Social – 45 jours pour veiller le corps du défunt Montceau Eolane

Même la météo a pris fait et cause de la décision de justice rendue ce mercredi au tribunal de commerce de Chalon qui a placé le site d’Eolane Montceau en redressement judiciaire. Depuis ce matin, il pleut des larmes, pas de chagrin mais d’amertume. Les 77 salariés contiennent leur colère. Ils sont abattus, consternés, anéantis.

La marche funèbre de Chopin était déjà de circonstance quand le personnel a accueilli le 21 septembre dernier à Montceau le P.-D.G. Henri Juin. Bientôt, c’est la messe pour les morts qui résonnera au-dessus de la zone Sainte Elisabeth. On étendra un large drap noir, l’église sonnera le glas. Ni fleurs ni couronnes pour cet enterrement de première classe.

Déjà se dessine le long cortège funèbre, de ces hommes et ces femmes qui se rendront tout de noir vêtu à pôle emploi où ils recevront de très sincères condoléances. Et personne pour les accompagner sur le passage. De la compassion sans doute mais rien de plus. Perdre 77 emplois ne représente rien de plus qu’une triste nouvelle, une de plus. C’était pourtant une belle entreprise avec des gens qualifiés mais que voulez-vous, c’est la vie. Tout le monde, un jour ou l’autre doit partir. Konecranes, Gerbe sont déjà plus moins enterrées.

Que de travail pour les fossoyeurs.

Définir les modalités de la mise en bière et la couleur du cercueil

Ce matin, Alain Schleich, représentant du personnel et secrétaire du CES, a informé les salariés des détails du jugement et des conséquences. « Le juge et le parquet ont validé l’escroquerie d’un groupe international. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune issue positive. On nous donne 45 jours pour rien jusqu’au 19 novembre avant le licenciements du personnel. La justice va dans le sens des patrons voyous ».

Que peuvent encore espérer les 77 salariés d’ici le 19 novembre même si le redressement judiciaire proprement dit, court d’ici le 30 mars 2021 ? L’espoir qu’un repreneur tombe du ciel ? Un rêve, rien de plus. « Que le tribunal étende le refressement judiciaire à tout le groupe Eolane » soulève encore Alain Schleich. Une pure vue de l’esprit. « Aucune chance » admet-t-il.

« Mais nous pouvons inciter les décideurs à changer de position » ajoute-t-il. Symboliquement les salariés ont l’intention de monter d’un cran dans la violence, « aller frapper très fort à la porte du procureur et du patron d’Eolane à Angers car nous avons soif de justice ».

Alain Schleich ne comprend pas pourquoi « le parquet n’a pas dit aux juges qu’ils étaient face à des patrons voyous. Nous prouvons qu’il y a escroquerie et le système judiciaire s’en moque. Il faut s’indigner de ce qui se passe ».

Mais qui pour s’indigner ?

Alain Schleich n’en démord pas, « on essaie de banaliser la démarche judiciaire, de dépersonnaliser de tels abus au détriment des salariés ».

Mardi prochain se tiendra un CSE exceptionnel à 16h, mais dans quel but ? Finir de rédiger l’avis de décès, définir les modalités de la mise en bière et la couleur du cercueil…

Jean Bernard

13 commentaires

  1. Voyez avec Mme le maire…. elle promettait tant de choses. … des emplois des usines des commerces…Perso je ne vois rien arriver……rt croyez moi je suis bien loin d’être de gauche!!!!!

    • Mais, bonne nouvelle, tu t’en rapproches (de la gauche) . Crois moi, il y a plein de solutions pour créer des emplois. Faut juste informer.
      En même temps, je me fous bien que tu sois de droite ou de gauche.
      Moi, ce qui m’intéresse, c’est que pouvons nous toi et moi faire concrètement pour ce pays ? Perso, mon épouse et moi avons 2100€ par mois de retraite et nous vivons très bien.
      OK, je vis à la campagne. J’ai mes poules, mes œufs, mes poulets, mon jardin avec plein de légumes. J’en donne à tout va à mes voisins.
      Ce que je redoute, c’est que dans 2 ans, 5 ans, 10 ans, ils ne nous taxent comme c’était le cas pour les vélos ou les chiens il n’y a pas si longtemps
      Crois moi, l’appétit des ultra capitalistes n’a pas de fin.
      Cordialement?
      JB

      • Réponse appréciée. Pour moi ni gauche ni droite. Le bon sens qui m’a permis de developper des affaires saines et occuper de nombreux personnels. Si j’avais une question politique à poser elle serait qui a la place de macron…..et avec quoi et qui. ….c’est de cela que j’ai peur
        Cordialement

    • Vous êtes extrêmement bizarre ; vous attaquez régulièrement les syndicalistes, les manifestants, les Gilets jaunes et de façon générale tous ceux qui veulent faire entendre leur voix, et désormais vous attaquez le maire de Montceau qu’au demeurant je ne défends pas.
      N’avez-vous pas compris que les responsables de la situation sont vos amis patrons, actionnaires et autres profiteurs et liquidateurs de tout poil.
      J’hésite entre mauvaise foi de votre part et stupidité.

  2. Bonjour
    De toutes façons, qu’ils soient de droite, de gauche, du milieu ou bien du centre… nos élus sont des pantouflards, ils ont retrouvé leurs fauteuils et se moquent bien du malheur du peuple.
    Ce qu’il faut, c’est que le peuple reprenne le pouvoir, reprenne le contrôle des entreprises, surtout quand ce sont des patrons félons, et il y en a un paquet.
    Il faut s’approprier l’outil de travail, moi et d’autres, nous sommes prêts à prêter main forte aux salariés pour investir l’usine, l’occuper par la force, car les employés sont dans leur droit, l’outil de travail a été payé par leur labeur, il leur appartient.
    Aux armes citoyens !
    Combien de temps encore, le peuple français sera un troupeau de moutons ?

