Saint-Romain-sous-Gourdon – Projet éolien : Vent de Sottise souffle le vent contraire

La Fédération Vent de Sottise a réalisé une série de photomontages après la réunion de Saint-Romain-sous-Gourdon où les habitants ont découvert le projet de l’installation de quatre éoliennes sur la commune. Un projet qui est très loin de faire l’unanimité.

Joël Jouve, le président, s’adresse directement au préfet de Saône-et-Loire à qui, dit-il,  il appartient de donner son accord pour un projet éolien.

A lire donc les communiqués de la Fédération Vent de Sottise et le communiqué du préfet.

 

VENT DE SOTTISE 71, fédération d’Associations de défense de l’environnement – département de Saône-et-Loire et communes riveraines du département

communique:

À l’occasion de la Semaine européenne du Développement Durable, M le Préfet de Saône-et-Loire se félicite de voir émerger le premier champ éolien du département à La-Chapelle-au-MansAvec ses 4 éoliennes de 180 mètres en bout de pale, d’une puissance chacune de 3 MW, le champ éolien de La Chapelle-au-Mans produira chaque année environ 30 000 MWh, soit l’équivalent d’une alimentation hors chauffage d’environ 9 000 foyers…

M le Préfet devra contrôler ses chiffres. C’est bien un arrêté préfectoral qui a autorisé le promoteur à changer la puissance des éoliennes et la porter à 3,6 MW quelques mois après la délivrance du permis d’exploiter. Sans doute le préfet a-t-il jugé cette modification « non substantielle », comme dit une circulaire qui l’y autorise, pour accorder cette modification ? Le hic, c’est que le bruit des éoliennes augmente avec leur puissance. Le plan de bridage des éoliennes, qui consiste à les faire fonctionner à puissance réduite pour limiter le bruit, n’a pas été revu. Merci pour les riverains !

Quant aux 9 000 foyers, il s’agit d’un chiffre trompeur utilisé dans la publicité des promoteurs pour faire croire qu’on alimente la population locale. Ce n’est pas du tout le cas. L’éolien est une production intermittente et variable dans le temps. Elle est inutilisable telle quelle sur le réseau de distribution local. Pour la rendre consommable, elle doit d’abord être évacuée vers le réseau national de transport, où elle sera corrigée en permanence par une production pilotable, dont des centrales à gaz ou à charbon (lignite) comme en Allemagne, productrice de gaz à effet de serre. Vous avez dit écologie !!.

Dans l’année, les éoliennes de La-Chapelle-au-Mans fourniront tout au plus l’équivalent de la consommation électrique de 6.000 foyers français parmi 36 millions.

Pour être tout à fait précis, M le Préfet aurait pu ajouter que la production de ces 4 éoliennes, soit 30.000 MWh, couvrirait 0,73 % des besoins électriques du département (4,1 TWh en 2018), et 0,16 % de la consommation régionale (18,6 TWh en 2018), et qu’elle représenterait 0,86 % de l’électricité produite en région Franche-Comté en 2018. Décidément, dépasser le % est mission impossible, même pour un préfet. Et pourtant, 4 éoliennes de 180 mètres de haut changent radicalement l’aspect d’un village.

Lorsque M le Préfet rappelle que les Services de l’État ont facilité les démarches du porteur de projet, nous n’en doutons absolument pas, et c’est bien cela qui nous pose problème.

Le préfet est -il le gardien des intérêts de la population, ou défend-il les intérêts des promoteurs?

Ce n’est pas un mystère que depuis des année l’État déroule un tapis rouge devant le lobby éolien et fait tout pour que les projets aboutissent. Il n’hésite pas à promulguer des textes dérogatoires en faveur des promoteurs. Le bruit des éoliennes ne se juge plus suivant les critères du Code de la Santé Publique. Deux décrets récents (décembre 2018) tentent de museler le citoyen en l’empêchant d’accéder à une justice gratuite, ou encore prévoient de supprimer l’enquête publique, qui est le seul moment où le citoyen peut s’exprimer sur le projet et le critiquer.

Au niveau de département, ce sont bien les Services de l’État qui instruisent les dossiers éoliens… pour le compte du Préfet. Et comme en 2013, les communes et les communautés de communes se sont vues retirer toute compétence éolienne, les élus ne sont plus consultés que pour avis. La décision appartient au préfet, et à lui seul. Le préfet se retrouve ainsi juge et partie. Il est seul aussi face à sa conscience : doit-il « faire du chiffre », comme le lui demande Paris avec insistance, ou doit-il rejeter les projets ineptes au plan de l’environnement ou trop pénalisants pour la population ? Il lui faudra beaucoup de cran pour résister à la pression de Paris… et à celle des promoteurs, qui n’hésitent plus aujourd’hui à attaquer en justice une décision de rejet d’un projet.

