Montceau – Travaux, Parcoursup, avenir : les lycéens de Parriat disent leur ras-le-bol

« Je me bats depuis la primaire », soupire une lycéenne. Une phrase qui résume, à elle seule, le sentiment d’exaspération qui anime plusieurs élèves du lycée Parriat de Montceau-les-Mines. Ce vendredi matin, avec leurs camarades, ils ont décidé de manifester devant leur établissement pour faire entendre une colère qui, selon eux, ne date pas d’hier.

« Rien ne va, même dans ce lycée qui est en pleine rénovation (NDLR : près de 11 M € financé par la Région). On a beau le dire, faire remonter nos remarques, il ne se passe rien. On ne nous écoute pas », poursuit-elle, avec une lassitude qui laisse rapidement place à l’amertume.

« Nous préparons notre bac dans le bruit des travaux », ajoute une de ses amies, en terminale. Et si, de l’extérieur, le lycée a effectivement changé, les élèves assurent que la rénovation n’a pas réglé leurs problèmes. « A l’intérieur, malgré la rénovation énergétique, en septembre, il faisait 32 degrés dans les classes et on ne pouvait même pas ouvrir les fenêtres », déplore une autre terminale.

« Ils refont le lycée, mais ça ne change rien. Tout le monde se plaint, les élèves, les professeurs… »

Face à cette situation, l’ironie devient une manière de dénoncer ce qu’elles considèrent comme un décalage entre les annonces et leur réalité quotidienne. « Ah oui, super, on a un chien dans l’établissement et, parfois, des croissants », ironise une lycéenne.

Mais derrière les sourires et les sarcasmes, la colère est bien réelle. Et elle rejoint celle qui, depuis plusieurs jours, gagne de nombreux lycées en France.

Une jeune fille raconte à son tour ce qu’elle a vécu ce vendredi matin. « J’ai reçu un message pour me dire que je n’étais pas en cours. Mais comment voulez-vous rentrer ? C’est bloqué ! Le système scolaire est complètement fou. Et puis, nous avons le droit de manifester ».

Pour ces lycéennes, la question ne se limite d’ailleurs pas aux conditions matérielles. La discussion s’enflamme également autour des violences et de la manière dont leur mobilisation est perçue. « Mais c’est l’État qui est violent psychologiquement avec nous », lance l’une d’elles, avant d’évoquer les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI), qui a déclaré que « la violence est légitime ». « On nous interdit la liberté d’expression », estime-t-elle.

Un autre sujet revient inlassablement dans leurs échanges : Parcoursup. Là encore, l’inquiétude et le sentiment de ne pas être entendues dominent. « C’est tellement angoissant. Nos souhaits ne sont jamais respectés ».

Pour elles, cette mobilisation est aussi la conséquence d’un sentiment plus profond, celui de devoir se battre pour être enfin entendues. « Vous vous rendez compte ? Il a fallu que tous les lycéens se mobilisent pour que le gouvernement se dise : il y a un problème ».

Un peu plus loin, toujours devant le lycée, une lycéenne brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : « Désolés pour le dérangement, nous essayons de sauver notre avenir ». Une grosse croix barre le mot « Parcoursup ».

Mais le rassemblement a aussi laissé un goût amer. « C’est triste, notre rassemblement s’est mal passé. Brûler des poubelles n’est pas la bonne méthode », reconnaît-elle, avant de préciser, « mais il y a aussi des jeunes qui ne sont pas de notre lycée ».

Derrière les slogans et les pancartes, reste donc surtout le sentiment d’une jeunesse à bout de patience. Des élèves qui disent avoir alerté, répété, insisté, sans avoir le sentiment d’être entendus. Et qui, ce vendredi matin, ont choisi de manifester devant leur lycée pour rappeler qu’ils refusent désormais de se contenter de promesses ou de réponses sans lendemain.

J.B.

 

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