    • Bravo. Le seul souci, c’est qu’avec 2 fois bac +5 quand je propose depuis 30 ans à des salariés d’envisager de reprendre leur entreprise vu leur qualification, ils n’ont pas les « couilles »pour le faire.
      Je ne leur en veux pas. C’est juste une question de confiance et d’éducation.
      Donc, clairement, il faut d’abord changer les mentalités et ça prendra du temps.

  3. lili a raison, l’outil de travail appartient à ceux qui l’utilisent car le fruit de leur travail l’a largement payé. Il faut se réapproprier les moyens de production et d’échange, comme les capitalistes s’approprient notre force de travail pour une misère avant de nous jeter comme il l’entendent avec le soutien de la majorité des politiques, y compris ceux de l’union européenne, les médias aux ordres de ceux à qui ils appartiennent et des moutons qui se font tondre sans broncher.

    Le gouvernement accorde 100 milliards aux entreprises avec en bonus un permis de licencier.
    Quand le système va mal, les dettes privées deviennent publiques mais jamais les bénéfices privés ne deviennent publics.
    Il faut contraindre les banquiers rapaces à rembourser les milliards qui leur ont été prétendument prêtés en 2008 mais qui ne sont pas encore remboursés, comme il faudra contraindre les entreprises qui bénéficient des aides actuelles à les rembourser tout en les empêchant de licencier dès lors qu’elles réalisent des bénéfices.

    Lorsque le capitalisme se trouve face à ses contradictions, il n’a que deux façons de les régler : les guerres et les crises, et ces dernières s’enchaînent. Nous avons connu les deux crises pétrolières des années 70 et plus récemment la crise financière de 2008. Aujourd’hui, la covid19 arrange bien les choses en maquillant la nouvelle crise qui s’amorçait en crise sanitaire qui plus est permet de nous contraindre à porter des muselières.

    • Comment comprendre alors que les « travailleurs » n’aient pas créé leurs entreprises puisque c’est si simple ?
      Un peu facile de mettre les autres en accusation, non ?

      • Les travailleurs connaissent le prix du travail, ce sont eux qui le produisent en échange de salaires anorexiques.
        Aussi, rares sont ceux qui ont les moyens de créer leur entreprise, mais plus rares encore sont ceux qui sont enclins à exploiter leurs congénères.
        Manquer de considération pour l’être humain au point d’en laisser de plus en plus nombreux crever dans la rue en se gavant du fruit de leur travail est un privilège de riche.

  4. Ils sont où ? ????? Les commentaires qui critiquaient les gilets jaunes et les syndicats ???? Vous êtes ou??? Sur cette fermeture entreprise ??? Vous êtes ou ???? T
    77 emplois supprimés à Montceau-les-Mines voila la vérité ,

  5. La soupe populaire? Malheureusement elle va peut peut-être revenir……………..et elles sera pour tous le monde même au plus riche qui sont descendu au plus bas…..

  6. Pour ceux qui n’ont pas vu le reportage de France 3, dans le 19-20 H de Bourgogne, voici un lien pour le visionner :
    https://www.facebook.com/bernard.bgsbr.3/videos/826985571372494/
    Quand au pillage (et exfiltration) par le groupe Eolane des quelques machines de production pas encore trop obsolètes, j’espère que mes anciens collègues sauront quoi faire pour empêcher ça …

  7. Réponse à M Schleich à son interrogation : « mais qui pour s’indigner ? »
    En tout cas pas moi pour votre cause. Je suis GJ du 1er jour et je n’ai cessé de m’indigner depuis 30 ans contre toutes les injustices sociales fiscales. J’ai été (bien que patron plutôt aisé) de toutes les manifs des syndicats. Les plus âgés peuvent en témoigner. J’ai même emmené en voiture mes salariés place de la bastille à Paris à un Meeting du Front de gauche en 2007 tous frais payés et salaires maintenus. Perso, je ne peux pas être heureux dans un océan de souffrance et de misère.
    Quand la mine a fermé, où étaient les syndicalistes Michelin, PPM, Jeumont Schneider ? Nous n’étions qu’une trentaine de citoyens hors mineurs à la grille de la mine au bord du canal à regarder les pneus brûler. Certes ce n’était pas malin pour la planète mais à l’époque, on ne savait pas.
    Quand les Gilets Jaunes ont voulu converger vers les syndicats, disons le clairement, ils se sont fait jeter par Mr Wattebled dinosaure de la CGT.
    Nous les GJs avons distribué des tracts pour soutenir Kronecrâne ex Terex, ex PPM. J’étais à Intermarché la saule et pendant que je distribuais à 18H45, j’ai reconnu des syndicalistes Kronecrane venus tranquillement faire leurs courses (sic).
    Franchement, c’est à vomir.
    Il est vraiment temps de faire de nouveau Nation. Les syndicalistes de base doivent se libérer de leurs instances dirigeantes (pas forcément corrompues mais trop souvent dogmatiques). De même, les Députés doivent représenter toute la population de leur circonscription et pas seulement ceux qui les ont élus.
    Liberté, égalité, fraternité.
    JBL.
    Revenons à nos fondamentaux. « La République est une et indivisible »

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