Catastrophe au puits Plichon – Casimir Kielbasa, son papa se trouvait au fond de la mine

« Mon père me disait, tu n’iras pas à la mine ». Et pour cause, la mine est dangereuse, elle tue même. Casimir Kielbasa, président du Caméra club montcellien avait 10 ans ce jeudi 16 janvier 1958. Ce jour-là, son papa est du poste du matin au puits Plichon quand survient la catastrophe. Se trouvait-il dans la galerie où s’est produit de coup de poussier » se souvient-il.

Son histoire quand il était gamin, il l’a racontée devant la caméra et la séquence enregistrée viendra alimenter le film sur Les Gueules Noires.

Casimir Kielbasa n’a rien oublié de cette terrible journée. Dans sa voix, l’émotion est encore vivace. Les images sont imprimées dans son esprit à jamais. Avec des camarades, il est au catéchisme au Bois du Verne avec l’abbé Viot quand monsieur Lautrey qui logeait près de la cure et aidait les curés de la paroisse, vient parler à l’oreille de l’abbé.

« Alors le père Viot nous dit : les enfants, le catéchisme est terminé pour ce matin, rentrez directement chez vous ». Les enfants ne se font pas prier et déguerpissent aussitôt. Mais en arrivant rue de la Chapelle, « nous avons été surpris de voir tant de monde dans les rues, surtout des femmes » se souvient celui qui habitait alors rue de l’Archevault, juste derrière la chapelle qui aujourd’hui a été détruite.

Il approche de chez lui et voit sa maman discuter avec ses voisines. Il tend l’oreille et perçoit quelques bribes de conversation et retient : Plichon, morts, blessés. Et d’un coup, il percute : « Mais Plichon, c’est là que travaille papa ! »

L’enfant qu’il est comprend très vite qu’il venait de sa passer quelque chose de très grave aux puits Plichon. « Maman dit à mes soeurs et moi, papa n’est pas encore rentré ». C’est le choc. « Mes soeurs et moi, du haut de nos 12, 10 et 8 ans, venions de comprendre ».

Trois silhouettes se détachent,

trois mineurs sont de retour

Parfois, Casimir allait sur le carreau de la mine et revenait avec son papa. Cette fois-ci, « maman me l’a interdit ».

Alors il boude et va rejoindre ses copains. Ils sont assis les pieds dans le caniveau. Ils attendent les yeux rivés vers le bas de la côte parce que c’est par-là que les mineurs de la rue revenaient de leur poste.

Ce jeudi 16 janvier 1958, le ciel est gris comme un funeste présage. Tout à coup, débouchant de la rue Milan, trois silhouettes d’hommes, musette sur l’épaule, apparaissent. Les enfants bondissent et courent les rejoindre. Casimir retrouve son papa, lui prend la main. « Je n’ai jamais été aussi heureux à ce moment-là ».

Le lendemain, il apprendra le drame qui s’est noué au fond de la mine, que des mineurs furent brûlés. En classe, « à côté de moi, la place était vide. Mon ami Rault dont je me souviens plus de son prénom était absent ». Son papa faisait partie des mineurs blessés. Il est décédé de ses blessures. La catastrophe a fait vingt morts.

Casimir Kielbasa reprend son souffle avant d’évoquer les funérailles. « Je suis allé avec des copains sur la place de l’église et j’ai vu ces corbillards noirs ornés de ruban et ces hommes en habit de mineur ».

50 ans plus tard, il a voulu rendre hommage à ces hommes avec la chorale Flora Musea dont il fait partie. « J’ai créé cet événement que j’ai nommé : J’avais 10 ans ».

Casimir Kielbasa n’est jamais descendu au fond de la mine. ‘D’ailleurs je n’avais pas l’intention d’être mineur ». Avec son CAP de chaudronnier, il a quand même travaillé en surface au puits des Alouettes jusqu’en 1972 avant de choisir la voie de l’enseignement.

Jean Bernard

3 commentaires :

  1. Merci à Kazimierz pour cet Hommage aux gueules noires et leurs tragédies, merci au Ciné-caméra-club Montcellien avec ses bénévoles qui ont à cœur de retrouver des témoignages Humains et d’Archives pour rappeler à chacun la vie de nos Anciens mais pas que, c’est une équipe d’acharné(e)s qui attire la sympathie et mérite nos encouragements.
    Merci au Président et son équipe, vous lecteurs de l »informateur » allez sur le site du Ciné-caméra-club de Montceau et visionnez les vidéos proposées, mon cœur va à « de Jules à Julien » j’aaadore!
    GZO3

  2. j etais embauché dans les années 1970
    IL Y A EU DES ESSAIS DE « coup de poussier » DANS UNE GALERIE ARTIFICIELLE DISPARUE AUJOURDHUI
    ELLE ETAIT A COTE DE ACTIV PLOMBERIE ACTUELEMENT
    C ETAIT SOUDAIN ET IMPRESSIONANT!
    ON PEUT IMAGINER CE QUE CES MALHEUREUX ONT PU SUBIR!

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