La bataille de Galuzot – « Montceau est libre »

Au cours de la commémoration du 75e anniversaire de la libération de Montceau-les-Mines ce vendredi 6 septembre 2019 au monument aux morts place de l’église, quatre enfants de CM2 ont, tour à tour, retracé la bataille de Galuzot, d’après un texte de Jacques Morlet, président de l’amicale gaulliste de Saône-et-Loire.

En septembre 1944, les Allemands sont en pleine déroute.

Tout autour de MONTCEAU LES MINES, les Maquisards sont passés à l’action, bien avant l’arrivée des alliés.

Dès 1943, MONTCEAU LES MINES devient un centre très actif de sabotage et de renseignement s’affirmant comme la capitale résistante de la Région que les Allemands nommeront « Le Centre Noir« .

Le trafic ferroviaire est complètement paralysé par des sabotages sur la ligne de PARAY LE MONIAL à CHAGNY.

Le 5 septembre, l’effervescence atteint son paroxysme dans tout le bassin minier.

Les estafettes se succèdent, les coups de téléphone se multiplient.

Les Allemands se préparent à partir, mais vont tenter de franchir, de nuit, la passe de PARIZENOT.

Les deux compagnies de la Verrière commandées par le Capitaine Lucien, sont rappelées de SENNECEY LE GRAND, et sont dirigées, l’une sur le Château du Plessis, l’autre sur SAINT ROMAIN SOUS GOURDON.

La compagnie de LA GUICHE du Lieutenant TISO est postée en embuscade aux carrières de PARIZENOT.

La deuxième compagnie de CHAUFFAILLES du Capitaine JEANNERET est installée à MARIGNY.

La première compagnie de CHAUFFAILLES du Capitaine SPADA est envoyée de nuit à POUILLOUX, avec mission d’interdire l’entrée de MONTCEAU LES MINES.

Malheureusement, l’ennemi fort de 4 000 hommes et soutenu par plusieurs chars, profite de la nuit pour s’enfuir et, durant trois heures, défile en rangs serrés devant la compagnie de la GUICHE qui ne peut intervenir face à un tel déploiement de force.

Le 6 septembre au matin, MONTCEAU et BLANZY ne comptent plus aucun Allemand.

Le Capitaine DUBOIS, alias Capitaine MARRAIN, ancien de la coloniale qui n’a pas hésité malgré son âge à entrer dans la résistance, se poste avec sa deuxième compagnie de la Verrerie, à BELLEVUE, dominant MONTCEAU…

Le Capitaine MERCIER, alias BENOY, entre, lui, à MONTCEAU avec sa compagnie composée des groupes André et Antoine, et d’une partie de la compagnie Fred, et défile dans les rues pavoisées.

Ils y reçoivent un accueil délirant.

A son tour, le Capitaine SPADA, dès le matin, quitte POUILLOUX et entre à MONTCEAU. Mais il doit presque aussitôt regagner son poste de surveillance à l’entrée de la ville.

Et il était grand temps car une voiture légère et une camionnette ennemies se présentent sur la route du canal.

Immédiatement prises à partie par les résistants, les Allemands parviennent à se réfugier dans les bois de l’hôpital de GALUZOT.

C’est à ce moment que le Lieutenant TRANSEY (alias EDOUARD) prend position à la SAULE qui domine la voie ferrée, la route et le canal à l’entrée de MONTCEAU.

Le matin, un de ses groupes de sabotage avait coupé la voie ferrée selon le plan prévu afin d’éviter toute surprise.

C’est là qu’un train allemand est signalé sur l’axe ferroviaire PARAY – MONTCEAU, franchissant le pont de GALUZOT, et s’arrêtant devant la coupure de voie.

A la descente du train, les Allemands sont pris à partie par un feu nourri de fusils-mitrailleurs des résistants, installés le long de la voie et sur les hauteurs.

Le train est assailli. L’affrontement a lieu avec la participation des deux sticks S.A.S. (Special Air Service) les lieutenants SAS Jean-François PORROT et ROUAN et leurs hommes, parmi lesquels Louis Boério.

L’encerclement s’organise, un PC avancé avec le Capitaine GRIVEAU alias Capitaine FRANCOIS, est installé en plein centre du dispositif, tandis que le Capitaine MERCIER et son dispositif s’installent à l’Hôtel de la Bourgogne, place de la Gare.

Le Capitaine DUBOIS arrive en renfort et prend position tout au long du train.

Mais un convoi automobile est alors signalé sur la route de CIRY LE NOBLE, laissant craindre un instant que les positions résistantes seront détruites.

Un second train allemand convoyant des soldats ainsi que des véhicules et matériels lourds, arrive et doit stopper derrière le premier.

Le Lieutenant Jean-François PORROT et le Lieutenant ROUAN étant parvenus, sans se faire remarquer, par une manœuvre habile, à quelques mètres de l’ennemi, tentent de négocier avec un médecin militaire allemand, la reddition de l’ennemi.

La bataille fait rage et c’est alors qu’une locomotive est envoyée à toute vapeur depuis la gare de MONTCEAU.

Elle franchit aisément la coupure de voies et vient se fracasser contre le train allemand !

Les Allemands sont pris au piège. A chaque fois qu’ils tentent de se dégager en remontant le talus de la voie en grappes successives, ils subiront le feu nourri et précis des armes automatiques des Maquisards.

Depuis près de trois heures de combats, les Allemands sont fous de rage de se sentir ainsi pris au piège, ne parvenant même plus à régler leurs tirs de mortiers.

L’affolement de l’ennemi atteint son plus haut degré et certains d’entre eux se mettent à crier : « Kamerad« .

Le Lieutenant Jean-François PORROT, avec un courage extraordinaire, se lève et intime à l’ennemi l’ordre de cesser le combat.

Ayant pris soin de faire venir des prisonniers allemands pour négocier, il parlemente avec l’officier commandant le détachement et l’ennemi accepte de se rendre, déposant ses armes et se constituant prisonnier.

Après avoir réuni les derniers Allemands et rattrapé les fuyards, les prisonniers seront conduits à l’ancien vélodrome de la rue Marcel Sembat avant d’être placés en détention.

Cette bataille devenue célèbre permettra à Montceau de recevoir la médaille de la Résistance le 24 avril 1946.

En tous cas, ce 6 septembre 1944, MONTCEAU LES MINES est libre !

Un commentaire

  1. Bonjour,
    Quelques erreurs se sont glissées dans les noms de famille et pseudonymes:
    Lieutenant TINO et pas TISO (de son vrai nom Raymond Didier)
    Capitaine MARSOUIN pas MARRAIN (Albert Dubois)… « se poste avec sa deuxième compagnie de la Verrière » pas Verrerie (2ème compagnie du Maquis de la Grande Verrière).
    Lieutenant TRONCY pas TRANSEY (Henri Troncy)
    Merci
    Cordialement
    Jeremy Beurier

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