
L’opposition « Montceau passionnément » avec Lilian Noirot, Marie-Claude Jarrot, Sylvie Lukowitz et Gérard Gronfier. Manque Yves Kazmine.
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Dix minutes. C’est le temps qui a été accordé à Marie-Claude Jarrot pour répondre à Éric Commeau, adjoint aux finances, lors du débat d’orientation budgétaire (DOB) du dernier conseil municipal du 8 avril, préalable au budget primitif 2026. Un temps jugé largement insuffisant par l’ancienne maire, désormais dans l’opposition.
Frustrée de ne pas avoir pu développer son argumentaire, elle a donc choisi de reprendre l’offensive lors d’une conférence de presse organisée lundi après-midi.
Le ton est donné d’emblée. Dans une « colère froide », Marie-Claude Jarrot cible directement Éric Commeau, qu’elle compare à « un matador dans une arène », mais aussi une certaine presse locale « avec des titres accrocheurs ».
« Nous ne sommes pas dans une corrida et je ne suis pas une vache. Je veux bien être maltraitée, mais je ne veux pas être insultée. Je n’ai de leçons d’économie à recevoir de personne. D’ailleurs, je me réserve le droit de porter plainte ».
L’attaque est frontale et s’inscrit dans un affrontement politique désormais ouvert entre l’ancienne majorité et la nouvelle équipe municipale.
Marie-Claude Jarrot ne mâche pas ses mots à l’égard de l’adjoint aux finances, « le poussiéreux adjoint aux finances, juste bon à jouer la pleureuse ».
Elle lui reproche une lecture biaisée du DOB, centrée sur « une vision misérabiliste » de la ville. « Mettre en avant un taux de chômage de 19,8 %, c’est une plaisanterie. Quand on débute, on apprend la cartographie du territoire. Monsieur Commeau fait du misérabilisme, il est anxieux, il ne sait pas comment il va s’en sortir ni comment il ira chercher les financements. Il est sans ambition pour la ville et raconte des choses fausses ».
Sur le fond, l’ancienne maire conteste également plusieurs affirmations avancées en conseil municipal, notamment concernant une subvention de 480 000 euros. « On laisse entendre que je ne l’aurais pas intégrée au DOB. C’est faux, elle a été intégrée et considérée comme un accompagnement » (lire le courrier plus bas).
Elle revient aussi sur l’héritage de 2014, évoqué par Éric Commeau. « Encore heureux qu’il y avait de l’argent ! Tout était en ruine. Je ne pouvais même pas faire déjeuner les élèves au Bois du Verne. Il faut savoir aller chercher les financements ».
Au-delà des échanges techniques, Marie-Claude Jarrot dénonce une mise en cause personnelle, « quand on veut me faire passer pour une délinquante financière, ça ne m’amuse plus du tout ».
Sur la situation financière de la ville, elle assume un discours de gestion, tout en contestant les critiques. Si Montceau-les-Mines a bien été intégrée au réseau d’alerte de la préfecture, elle relativise, « c’est uniquement sur les ratios de fonctionnement. Et depuis 2020, je les ai maîtrisés grâce à des choix structurants comme la rénovation de l’éclairage public ou le chauffage urbain ».
Même sur le chauffage urbain, « Eric Commeau a dit qu’il a augmenté, mais c’est faux » rétorque son opposante.
S’appuyant sur l’audition de la Chambre régionale des comptes en 2025, elle met en avant un bilan qu’elle juge validé sur les investissements dans les énergies renouvelables, l’engagement en matière d’urbanisme et de logement. « Éric Commeau connaît ce rapport et n’en dit rien. Quand l’équipe précédente est félicitée pour ses investissements, on passe ça sous silence ».
Sur les finances, l’ancienne maire ne se dérobe pas, « la première dépense, c’est le personnel, 60 % du fonctionnement. Nous l’assumons ».
Elle reconnaît une dette de 30 millions d’euros, mais la replace dans une stratégie globale. « Les budgets ont toujours été équilibrés. Nous avons réalisé 52 millions d’euros d’investissements sans augmenter les impôts. Nous sommes à 26 ans de désendettement. Pensez-vous une seconde que les banques nous auraient suivis sans solidité financière ? »
Concernant l’épargne brute (capacité d’autofinancement), inférieure aux standards de l’État (4,3 % contre 10 %), elle revendique un choix politique clair, « nous avons toujours dit que nous voulions rebâtir, pas épargner ».
Enfin, elle pointe ce qu’elle considère comme le véritable angle mort du débat, les charges de centralité.
Le centre nautique, à lui seul, représente 1,3 M € par an pour la ville. « La CUCM refuse d’en prendre la compétence. Pourtant, c’est à l’intercommunalité d’assumer, comme à Chalon, Mâcon ou Autun. Aujourd’hui, seuls les Montcelliens paient. La CUCM pourrait prendre en charge 500 000 euros ».
Même constat pour le conservatoire. « Je n’ai jamais pu obtenir un classement intercommunal. Il faut rééquilibrer, car cela coûte très cher ». D’où l’importance aussi de réévaluer les dotations de la CUCM, inchangées depuis 2012.
Elle évoque également les tensions de trésorerie liées au décalage du remboursement de la TVA, justifiant le recours à des prêts relais (4,5 millions d’euros). « Ils seront remboursés comme prévu ».
En conclusion, Marie-Claude Jarrot assume une ligne de défense politique autant que financière. « Nous avons toujours fait preuve d’une gestion rigoureuse avec une capacité à agir ».
Derrière le débat budgétaire, c’est bien une bataille de crédibilité qui s’installe entre majorité et opposition, « mais sans écorner la vérité » termine Marie-Claude Jarrot.
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J.B.
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