Découverte – Ils ont fait la queue pour La chose

Saint-Jean-de-Trézy, petite commune située à une grappe de raisin de la côte chalonnaise et à deux bouteilles des grands crus bourguignons, abrite un lieu où se dégage un bouquet qui peut rapidement vous monter à la tête et s’emparer de votre esprit.

Une grange, vieille bâtisse du temps jadis, est aujourd’hui un théâtre de poche où l’association Petit théâtre du bât de l’âne, a élu domicile depuis trois ans.

Un théâtre minuscule, une scène qui tend les bras aux spectateurs et une atmosphère confidentielle comme dans une chambre où s’ébat un couple. Une parfaite transition avec la pièce interprétée ce dimanche en fin d’après-midi devant une galerie venue découvrir « La chose » par la compagnie L’écoutoir de Joncy.

La chose, quelle chose ? La bagatelle, le sexe, la baise, ceux qui font la chose, d’après des textes et chansons érotiques : Louis Calaferte et sa mécanique des femmes, la dictée érotique quand l’orthographe devient un plaisir. Essayez : « Je m’appliquai à baiser et à suçoter ses mamelons rose tendre, tout en pénétrant son entrecuisse empressé « .  Ou encore Annie Le Brun, une spécialiste de Sade. Une façon de bien maîtriser la langue.

C’est joué avec délicatesse comme seules les femmes savent donner le coup de rein pour donner le rythme. En douceur, avec frénésie et une montée de sève toute émoustillée par tant de hardiesse.

Ni vulgaire et sans vulgarité. La chose, « c’est l’occasion d’entendre des textes sur un sujet fondamental » assure Marie, l’une des comédiennes.

L’érotisme, tout le monde a ce mot à la bouche mais répugne en parler. Le beau sexe reste intimiste et fait froid dans le dos quand il s’agit de proposer La chose aux programmateurs de salle de spectacle. « Ils ont un peu peur, ce n’est pas pour tout public » explique la comédienne.

N’ayez pas peur. Ainsi disait Annie Le Brun à propos de la liberté et l’amour: « Il me paraît grave que tout se passe aujourd’hui comme si l’idée de l’amour tendait à disparaître de l’horizon. Car, avec elle, c’est la plus exacte mesure de notre liberté encore inconnue que nous sommes en train de perdre ».

Prenez La chose en main.

Jean Bernard

http://www.theatre-batdelane.fr

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