A quoi sert de nettoyer le lit de la Bourbince depuis quatre ans si, chaque année, des bénévoles doivent encore en retirer des tonnes de déchets ?
La question mérite d’être posée. Car si ces opérations de nettoyage permettent de débarrasser la rivière d’une quantité impressionnante de détritus, elles mettent surtout en lumière un problème qui persiste, celui des incivilités et des comportements irresponsables à l’égard de notre environnement.
En 2025, l’opération « Nettoyons la Bourbince », initiée par Michelin depuis 2022, n’avait pas pu avoir lieu en raison de la sécheresse. Cette année, il a fallu obtenir une autorisation spéciale de la préfecture afin que les bénévoles puissent à nouveau intervenir dans le lit de la rivière.
Une soixantaine de volontaires des entreprises So Bag, Novium, Veolia, Collier BTP, Colas, Ormazabal et Michelin, avec le concours des agents de la ville de Montceau-les-Mines, ont ainsi participé à cette nouvelle opération. Au total, environ 10 m3 de déchets ont été retirés de la Bourbince. La Communauté urbaine Creusot Montceau (CUCM) aura la charge d’en assurer le tri et la gestion.
Et le contenu du « butin » laisse sans voix : chariots de supermarché, carcasses de vélos, scooters, pneus, tuyaux, panneaux de signalisation, barrières, ferraille, plastique… Autant d’objets qui n’ont évidemment rien à faire dans le lit d’une rivière.
Au-delà de l’aspect spectaculaire de cette collecte, c’est bien la répétition du phénomène qui interpelle. Car ces déchets ne disparaissent pas spontanément, ils se dégradent, peuvent être emportés par les eaux et contribuer à la pollution du milieu naturel. Ils peuvent également constituer des obstacles à l’écoulement de l’eau et présenter un danger pour la faune comme pour les personnes.
« Depuis quatre ans, vous retirez des déchets et, malheureusement, ça revient. C’est rageant, mais il faut recommencer », constatait Jean-François Jaunet, président du syndicat de la Bourbince. Avant d’insister sur l’enjeu essentiel de ces opérations : « Nous espérons qu’à force, ceux qui se permettent ces incivilités prendront conscience qu’ils polluent leur environnement, leur espace de vie ».
C’est sans doute là tout l’intérêt pédagogique de ces journées de nettoyage. Elles ne consistent pas seulement à ramasser ce que d’autres ont abandonné. Elles permettent aussi de mesurer concrètement l’impact de nos comportements sur un cours d’eau et, plus largement, sur l’environnement qui nous entoure.
Car derrière chaque pneu, chaque chariot, chaque morceau de plastique ou de ferraille abandonné dans la nature, il y a une question simple : pourquoi jeter ici ce qui peut être déposé ailleurs ?
La prise de conscience prendra probablement du temps. Mais les acteurs mobilisés autour de la Bourbince entendent bien poursuivre leurs efforts. « Nous reviendrons », annonçait Benjamin Gauthier, directeur du syndicat de la Bourbince.
Et il le faudra sans doute tant que la rivière continuera d’être considérée, par certains, comme une décharge à ciel ouvert.
Reste enfin la question des embâcles, ces obstructions d’un cours d’eau provoquées notamment par des arbres tombés ou des débris accumulés. Dans la Bourbince, certains arbres gisent déjà dans le lit de la rivière tandis que d’autres, fragilisés, sont prêts à y tomber.
Mais là, c’est une autre histoire…
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J.B.
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