Montceau – Le premier adjoint, Eric Commeau démissionne. Etonnant non !

Eric Commeau et Isabelle Louis au conseil municipal le 27 avril dernier.

Eric Commeau tourne la page, une démission qui a tout d’une surprise… pour ceux qui ne regardaient pas.

Il y a des démissions qui tombent comme un coup de tonnerre. Celle d’Eric Commeau ressemble davantage à l’arrivée d’un orage annoncé depuis des semaines sur tous les bulletins météo politiques locaux.

L’alliance qui avait permis l’alternance en mars 2026 réunissait des sensibilités diverses autour d’un objectif simple, gagner l’élection. Mission accomplie. Restait ensuite un détail apparemment sous-estimé, gouverner ensemble. C’est souvent à ce moment-là que les slogans de campagne rencontrent la réalité du quotidien.

A cela s’ajoute un épisode qui avait déjà donné un aperçu des équilibres internes de la nouvelle majorité. Premier adjoint de la ville et figure incontournable de la campagne victorieuse, Eric Commeau n’avait finalement pas décroché la vice-présidence de la communauté urbaine Creusot-Montceau (CUCM) que beaucoup lui promettaient déjà. Une petite déconvenue, sans doute. Ou, à tout le moins, un signal indiquant que certains fauteuils annoncés n’étaient peut-être pas aussi réservés qu’on le pensait.

Depuis plusieurs semaines, les tensions au sein de la majorité municipale ne relevaient plus vraiment du secret d’initié. Difficultés d’organisation, divergences sur la gouvernance, désaccords sur certaines décisions, notamment en matière de ressources humaines,  à lire le communiqué du désormais ex-premier adjoint aux finances, tout semblait fonctionner parfaitement… à condition de ne pas regarder de trop près.

Le texte publié par Eric Commeau mérite d’ailleurs attention. Derrière une rédaction mesurée et soigneusement calibrée, la liste des griefs est particulièrement fournie : manque d’anticipation, absence de concertation, éloignement des engagements initiaux, circulation limitée de l’information, déficit de confiance. Autrement dit, à peu près tout ce qui était censé distinguer la nouvelle équipe de ce qu’elle critiquait hier.

En réalité, la véritable interrogation n’était plus de savoir si une rupture allait intervenir, mais combien de temps chacun parviendrait encore à faire semblant qu’elle n’existait pas.

En quittant simultanément ses fonctions de premier adjoint et son siège de conseiller municipal, Eric Commeau ne se contente pas de prendre ses distances. Il adresse surtout un message particulièrement clair : lorsqu’un navire prend une direction qui ne vous convient plus, il arrive un moment où l’on préfère descendre au prochain port plutôt que continuer à expliquer que tout va bien à bord.

Pour la majorité municipale, cette démission constitue le premier accident politique sérieux du mandat. Trois mois seulement après l’élection, perdre son premier adjoint chargé des finances n’a rien d’une péripétie administrative. On a connu des débuts de mandat plus sereins.

Au-delà du cas personnel d’Éric Commeau, l’épisode soulève déjà une question embarrassante, comment une équipe élue au nom du rassemblement peut-elle afficher aussi rapidement des fractures aussi visibles ? La promesse d’unité semblait solide au printemps, elle paraît aujourd’hui un peu moins résistante aux premières secousses de la réalité.

Une chose est certaine, Montceau vient de perdre son premier adjoint. Et la majorité municipale, elle, vient peut-être de perdre le bénéfice de cette période de grâce qui suit généralement une victoire électorale.

« Cela devait-il finir ainsi ? » A entendre les critiques désormais formulées publiquement, beaucoup répondront qu’il serait sans doute plus surprenant que cela ait pu continuer autrement.

J.B.

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