Noces de platine – Ginette et Georges Trentin, une cuvée exceptionnelle

« Il aime la pêche… surtout la pêche Melba ». Pascal, leur fils, ne peut s’empêcher de lancer une plaisanterie, même lorsque ses parents, Ginette et Georges Trentin, célèbrent leurs soixante-dix ans de mariage. « Ils sont comme ça dans la famille », sourit Fabiola. Tel père, tel fils.

A l’ombre du jardin, dans un coin enchanteur de Saint-Vallier, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants se sont réunis autour de Ginette et Georges. Cheveux d’argent _ « Nous avons la chance de les avoir », s’amuse Georges _ et regards toujours pétillants, ils célèbrent leurs noces de platine.

Nul besoin de chercher une recette miracle pour expliquer une telle longévité. Le secret tient en quelques mots simples : l’amour et le bonheur d’être ensemble. « Ce qui compte, c’est le plaisir d’être avec notre famille », confie Ginette avec douceur. Chaque mercredi soir, dans leur maison de la Roche aux Goujons, la famille se retrouve autour de la même table. Un rendez-vous immuable, réglé avec la précision d’une partition.

La musique, justement, traverse leur histoire comme un fil d’or.

Il faut remonter à l’époque de leurs 18 et 19 ans, lorsque les bals rythmaient les soirées de la jeunesse. « C’est là que nous nous sommes rencontrés », souffle Ginette, comme si une légère pudeur accompagnait encore ce souvenir. Ils aimaient danser alors, et aujourd’hui encore, ils ne manquent jamais une occasion de valser ou d’éblouir leurs amis avec quelques pas de tango.

Bien sûr, les temps ont changé. « Nos mères nous accompagnaient au bal. On ne plaisantait pas avec ça », se souvient Ginette. Georges renchérit avec un sourire, « et il fallait être rentré à minuit. Sinon, c’était privé de sortie le week-end suivant ».

De leur union sont nés deux fils, Pascal et Claude, qui ont sans doute grandi bercés par les notes de musique qui habitaient la maison. Pascal est guitariste et batteur; Claude, chanteur et saxophoniste. Tous deux jouent au sein du groupe Crocs Notes et Claude à l’harmonie de Blanzy.

En ce samedi 20 juin, Ginette et Georges savourent pleinement cette journée entourés des leurs. Les souvenirs remontent à la surface, comme autant d’éclats de vie, depuis ce 16 juin 1956 où ils se sont dit oui à Sanvignes.

Ils ont traversé les décennies et connu les épreuves de leur temps. La guerre, les bombardements aux Baudras et sur Le Creusot demeurent gravés dans leur mémoire. « C’était dur, à notre époque », confie Ginette avec gravité.

Les hivers aussi semblaient plus rigoureux. La neige recouvrait parfois les routes en abondance. « Mais cela ne nous empêchait pas d’aller à Montceau à vélo pour danser au syndicat des mineurs », raconte-t-elle. Une époque où l’on affrontait le froid avec l’insouciance et l’élan de la jeunesse.

Au fil des années, ils ont vu le monde se transformer. L’arrivée de la télévision, de la machine à laver et de tant d’innovations qui semblaient alors révolutionnaires leur a facilité la vie. Des avancées qui paraissent aujourd’hui presque ordinaires, mais qui furent, pour leur génération, de véritables bouleversements.

Soudain, Marius, le plus jeune des trois arrière-petits-enfants, fait son apparition. Ginette l’accueille aussitôt dans ses bras. Le jardin s’illumine et résonne de cette joie simple qui accompagne les grandes réunions familiales.

Soixante-dix ans après leur mariage, le temps a laissé son empreinte sur les visages, mais il n’a rien ôté à l’essentiel. Autour de Ginette et Georges, quatre générations forment un même cercle d’affection. Et dans cette journée baignée de lumière, au milieu des souvenirs et des éclats de rire, se révèle peut-être le véritable secret de leur longévité, l’amour partagé, patiemment cultivé, et le bonheur d’être ensemble.

J.B.

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