Coronavirus – Les masques de la liberté à Montceau

Le Trait d’Union à Montceau-les-Mines porte bien son nom. Ici, depuis le début de la semaine, l’esprit solidarité fonctionne à plein régime au son des machines à coudre et de la vapeur qui s’échappe des fers à repasser. On se croirait revenu aux années où Montceau rayonnait, où le textile plaçait la cité minière dans un écrin de lumière.

Aujourd’hui c’est donc un Trait de solidarité qui redonne à ceux qui le vivent ce sentiment d’être utile en cette période de pandémie du coronavirus.

« C’est un atelier clandestin » s’amusent à dire ces « petites mains » qui, toutes la journée, confectionnent des masques de deuxième ligne destinés à la population montcellienne. Car faute de masques chirurgicaux ou FFP2, les municipalités misent sur la fabrication.

A Montceau-les-Mines, madame le maire, Marie-Claude Jarrot a lancé l’initiative, Guy Souvigny adjoint à l’économie et ancien du textile, trouvé le tissu et Fabrice Lanicos, le patron du Trait d’Union, fait office de chef d’atelierau milieu des treize bénévoles.

Ma petite entreprise
Connaît pas la crise

C’est le cas de le dire car des masques, il faudra en produire 10 000 qui s’ajouteront aux 10 500 commandés aux Tisseurs de Charlieu par la municipalité. Ainsi, chacun montcellien, au lendemain du 11 mai, date du déconfinement progressif, aura son masque. En fonction des disponibilités.

Une autre façon de vivre le confinement 

Aujourd’hui, ils sont treize dans l’atelier de confection du Trait d’Union,principalement des femmes, des hommes aussi à travailler à la chaîne. Il faut préparer les élastiques puis surpiquer, repasser les plis, coudre les élastiques et, enfin terminer le boulot, que les deux bouts de tissu, « du coton 130 grammes, de la popeline » précise une couturière, ressemble à un masque digne de ce nom.

Et ce sont des souvenirs qui remontent. « Les plis, c’est un vrai jeu de patience. Mais quand j’étais jeune, on apprenait à faire des baigneuses (les plis). Vous voyez, jamais rien est perdu. Ce qu’on apprend, ça sert toujours » rappelle une bénévole.

Mais au-delà de participer à l’effort de la nation _ c’est la formule consacrée _ les petites mains apprécient surtout cette « récréation », ce temps de pause dans le confinement. « C’est agréable d’être-là, ça me change des enfants » annonce cette dame derrière sa machine à coudre. Une liberté presque retrouvée.

« Que ça fait du bien de revoir un bout de vie sociale » ajoute une autre.

Ici, pas de pointeuse mais des horaires, 9h30  – 12h et 13h30  – 17h. La première journée de production a permis de réaliser une centaine de masques. « Il en faudrait davantage chaque jour, nous avons l’espace pour accueillir davantage de bénévoles » indique Fabrice Lanicos. Pour bien faire, il faudrait doubler la production/jour.

D’autres bénévoles préfèrent travailler chez eux. Des femmes, toujours, qui viennent récupérer la matière première. « Je fais à mon rythme, quand je veux. Avant, j’étais professeure de musique, vous voyez, rien à voir » explique Claude.

Deux couturières professionnelles apportent également leur contribution, l’atelier Armande Couture prête son local et des entreprises locales ont participé à la réalisation des prototypes des masques. Une affaire qui tourne.

Jean Bernard

 



Pour participer à cette chaîne de solidarité, deux solutions s’offrent à vous :

– A domicile si vous êtes équipé d’une machine à coudre. La ville de Montceau propose de vous livrer les matières premières.

– Au centre social « Le Trait d’Union ».

Dans les deux cas vous pouvez contacter Fabrice Lanicos au 06.72.91.35.97

2 commentaires :

  1. Prenez soin de vous

  2. Restez chez vous.

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