A Montchanin, Lionel Duparay face aux ombrages des élus : bénévolat, écoles, santé et gendarmerie au cœur des échanges.
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Il y a d’abord la rencontre avec les élus, puis une discussion à bâtons rompus en présence de la presse.
Cet été, Lionel Duparay, député de la 5e circonscription, sillonne les communes de son territoire. Une manière, pour le parlementaire, de prendre le pouls du terrain, mais aussi de mesurer, au plus près des collectivités, l’écart parfois important entre les décisions nationales et leurs conséquences locales.
Ce mercredi, c’est à la mairie de Montchanin que le député est venu échanger avec le maire, Yohann Cassier, et plusieurs élus. Au fil de la discussion, plusieurs dossiers ont fait émerger les mêmes préoccupations : manque de visibilité, contraintes financières, désengagement de l’État ou encore difficultés à anticiper. Autant de sujets qui inquiètent davantage qu’ils ne rassurent.
Certes, un député ne peut avoir réponse à tout. Mais dans cet exercice de proximité, Lionel Duparay semble particulièrement à l’aise, n’hésitant pas à prendre position et à défendre une certaine conception du rôle de l’État et des collectivités.
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Le bénévole : une richesse locale difficile à valoriser
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Premier sujet abordé, le statut du bénévole, alors que nombre d’associations peinent aujourd’hui à renouveler leurs adhérents et leurs dirigeants. Yohann Cassier évoque la nécessité d’une véritable reconnaissance, voire d’une valorisation de l’engagement associatif, allant jusqu’à imaginer l’attribution d’un trimestre supplémentaire pour la retraite.
La réponse du député tient en une formule : « Le bénévole, c’est du bénévolat ».
Une réponse qui traduit aussi la difficulté politique à transformer la reconnaissance morale de l’engagement associatif en véritable contrepartie sociale. Sur une éventuelle évolution du statut, Lionel Duparay se montre prudent, « Cela va être compliqué ».
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Le statut de l’élu, autre sujet de crispation
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Du statut du bénévole, les échanges glissent naturellement vers celui de l’élu local. Et là encore, la question est celle de la reconnaissance et des conditions d’exercice des mandats.
Mieux vaut, selon le constat dressé autour de la table, être salarié de la fonction publique que travailler dans le privé pour exercer un mandat électif. « Même si les élus ont droit aux heures de délégation », rappelle le député.
Lionel Duparay défend toutefois le dispositif existant. « Moi, je trouve que le statut de l’élu est assez bien fait. Il faut se poser la question : qu’est-ce qui pose problème ? A mon avis, le statut de l’élu est adapté, mais est-il respecté ? »
Une interrogation qui renvoie directement aux relations entre l’État, les employeurs et les élus locaux. Car derrière le statut juridique, c’est bien la capacité à permettre à des citoyens de s’engager dans la vie publique sans que leur activité professionnelle en pâtisse qui est posée.
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Écoles : le maire demande de la visibilité
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Autre dossier sensible, l’avenir des écoles communales. A Montchanin, aucune fermeture n’est annoncée cette année. Pour autant, le maire déplore le manque de visibilité donné par l’Éducation nationale.
« Nous aimerions avoir une visibilité sur les effectifs sur trois ou quatre ans qui nous permettrait d’établir des investissements en conséquence dans nos écoles. L’Éducation nationale nous met devant le fait accompli », regrette Yohann Cassier.
Derrière cette demande se dessine une problématique récurrente pour les communes, comment investir dans les bâtiments, les équipements et les services lorsque les collectivités ne disposent pas d’une vision suffisamment précise de l’évolution des effectifs scolaires ?
Sur ce point, Lionel Duparay se veut rassurant, rappelant que le ministre de l’Éducation nationale prône un travail commun entre l’Éducation nationale et les collectivités. Mais le député ne masque pas la réalité démographique, « la baisse des effectifs va être importante dans les années à venir ».
Une baisse qui pourrait, demain, rebattre les cartes de la politique scolaire locale et placer les maires face à des choix parfois difficiles.
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Santé : jusqu’où les communes doivent-elles payer ?
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La santé constitue un autre point de tension. Avec cinq médecins généralistes, Montchanin semble plutôt bien lotie. Mais pour Yohann Cassier, la situation doit être regardée à l’échelle du territoire. La maison de santé rayonne bien au-delà de la seule commune, « elle rayonne pour 10 000 habitants. Les patients viennent de partout ».
Pour conserver cette offre médicale, la commune va jusqu’à accompagner financièrement une étudiante en médecine, avec l’espoir de sécuriser à terme l’installation d’un généraliste. Une situation qui pose une nouvelle fois la question de la répartition des responsabilités entre l’État et les collectivités.
« Il est malheureux qu’on participe à financer les études d’autant qu’en France, elles sont financées par l’État », soutient Lionel Duparay. Pour le député, le système pourrait être repensé, « alors il serait logique que l’État détermine, pour les premières années, le lieu pour exercer ».
Une proposition qui revient à poser frontalement la question de la régulation de l’installation des médecins. Et Lionel Duparay de pointer également les effets pervers de la concurrence entre territoires, « la surenchère entre les communes pour attirer des médecins, je trouve ça très malsain ».
Pour lui, la réponse passe aussi par l’enseignement supérieur et sa présence sur le territoire de la Communauté urbaine Creusot-Montceau (CUCM).
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Le « Variétés » tourne définitivement la page
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Avant de quitter Montchanin, le député s’est rendu sur le site de l’ancien « Variétés », lieu emblématique de la commune désormais entièrement détruit.
A la place de cet ancien établissement, un projet de logements est prévu. Le permis de construire est actuellement à l’instruction. Là encore, derrière une opération d’aménagement, c’est le devenir des centres-bourgs et la capacité des communes à renouveler leur habitat qui se jouent.
Dernier dossier, et non des moindres, la construction d’une nouvelle gendarmerie. Le projet avance et semble désormais sur de bons rails.
L’investissement s’élève à 11 M €. Outre la brigade, 25 logements sont prévus. Une opération qui devrait entraîner, à terme, la fermeture de la gendarmerie du Creusot.
De l’engagement bénévole à l’avenir des écoles, de la désertification médicale à la présence des services publics, la visite de Lionel Duparay aura finalement dessiné un même paysage politique, celui de communes qui demandent davantage de visibilité, de moyens et de coordination de la part de l’État.
Sur le terrain, les maires restent en première ligne. Et si le député écoute, répond et se veut parfois rassurant, les questions posées à Montchanin illustrent surtout les difficultés auxquelles les collectivités sont confrontées pour continuer à investir, attirer des professionnels et maintenir leurs services publics dans un contexte démographique et budgétaire de plus en plus contraint.
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J.B.
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