Génelard – L’école élémentaire baptisée Jeannette Guyot, une grande résistante

Soixante-quinze ans après, Génelard n’a pas oublié ce 22 août 1944, jour de la libération de la commune. Le maire, Jean-François Jaunet, a souhaité donner à cette commémoration un relief tout particulier.

Qui a connu ou se souvient de Jeannette Guyot ? Elle a été pendant la guerre une grande résistante. « Elle a écrit la petite histoire pour en faire la grande histoire de notre pays sans chercher la lumière » rappelait Eric Boncourt, sous-préfet d’Autun.

Désormais, l’école élémentaire de Génelard porte le nom Jeannette Guyot. Le maire, en présence d’une des filles et des petits-enfants de cette grande résistante, a retracé le parcours, disons-le hallucinant de cette femme dont l’unique but a été de servir son pays. « Elle a atteint des sommets dans le renseignement et l’action au profit de la France libre ».

Jeannette Guyot est née le 26 février 1919 à Chalon-sur-Saône. En août 1941, elle est membre du réseau Amarante, elle s’occupe de faire passer des agents en zone sud, administrée par le régime de Vichy. Puis devient agent de liaison avant d’être arrêtée et emprisonnée pendant trois mois à Chalon-sur-Saône. Elle reste muette et est relâchée et reprend du service au sein du réseau du colonel Rémy.

Témoin du massacre à Oradour-sur-Glane

En novembre 1942, elle est exfiltrée en Angleterre. Elle prend le pseudonyme de Jeannette Gauthier. En février 44, promue lieutenant, est elle parachutée près de Loches. Avec trois hommes, elle est doit collecter le maximum d’informations pour préparer le débarquement en Normandie. Londres reçoit des renseignements de la plus haute importance.

Jeannette Guyot va partout. Le 10 juin 44, elle est à Oradour-sur-Glane. Face aux Allemands elle se cache dans un fossé et assiste impuissante au massacre par le feu de la totalité des habitants. Entre temps, ses parents sont déportés en Allemagne. Son père meurt d’un crise cardiaque peu après la libération du camp de Buchenwald.

En mai 1945, Jeannette retourne dans la maison familiale de Sevrey auprès de sa mère. Elle épouse Marcel Gaucher, aussi un agent Sussex. Ils auront deux filles et un garçons.

Elle meurt à 97 ans, oubliée

Ont les retrouve au Creusot puis à Génelard avant de quitter la Bourgogne pour le midi où décède le mari de Jeannette. Alors elle revient  près de sa fille cadette à la Roche-Millay et achète une maison à Luzy et termine sa vie chez sa fille aînée à Perrecy-les-Forges. Elle meurt oubliée le 10 avril 2016 à l’âge de 97 ans.

« Ce sont ces valeurs que Jeannette Guyot a incarnées toute sa vie que l’on veut voir transmettre et, quel symbole plus important que celui de l’école pour cette transmission » a souligné Jean-François Jaunet aux côtés de la famille de Jeannette, Amandine (Génelard), Pascal et Emmanuel (Saint-Aubin-en-Charollais), Leatitia (Saint-Vallier), Brigitte et Hubert (Monthelon près d’Autun).

La commémoration s’est poursuivie avec un hommage aux Génelardais morts à la libération de leur commune (Guidollet, Moratille, Mulot, Giroux, Panquin et Perrachon). Un hommage tout particulier a été rendu à Marcel Large, dernier combattant de la bataille de Génelard du 22 août 1944 qui s’est éteint à l’âge de 95 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 20 août dernier à Pouilloux.

Jean Bernard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *