Le sombre héros de l’amer sombre loin des océans dociles

Libéré en 2007 de la prison de Muret (près de Toulouse), Bertrand Cantat a purgé plus de la moitié de sa peine après avoir été condamné à huit ans de prison pour coups mortels sur sa compagne, la comédienne Marie Trintignant, tuée en 2003 à Vilnius, en Lituanie. Mais depuis sa libération, le sujet Cantat continue d’interroger.
Depuis 2007, Bertrand Cantat revient progressivement à des projets artistiques. A chaque album, chaque concert, chaque prise de position, le débat ressurgit dans les mêmes termes : peut-il continuer à avoir une vie publique, a fortiori si elle est politiquement engagée par ses textes, a-t-il le « droit » de vivre la vie qu’il avait avant la mort de Marie Trintignant ?

Pour ses actes, Bertrand Cantat a été jugé, condamné, incarcéré. Il a ensuite été libéré, peine purgée. Chacun a le droit de s’en étonner, de s’en offusquer ou de juste respecter une décision de justice qui offre à un homme une rédemption.
Début Mars, le magazine Les Inrockuptibles a provoqué un tollé en consacrant la une de son dernier numéro à l’ancien leader de Noir Désir. Ce n’est pas seulement la « une » qui a fait réagir mais aussi le contenu de l’article, accusé d’être complaisant envers Cantat, qui y évoque longuement sa reconstruction à travers la musique.

La société est-elle vindicative?

Tout le monde médiatique s’est emparé de l’affaire et y va de son commentaire, même Brigitte Bardot c’est dire…
Dernièrement, c’est le public de Cantat qui a été pris a parti, accueilli par des crachats et des insultes à Grenoble par un collectif d’opposants brandissant des pancartes « Cantat assassin ».
Peut-être ces « justiciers » se sentent-ils encouragés par le merveilleux climat ambiant….
Difficile de se faire un avis dans ces dialogues de sourds trop souvent aveuglées par la haine.
Bien heureusement, la France est un état de droit et libre à chacune et chacun d’aller ou pas écouter Cantat.
Mais libre à tous de sortir de ces feuilletons médiatiques nauséabonds qui dans leurs dédales nous ramènent au Moyen Age redécouvrir l’âcre fumet de la viande grillé des bûchers.
Le tribunal populaire l’a décidé, cet homme se déplacera dorénavant en cage.
Apres tout,
« Qu’on crève d’une absence ou qu’on crève un abcès
C’est toujours le poison qui coule »…

Parole d’Andouille

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