Le procès des 66 et la bande noire de Montceau

Le 8 janvier 1883. Procès des 66 dit « Procès des anarchistes de Lyon », impliquant 66 militants anarchistes.

66 accusés « d’être affiliés à une société internationale*, ayant pour but de provoquer la suspension du travail, l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion, et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique ».
Nous sommes à 1 an de la loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 autorisant la mise en place de syndicats en France.

Les faits : 1878, grève très dure à Montceau-les-Mines, intervention des gendarmes, affrontements violents.

Juin et août 1882, émeutes de mineurs à Montceau-les-Mines, apparition de la Bande noire**, et premiers attentats contre des symboles catholiques et bourgeois.
22 octobre 1882 à Lyon, cette fois, tirs, explosion dans le restaurant du théâtre dit « l’Assommoir » à Bellecour.
23 octobre 1882, attentat au bureau de recrutement militaire de La Vitrolerie

Le pouvoir en place estime la situation insurrectionnelle et commande de vastes rafles dans les milieux anarchistes infiltrés par la police.

Parmi les raflés Toussaint Bordat sympathisant (Montcellien) lourdement condamné. Il sera le seul au procès des 66.

Le bilan de la bande noire est très chargé.
– 6 attentas en juin/août 1882 avec émeute (trois cents mineurs), pillage d’une armurerie, bombe contre la chapelle du Bois du Verne.
5 entre février et octobre 1883 (lutte contre les informateurs et les ingénieurs)
– 7 entre juin et novembre 1884 (avec tirs contre des gendarmes)
En tout 24 croix, 6 calvaires et 6 statues démolis et des atteintes aux biens et aux personnes.

La loi « Ollivier » (mai 1864) maintient le délit d’entrave à la liberté du travail pour « quiconque, à l’aide de violences, voies de fait, manœuvres frauduleuses, aura amené ou maintenu, tenté d’amener ou de maintenir une cessation concertée de travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l’industrie ou du travail. »

Les syndicats anarchistes luttaient contre ces dispositions.

32 accusés furent jugés le 26 mai 1885, bilan judiciaire : 12 membres condamnés de 20 ans de travaux forcés à 3 ans de prison et un acquittement pour celui qui (informateur) fondera le premier syndicat « jaune » de Montceau.

Gilles DESNOIX

*(Association internationale des travailleurs)
** (organisation syndicale anarchiste de mineurs des houillères du bassin de Blanzy)

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