Concours national de la Résistance et de la Déportation – La mémoire qui éclaire l’avenir

Pauline Perrin (Lycée Léon Blum au Creusot), lauréate du prix (devoir individuel), le 3e prix revient à Shushan Hovhannisyan, du lycée Henri Parriat de Montceau-les-Mines, établissement primé également en travaux collectif (2e prix).

La cérémonie de remise des prix départementaux du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) s’est déroulée au C2 à Torcy _ salle climatisée _ devant de nombreux élèves, enseignants, familles et représentants des associations mémorielles. Cette édition 2026 portait sur un sujet particulièrement fort, La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948).

Les travaux des collégiens et lycéens ont mis en lumière cette période charnière de l’histoire, marquée par la libération des camps, le retour des survivants, le devoir de témoignage et les premiers grands procès internationaux. Un thème qui invitait les participants à réfléchir aux notions de mémoire, de responsabilité et de justice.

Dans son intervention, Marie-Claude Jarrot, co-président du concours,  a rappelé que le CNRD n’est « pas un concours comme les autres ». Créé en 1961, il constitue depuis plus de soixante-cinq ans un rendez-vous majeur de transmission entre l’Histoire, la mémoire et la citoyenneté. Elle a souligné que la mémoire ne se limite pas au passé mais qu’elle est avant tout tournée vers l’avenir.

Revenant sur les trois mots clés du thème de cette année _ survivre, témoigner et juger _ elle a rappelé la force des survivants qui ont trouvé le courage de reconstruire leur vie après l’horreur, l’importance du témoignage pour transmettre la vérité aux générations futures et la nécessité de la justice comme réponse de la civilisation à la barbarie.

Pour Marie-Claude Jarrot, ce travail de mémoire résonne pleinement avec les défis contemporains. Dans un monde marqué par les conflits, les replis identitaires, les théories complotistes et la résurgence de l’antisémitisme et du racisme, l’Histoire demeure un outil essentiel pour comprendre, réfléchir et rester vigilant. « Rien n’est jamais totalement acquis : ni la paix, ni la démocratie, ni la liberté », a-t-elle rappelé.

S’adressant directement aux élèves, elle a salué un travail qui dépasse largement le cadre scolaire. Recherches, analyses de documents, rencontres avec des témoignages, autant d’étapes qui constituent selon elle un véritable acte citoyen et un engagement en faveur de la mémoire. Elle a également insisté sur le rôle des jeunes comme futurs « passeurs de mémoire », alors que disparaissent progressivement les derniers témoins directs de la Résistance et de la Déportation.

La mémoire, a-t-elle expliqué, n’est pas un héritage passif mais un flambeau que chaque génération choisit de porter. Elle a invité les lauréats à faire vivre les valeurs transmises par les résistants et les déportés : la liberté de penser, la lucidité face aux informations et aux préjugés, la fraternité et l’engagement citoyen.

Plus de 300 élèves étaient inscrits cette année et 282 ont effectivement participé. Au total, 32 copies individuelles et 18 travaux collectifs ont été évalués. Le jury a souligné l’excellent niveau des productions présentées dans le département, qui a obtenu huit distinctions sur douze au niveau académique. Remarquable.

L’engagement des élèves, la qualité de leurs réalisations et leur volonté de transmettre ont été salués successivement par Dominique Jouanne, maire de Torcy, Michel Genet, co-président du concours, Nadège Cantier, conseillère départementale, Paulette Matray, sénatrice, ainsi que Dominique Dufour, préfet de Saône-et-Loire. Tous ont tenu à associer à cette réussite les enseignants et les familles, dont le soutien demeure essentiel dans le parcours citoyen des jeunes.

« C’est un sujet chargé de sens, qui n’est ni classé ni archivé », a notamment souligné le préfet Dominique Dufour. Évoquant les gestes de résistance accomplis dans les camps, parfois aussi simples qu’écrire quelques mots sur un mur ou préserver son identité, il a rappelé que « se souvenir, c’est résister ». Il a également insisté sur la portée des témoignages des survivants et sur l’importance des grands procès, de Nuremberg à celui de Klaus Barbie, qui ont permis de faire entendre une parole longtemps étouffée.

Parmi les lauréats, la cérémonie a notamment mis à l’honneur Pauline Perrin, élève de Première générale au lycée Léon-Blum du Creusot. Déjà récompensée lors des deux précédentes éditions du concours, elle a reçu cette année le premier prix départemental. Elle s’est également vu remettre le Prix Bleuet de France, venant couronner un parcours remarquable de fidélité au travail de mémoire.

En conclusion, Marie-Claude Jarrot a résumé l’esprit de cette journée en invitant les jeunes à poursuivre cette mission de transmission, « Les résistants nous ont transmis la liberté. Les déportés nous ont transmis la mémoire. A vous désormais de transmettre l’espérance ».

J.B.

Le palmarès départemental du concours national de la Résistance et de la Déportation 2026

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