Ciry-le-Noble – Briqueterie : Sébastien Proust, l’étrange légèreté de l’être

Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là?
Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga
Il a une drôle de tête ce type-là  (Pierre Vassilu)

L’univers de Sébastien Proust ne se décrit pas. « Il n’est pas question d’aimer ou ne pas aimer, c’est beau ou pas beau, c’est de la curiosité » annonce en préambule Claudie Roger, historienne d’art devant les réalisations de Sébastien Proust au public venu l’écouter.

Sébastien Proust, un nom qui sonne bien pour un artiste. Sa peinture, elle, ne se retrouve pour ainsi dire nulle part ailleurs. Elle vient d’ailleurs, « de ce regard qui scrute un ailleurs », souligne Germaine Foucherot. Jamais il ne vient à ses expositions. Il est loin Sébastien, dans une dimension à sa dimension où lui seul sait comment s’y rendre, jamais par le même chemin sans être certain de revenir.

Il est né en région parisienne, a connu un dégât de la vie, une rupture brutale. Sans doute est-il né peintre, « toute la famille peint » précise Lydie sa maman, mais ne le sait-il pas encore.

Rupture brutale, art brut, Sébastien Proust souligne les traits de ses portraits avec brutalité. Le geste d’un « auteur marginal extérieur à la sphère bien établie » poursuit Claudie Roger dans sa définition de l’artiste. « L’art brut, ce n’est pas un mouvement, c’est une préoccupation commune à des intellectuels ».

Déjà à Génelard en avril dernier, les portraits de Sébastien Proust ont suscité la curiosité. Aujourd’hui à la Briqueterie à Ciry-le-Noble jusqu’au 21 juillet, ils interpellent.

Il n’est pas ce qu’il est et ne peint pas ce qu’il fait. Quand en 2010, il obtient le prix du buste, il n’a jamais sculpté. Il garde deux exemplaires sur les trois et les donne dans le métro. Pourquoi s’encombrer d’une forte tête de bronze…

Sa peinture est reconnue, il est soutenu par l’association EgArt et a exposé en des lieux d’envergure nationale voire internationale. Chez lui, désormais à Paray-le-Monial, Sébastien Proust poursuit son cheminement vers son ailleurs. Les couleurs sont ces jours et ses nuits et il attache une grande importance aux titres de ses tableaux. Un mot « Le voyou » ou encore « Le petiot » a un sens, le sien qu’il applique de sa main.

C’est un pas comme nous en référence à la compagnie Golmus et sa création théâtrale « Les pas comme nous » que le public découvrira le 15 septembre aux Ateliers du jour à Montceau. « Nous exposerons « des tableaux de Sébastien Proust à la médiathèque » précise Germaine Foucherot.

Proust – Golmus, une association pas comme les autres.

Jean Bernard

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