Projets ineptes ? En la matière, la Saône-et-Loire est servie. Notre département étant le moins venté de France, les éoliennes doivent être très hautes et munies de pales immenses si on veut qu’elles fournissent un peu d’électricité. Et comme l’habitat dispersé est présent partout dans nos campagnes, les projets éoliens consistent toujours à implanter des éoliennes gigantesques « au chausse-pied » entre les maisons et à faible distance de celles-ci. Rappelons que la France est la seule à autoriser des implantations à 500 m comme à La-Chapelle-au-Mans. Nos amis polonais, bavarois, britanniques, danois… ont désormais adopté la règle du 10 fois la hauteur en bout de pale. Cette mesure, qui n’est pas sans rappeler les 1500 m demandés en vain par l’Académie de Médecine française, permettra peut-être d’éviter un scandale sanitaire. Car l’éolien n’est pas neutre pour la santé. De nombreux cas de personnes malades et les cas de troupeaux décimés commencent à être connus. Des riverains, même ceux qui touchent des loyers éoliens, ont fini par rompre l’omerta.(voir le reportage sur France 5 dans l’émission C+ à 20 heures diffusé il y a tout à peine 2 mois).

Nous regrettons pour notre part que lorsque les préfets accordent un permis éolien, il ne restent jamais assez longtemps en place pour constater les dégâts : les villages qui se déchirent entre « ceux qui touchent » et « ceux qui subissent », l’économie touristique ruinée, l’immobilier en berne, et le village qui périclite parce que plus personne ne vient s’y établir.

L’ambition déclarée du Chef de l’État de tripler la production éolienne d’ici à 2030 ne saurait faire oublier à quiconque, même à M le Préfet de Saône-et-Loire, que l’éolien terrestre est une catastrophe à tous points de vue.

La Cour des Comptes, dans son rapport spécial de 2018, rappelle que les engagements pris par l’État au titre du soutien aux renouvelables électriques se traduisent par 121 milliards à la charge des Français, dont 40 milliards pour le seul éolien. Elle rappelle que tout cet argent sera dépensé à fonds perdus, puisque la production d’électricité française est déjà décarbonée à 93%, et n’est d’aucune utilité pour poursuivre une politique climatique qui aurait dû s’intéresser aux transports (responsable à plus de 20 % des gaz à effet de serre) et au chauffage. Elle rappelle enfin que solaire et éolien ne peuvent même pas servir à se désengager du nucléaire, parce que des renouvelables intermittents, aléatoires et chers ne peuvent remplacer une production de masse sûre et bon marché.

Comment cette gabegie financière se traduit-elle sur le terrain? Tous les ans, la commune de La-Chapelle-au-Mans se verra gratifier de « taxes éoliennes » pour un montant de l’ordre de 50.000€, et la Communauté de Communes touchera un peu plus. C’est beaucoup ? Certes, mais tous les ans, les 4 éoliennes seront subventionnées à la hauteur de 1,4 millions d’€ ! Cet argent sera versé par EDF à l’exploitant éolien au titre du « complément de rémunération » qui s’ajoute au montant du rachat de la production éolienne au prix de marché. Ces 1,4 millions seront récupérés pour l’essentiel par le biais de taxes sur les factures d’électricité (même celles de La-Chapelle-au-Mans)… mais aussi par des taxes sur le gaz, par des taxes sur les carburants, et par un versement annuel de la main à la main de l’État à EDF au titre du manque à gagner.

Quand on pense qu’une des principales motivations des élus pour s’engager dans un projet éolien est l’attrait des taxes, loyers et redevances diverses, cela tourne à une farce tragique. On évapore énormément d’argent public, puis on en recycle à peine 10% au bénéfice des collectivités locales. Tout cela pour produire une électricité de mauvaise qualité, chère et rare, et plonger dans le désespoir beaucoup de personnes qui n’ont rien demandé, surtout pas qu’on chamboule leur cadre de vie ni qu’on attente à leur santé.

M le Préfet de Saône-et-Loire, nous en appelons à votre expérience et à votre sagesse. L’éolien n’a pas toutes les vertus que lui prêtent les promoteurs et n’est pas du tout ce qu’en disent les idéologues. A la limite, nous comprenons que vous vous félicitiez de l’apparition d’un parc éolien sur le territoire qui vous est confié. Mais, nous attendons de vous que vous vous préoccupiez tout autant de ses conséquences sur l’économie locale, l’environnement, et surtout sur la vie des hommes et des femmes qui vivront 20 ans à moins de 500 mètres de 4 machines géantes.

