Montceau – Lilian Noirot : « la stratégie de la majorité, aucune »

A la conférence de presse de l’opposition menée par Marie-Claude Jarrot (lire par ailleurs), Lilian Noirot n’a pas pu y assister dès le début. Il nous a fait parvenir son intervention :

1. Un DOB doit éclairer l’avenir, pas construire un récit politique
Le Débat d’Orientation Budgétaire, prévu par l’article L2312-1 du CGCT, a pour vocation d’éclairer les élus en vue du vote
du budget, à travers une lecture objective, chiffrée et prospective.
Or, dès l’introduction du document présenté par la nouvelle majorité, nous constatons une mise en scène discursive
préoccupante :
• une « vérité » qui serait enfin révélée,
• une situation prétendument « masquée »,
• un « diagnostic lucide » qui imposerait des décisions difficiles.
Cette construction relève davantage d’un discours politique orienté que d’une analyse financière rigoureuse. Elle vise à
préparer les esprits à des choix futurs sans jamais les expliciter clairement.
Notre responsabilité est donc simple : ramener ce DOB à sa fonction première – éclairer l’avenir, et non réécrire le passé.

2. Dette et investissement : rétablir une vérité financière simple
En finances locales, un principe fondamental s’impose : la dette est la conséquence directe de l’investissement. Moins de dette, c’est mécaniquement moins d’investissements.
Durant le mandat précédent, des choix structurants ont été assumés :
• rénovation d’un patrimoine communal fortement dégradé,
• investissements massifs dans les écoles et équipements publics,
• modernisation des salles de loisirs et des services municipaux,
• amélioration des conditions de travail des agents,
• déploiement de la vidéoprotection et du centre de supervision urbaine,
• création d’outils structurants comme la SEM,
• aménagement des entrées de ville et ouverture des quartiers.
Cette dette correspond donc à des actifs concrets, utiles et durables pour les Montcelliens.
La vraie question est simple : fallait-il moins investir et laisser la ville se dégrader pour afficher une dette plus faible ?
S’endetter n’est pas « dépenser » : c’est construire, moderniser et préparer l’avenir.

3. Une situation financière instrumentalisée
La nouvelle majorité, issue d’une coalition socialiste et écologiste marquée à gauche, cherche aujourd’hui à installer l’idée d’une situation financière fortement dégradée.
Cette lecture est partielle et orientée.
Elle oublie volontairement de mettre en balance :
• le niveau d’investissement réalisé,
• la transformation concrète de la ville,
• l’amélioration des services publics,
• et la qualité de vie des habitants comme des agents municipaux.
Présenter la situation sans intégrer ces éléments revient à déformer la réalité financière.

4. L’épargne : un contexte national, pas une dérive locale
La baisse de l’épargne brute n’est pas spécifique à Montceau. Elle s’explique par un contexte national connu :
• hausse des coûts de l’énergie,
• inflation généralisée,
• augmentation des charges de fonctionnement,
• stagnation des dotations de l’État.
Il s’agit d’un effet de ciseaux subi par l’ensemble des collectivités. Et pourtant, à Montceau nous avons su maîtriser ces dépenses, la Chambre Régionale des Comptes le confirme !
La question essentielle n’est donc pas de constater cette situation, mais de demander : Quelle stratégie la nouvelle majorité propose-t-elle pour reconstituer l’épargne :
• sans dégrader le service public,
• sans augmenter les impôts,
• sans renoncer à investir ?

5. Le grand absent : la stratégie 2026/2030
Le document consacre beaucoup de place au passé… et très peu à l’avenir. Or, c’est bien l’avenir qui concerne les Montcelliens.
Nous attendons des réponses claires :
• Quels sont les 5 investissements majeurs du mandat ?
• Quels projets seront abandonnés ou reportés ?
• Quelle trajectoire d’endettement est visée ?
• Quel niveau d’épargne à la fin du mandat ?
• Quid de l’imposition locale ? Bientôt en augmentation comme toujours avec la gauche et l’extrême gauche ?
Sans stratégie, un diagnostic ne vaut rien.

6. Un angle mort préoccupant : l’économie locale
Le DOB reste étonnamment silencieux sur des sujets essentiels :
• commerce,
• entreprises,
• industrie,
• emploi,
• foncier économique.
Pourtant, l’attractivité d’une ville repose d’abord sur son dynamisme économique. Et pas un mot !
Questions incontournables :
• Quelle politique de soutien au commerce ? Aucune si ce n’est nous plagier avec comme première annonce la vitrophanie sur les vitrines vides. D’ailleurs fait BÉNÉVOLEMENT par Sylvie Lukowitz !
• Quelle stratégie d’accueil des entreprises ? Aucune. Ils font peur aux investisseurs. Regardez le cirque pour le cinéma. Regardez le cirque pour l’adrenaline Park !
• Quelle vision du développement économique local ?
Aucun. Il n’y a rien dans leur programme !

7. Des enjeux d’avenir ignorés
Deux sujets majeurs sont absents : Innovation et transformation des services
• impact de l’intelligence artificielle,
• formation des agents,
• modernisation des procédures.
Transition énergétique
• évolution du parc automobile,
• anticipation du coût des carburants,
• économies de fonctionnement.
Ces sujets conditionnent directement les marges financières futures. Mais que proposent-ils ? Rien ! Nous avons
modernisés la flotte de véhicule, nous avons installé et lançons les centrales photovoltaïques, les ombrières, les récupérateur
d’eau de pluie au complexe gymnique Jean Bouverie, ou encore en utilisant l’eau, des lacs des grands parcs pour arroser le stade des Alouettes. Ca c’est du concret, ça c’est de l’investissement qui produira automatiquement des baisses de charges ! Sans augmenter les impôts !

8. Une différence fondamentale de méthode
La majorité actuelle utilise une mécanique bien connue : présenter une situation « révélée » pour justifier à l’avance des décisions difficiles. C’est le même scénario qu’en 1995. La critique, la critique mais l’absence de propositions.
Nous avons une approche différente.
Nous ne contestons pas le diagnostic : oui, il y a eu des investissements, nécessaires pour les Montcelliennes et
Montcelliens donc une dette. Mais cette dette est le reflet d’un choix politique assumé : investir pour l’avenir.
Et rappelons un fait essentiel : aucune augmentation d’impôts depuis 2014, contrairement aux 18 années précédentes, durant lesquelles la pression fiscale a fortement progressé.

Conclusion
Notre position est claire : Nous ne sommes pas là pour polémiquer ni pour défendre le passé. Nous sommes là pour poser une question simple et essentielle : Quelle est leur stratégie concrète pour les années à venir ? Il n’y en a aucune.
Car un DOB doit regarder vers l’avenir. Pas servir à réécrire l’histoire.

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