Elève infirmière, Angélique Lorin n’a pas froid aux yeux

On pourrait la surnommée Angélique marquise de Sonobata, un village congolais où l’étudiante infirmière de Montceau a séjourné et prodigué des soins. La légèreté d’un être qui aime donner aux autres.

Un brin d’insouciance, un zest de légèreté et un culot monstre. Angélique Lorin ne demande à personne son avis quand il s’agit de prendre une décision et, de surcroît, se rendre en République démocratique du Congo, l’un des lieux les plus exposés à l’insécurité actuellement.

Non seulement elle y est allée pendant quinze jours en « mission » humanitaire mais elle y retournera cette année. L’étudiante de 21 ans en troisième année à l’institut de formation en soins infirmiers à Montceau-Blanzy n’a pas froid aux yeux. Dans le cadre de son stage, elle souhaitait se rendre en Afrique, justement en RDC, histoire de rompre la routine, sauf que l’institut n’a pas cautionné son désir. Trop dangereux. La RDC est en zone rouge.

Une fois arrivée dans le village de Sonobata, Angélique Lorin a laissé sa peur de côté mais surtout mesuré combien la misère dépassait l’entendement et a mis tout sa « science » au service de la population dont l’espérance de vie ne dépasse pas 60 ans.

Jamais auparavant la jeune étudiante de Sully (à côté d’Autun) n’avait mis les pieds en Afrique. Et puis, un jour, la rencontre, celle avec le père Paul Kituko qui depuis huit ans vient pendant les deux mois d’été à Bligny-sur-Ouche (21) pour remplacer le prêtre. « Je lui ai expliqué que voulais faire de l’humanitaire » dit-elle. Le message est passé et c’est à l’invitation d’un évêque congolais que « j’ai pu me rendre en RDC, sans quoi ce n’était pas possible ».

Après une nuit dans la capitale Kinshasa dans une famille très religieuse qui lui confectionne tout spécialement une robe pour le jour de Pâques, Angélique, après trois heures de piste, découvre Sonobata, ce village de 5000 âmes où le père Paul Kituko est gérant du centre de santé.

Une infirmière française, blanche, qui arrive avec des médicaments, des vêtements, des crayons dans un village congolais, est reçue « comme une reine » se souvient-elle. « Ils venaient pour se faire soigner par une blanche ». A la messe, Angélique est acclamée, à l’école on chante pour elle.

Oui mais, le premier soir, sous un orage, « j’ai horreur de l’orage _ l’orage oui, du danger non _ , j’ai dû manger des chenilles grillées ». Elle n’a pas aimé. « En quinze jours j’ai perdu quatre kilos ». Pas de fast food à l’horizon.

Chaque jour, elle traite le paludisme, la fièvre jaune, la typhoïde. « J’ai même fait l’accouchement d’un maman qui a fait trois heures de marche dans la brousse. C’est mon plus beau souvenir, surtout que le bébé s’appelle Angélique ». Notre étudiante lui offre le vaccin du BCG et la déclaration de l’enfant. « C’est payant là-bas (3000 francs congolais ou franc CFA – 1000 CFA = 1.50€) ». L’accouchement, c’est 30 000 francs congolais. Personne n’a les moyens, alors « ils vous donnent ce qu’ils ont, de la nourriture ou une jupe ».

« Aujourd’hui, même si on m’offrait un CDI en France, je dis non, j’ai envie de bouger, de faire de l’humanitaire » explique Angélique Lorin, marquise de Sonobata. Après son diplôme, elle repartira en septembre, toujours en RDC, « pour un ou deux mois ». Elle pourra alors, de ses yeux, se rendre compte combien le loto organisé dimanche dernier à Saint-Vallier, a permis d’acheminer du matériel médical jusqu’à Sonobata.

Jean Bernard

 

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