Canal du centre – Ne naviguez plus, il n’y a plus rien à voir

A Palinges.

Un seul bateau vous manque et tout est dépeuplé. Loin de vouloir rédiger une élégie, même romantique, à la manière de Lamartine, l’arrêt de la navigation sur le canal du Centre (de Digoin à Chalon-sur-Saône), laisse songeur, surtout à cette période l’année, en plein été.

Les plaisanciers avaient jusqu’à mardi, 19h, avant de jeter l’ancre au port de Montceau-les-Mines, notamment ou, comme l’ont fait la plupart, rejoindre un autre canal. S’il le pouvait…

La situation est sans doute dramatique pour le tourisme fluviale mais quand il n’ y pas suffisamment d’eau _ et elle manque cruellement _ la décision, longtemps repoussée depuis le 14 juillet, est donc tombée.

Il était un petit navire qui n’avait jamais navigué et qui ne naviguera pas de sitôt sur le canal du Centre. L’interdiction est à durée indéterminée. Si éventuellement la pluie est de retour sur plusieurs jours…

Du côté de Palinges, c’est la détresse à bord, en particulier au P’tit bistrot, placé à proximité de la halte nautique. Le patron du bar associatif, Ludovic, est catastrophé. « Le passage des plaisanciers représente entre 70 et 80% du chiffre d’affaires d’avril à octobre. Déjà, je n’ai pas vu grand monde et VNF ferme la navigation en août. Je perds tous mes clients suisses, allemands, hollandais et belges. C’est une clientèle de qualité, qui dépense » exprime-t-il au milieu de son bar désert.

Un peu plus loin, à l’auberge de Digoine, la réflexion est différente, la clientèle également. « Je suis moins impacté, j’accueille surtout des habitués de la région » commente Sylvain, le chef cuisinier. Il remarque toutefois « qu’avec l’Euro Vélo 6, les cyclistes sont plus nombreux depuis cinq/six ans ». Alors qu’au P’tit bistrot, Ludovic ne partage pas du tout ce point de vue. « D’une centaine par jour l’an dernier, ils sont une vingtaine aujourd’hui ».

A Génelard, dans la grande halte nautique, pas un chat sur l’eau si ce n’est dans l’eau. « Tout le monde est parti depuis quelques jours quand les plaisanciers ont appris la fermeture de la navigation » explique le coiffeur installé en face. « J’avais quelques clients quand même, ça faisait un petit plus qu’on aura pas cette année, entre dix à 15 têtes à coiffer ».

Autre commerce touché par le départ des plaisanciers, le gérant du supermarché ouvert tous les jours. « On le ressent déjà depuis deux semaines. L’an dernier, c’était en moyenne dix à quinze clients par jour avec un panier moyen de 30 à 40 €. C’est compliqué pour le commerce » affirme Jean-Yves. « Fermer la navigation aussi tôt dans la saison va faire fuir la clientèle du canal les prochaines années. C’est alarmant », ajoute-t-il.

Quant à Montceau-les-Mines et son port, des bateaux sont bien là. « Ce sont des résidants à l’année ou pour l’hivernage » précise Mathieu Bouillet, le responsable de la capitainerie. D’ailleurs, ce couple de Narbonne à bord du Zubenel, rencontré juste après le 14 juillet, s’inquiétait de la baisse du niveau de l’eau du canal.  » Nous serons peut-être obligés de laisser le bateau ici et repartir par un autre moyen de locomotion » prédisait madame. Effectivement, le bateau est toujours là, sans ses occupants.

« Les plaisanciers appréciaient beaucoup la proximité du centre-ville » rappelle à juste titre Mathieu Bouillet.

Finalement, une élégie s’imposait presque.

Jean Bernard

2 commentaires

  1. Comme déjà observé il y a qqs semaines, si on veut promouvoir le tourisme fluvial et la disponibilité du canal, il faut réaliser de gros investissements… Qqs idées: réaliser de nouveaux réservoirs, genre Plessis, Bernard, Montaubry, etc… Long, cher, quels sites ? Acceptabilité ? Ou bien réduire le nombre des éclusées… Par exemple en fixant un nombre max et des horaires journaliers… Ou réduire le gabarit des écluses… Etc….

  2. GAGNE Jean-François

    Bonsoir,
    Il serait déjà très intéressant que le Canal du Centre reprenne son gabarit donc son niveau, au lieu d’avoir de l’eau qui ne serve à rien qui se perd dans la nature, je m’explique toutes les berges seraient à remettre en état, bien cela à un cout exorbitant. Il faut savoir si nous voulons attirer le touriste fluvial ???
    Merci,
    Cordialement,
    J.F.G.

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