 

Joël JOUVE – Pdt de la Fédération « Vent de Sottise »

 

VENT DE SOTTISE 71, fédération d’Associations de défense de l’environnement – département de Saône-et-Loire et communes riveraines du département

communique:

« Balcon sur éoliennes »

Les projets éoliens tournent actuellement au déni de démocratie. L’objectif est simple: museler le citoyen et l’empêcher de contester les projets éoliens. Fin 2018, le décret Lecornu a interdit de faire appel gratuitement au juge administratif. Il faut désormais être accompagné d’un avocat pour se faire entendre devant les tribunaux… Mais qui a les moyens de payer un avocat? Peu après, le décret De Rugy supprimait le principe de l’enquête publique, qui permet aux riverains de faire entendre leur voix à un commissaire enquêteur indépendant. Dans un premier temps à titre d’essai dans quelques régions, mais bientôt partout. Les observations sur les projets seront dorénavant adressées par mail au préfet… au même préfet qui instruit le dossier.

Le déni de démocratie peut tourner à la mascarade quand les maires organisent des réunions « privées » dont l’accès est interdit aux « étrangers de la commune !! », et dont on se voit ainsi refoulé manu militari si on a le malheur d’appartenir à une commune voisine. Il s’agissait en l’occurrence, dans la réunion du 28 mai au soir organisée par la mairie de Saint-Romain-sous-Gourdon, de permettre au promoteur éolien VSB de « vendre ses éoliennes », publicité appuyée par Mme le maire d’une commune ayant accepté quatre éoliennes sur sa commune. Nous espérons que M le Maire de St-Romain se rendra compte que cette manière de faire est contraire à toutes les valeurs de notre République.

Comment peut-on arriver à cette situation ubuesque ? En, 2013, les communautés de communes se sont vues retirer leur compétence éolienne par l’État. Un promoteur éolien peut donc s’adresser à un seul maire et le faire craquer en lui promettant beaucoup d’argent pour sa commune. Les maires des communes voisines, dont les administrés auront eux aussi les éoliennes sous les yeux, n’ont plus rien à dire, et leur avis sera simplement consultatif, alors que des éoliennes de 150, 180, voir 200 mètres de haut sont vues de tout le canton !

Pour certains villages, Comme Gourdon ou Mont-Saint-Vincent, ce sera « balcon sur éoliennes ». Et personne n’y échappera, depuis Pouilloux, Marizy (Nord de la Commune) et même depuis St Vallier ( crête de la Croix Racot). Ceux qui viennent de construire ont du souci à se faire. Car les acheteurs potentiels évitent les « secteurs à éoliennes », et les maisons deviennent invendables du jour au lendemain, quoiqu’en disent les promoteurs.

VENT DE SOTTISE attire l’attention des élus de Saône-et-Loire démarchés par des promoteurs éoliens: méfiez-vous des belles promesses. Dès lors que vous avez donné l’autorisation de « faire des études de faisabilité sur votre commune », la décision ne vous appartient plus. Il est extrêmement difficile de revenir en arrière, car le seul décideur est le préfet. Les taxes et les loyers éoliens ne compensent pas la destruction du cadre de vie des habitants, ni l’impact des éoliennes sur leur santé et celle de leurs animaux, qui peut être catastrophique. L’immobilier chute. Toute économie basée sur l’activité touristique et compromise, et nos villages deviennent des repoussoirs.

Joël Jouve, président de VENT de SOTTISE

 

La communication de la préfecture

3 commentaires

  1. En résumé l’éolien est en France un domaine économique aux mains d’aigrefins qui amassent des subventions d’état, dont une infime partie est utilisée pour acheter particuliers et maires peu regardants.
    Politiquement c’est le faire-valoir de responsables qui veulent se donner une coloration écolo…
    Pratiquement c’est une aberration technique qui ne sert à l’alimentation électrique qu’associée à des moyens de production classiques et polluants, dont les coûts ne sont pas comptabilisés…

  2. Si on s’oppose aux éoliennes, que l’on refuse les panneaux solaires, les centrales à charbon on n’en veut surtout plus, quand au nucléaire brrrrrr loin de nous.
    Comment on fait pour alimenter le pays en électricité ?
    Les lampes à pétroles auraient elles de beaux jours devant nous ?
    Je me demande si je ne devrais revendre ma voiture et acheter un cheval.

  3. Après avoir suivi depuis près de 2 ans les différentes polémiques sur l’éolien en Saône et Loire, j’en arrive à quelques interrogations et convictions intimes :

    Il y a environ 2 ans, la caution scientifico-technique de ces opposants provenait principalement d’un certain Jacques Pieltin, présenté tantôt de « ancien employé d’EDF et se présentant comme un spécialiste d’énergies électrique », tantôt de « Ingénieur électrotechnicien à la retraite ».
    J’aimerai bien avoir quelques preuves officielles des diplômes et de la compétence de ce Monsieur.

    Comment est financé l’association « Vent de Sottise » ?
    Combien lui coûte les différentes réunions qu’elle organise, les études sur les sites éventuels d’implantations ?
    Où peut-on vérifier leurs moyens financiers et leur origine ?

    « Vent de Sottise » ne proposant aucune autre solution en énergies renouvelables en remplacement de l’éolien dont il ne veut absolument pas :
    Cette association pourrait-elle se dégager de la suspicion de faire partie du lobby pro-nucléaire ?

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