une victoire et il est urgent de rompre définitivement avec des modes d’action et de communication politiques qui ne convainquent manifestement plus personne.

 

Nourrie par l’abstention, condamnée à n’être qu’une déclinaison d’un scrutin proportionnel, l’élection s’est en effet jouée partout en France entre un député sortant ou maire d’une grande ville face à, selon la sociologie électorale, le représentant d’un des trois grands blocs du moment.

 

Sur la 3ème circonscription de Saône-et-Loire, comme prévu, la réélection du député sortant LREM n’a été rendue possible que par la présence d’un candidat RN au deuxième tour. Son score, dans ce contexte, est d’ailleurs particulièrement faible malgré le soutien de la majeure partie des élus socialistes locaux et d’une partie de la droite macroniste. Sa réélection annonce la poursuite du vieux système des apparatchiks socialistes qui sclérose le territoire et que je continuerai à combattre de toutes mes forces. Partout ailleurs les sortants sont aussi réélus, ainsi que le successeur du député de la 5ème circonscription pourtant totalement parachuté, lui, sur la seule base d’un vote rejet de la NUPES.

 

Les élections législatives dévoyées car devenues un référendum pour ou contre le président de la République n’ont pas intéressé les français comme elles auraient dû.

 

Le résultat de dimanche constitue paradoxalement une démonstration éclatante des dangers de la proportionnelle dont on a, cette année copié tous les codes. Ce mode de scrutin promu par tous ceux qui défendent d’abord une appartenance partisane et les jeux d’appareils politiques, rompt avec l’idée que la Nation est représentée dans sa diversité par des représentants élus sur un territoire et engagés à porter la parole du peuple. Surtout, elle conduit inévitablement, comme en Italie et en Espagne, à ce qu’aucune majorité claire ne se dégage, à l’immobilisme et au pire spectacle politique.

 

Voici donc le pays devenu temporairement ingouvernable. Alors que les crises sociales se multiplient depuis 2005, l’Assemblée nationale dominée par un parti présidentiel sans alliés va être condamnée au blocage.

 

Le président de la République aura 3 choix. L’immobilisme, ce qui est possible tant le bilan du précédent quinquennat est maigre. Débaucher dans d’autres groupes des majorités d’intérêt au risque de compromis longs et inefficaces. Dissoudre l’Assemblée nationale pour organiser de nouvelles élections.

 

Quoi qu’il en soit il est à peu près évident que les grands oubliés de la prochaine Assemblée nationale seront les ruraux, les jeunes et ceux qui travaillent dur et gagnent peu, singulièrement dans les territoires qui souffrent. Ceux-là même qui voient déjà leur voix peu défendue dans les débats à venir. Ils n’ont presque pas de représentants à l’Assemblée nationale.

 

Avec plus de 70 % d’abstention chez les moins de 34 ans et des élections législatives qui ont montré que la majeure partie de ceux qui travaillent ne se déplacent plus pour voter, il y a urgence, dans un pays où les fractures sociales, territoriales, économiques, culturelles sont immenses, à réinstaller de l’engagement politique avec tous, y compris ceux qui n’y croient plus.

 

Face à des électeurs déboussolés, la droite doit se positionner clairement dans le débat public pour défendre la rémunération du travail, l’ordre et la justice, la santé et l’éducation pour tous, mais aussi la défense des libertés, le retour à une France souveraine en Europe et face au Monde, l’entrepreneuriat et la responsabilité individuelle. Elle doit, surtout, porter un discours d’ambition pour le pays et porter une vision loin des petits calculs d’apothicaires auxquels beaucoup seront tentés ces prochains mois. Elle devra enfin, cela nous concerne, se battre vraiment pour la résorption de la fracture territoriale.

 

La droite doit se reconstruire mais le message des Français est aussi clair : la politique Française doit proposer à nouveau un projet clair pour la Nation.

 

Bâtissons-le, recréons du débat, montrons nous dignes de notre grand pays.

 

Car plus que les résultats électoraux, c’est la participation de tous les français à l’exercice démocratique qui est essentielle. Je m’engage dès à présent à cette tâche dans nos communes de Saône-et-Loire et j’espère que nous serons nombreux à le faire. Elle est prioritaire.

 

Charles Landre

 

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