Montceau – La mémoire comme rempart contre la barbarie

A l’occasion de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France, une cérémonie de recueillement s’est tenue ce dimanche matin devant le monument aux Morts, place de l’Église, à Montceau-les-Mines, en présence de la maire, Isabelle Louis, d’élus, de porte-drapeaux et associations patriotiques.

Il est des dates qui ne s’effacent jamais. Des journées qui rappellent jusqu’où peuvent conduire la haine, le racisme, l’antisémitisme et le renoncement aux valeurs humaines.

Les 16 et 17 juillet 1942 demeurent l’une des pages les plus sombres de l’histoire de France. En moins de quarante-huit heures, 12 884 femmes, hommes et enfants juifs sont arrêtés à Paris et en banlieue. Parmi eux, des personnes âgées, des malades, près de 4 000 enfants. Leur seul crime était d’être nés juifs.

Cette rafle, conçue par l’occupant nazi, ne fut pas seulement l’œuvre de l’ennemi. Elle fut exécutée par l’État français, sous les ordres du maréchal Pétain, de Pierre Laval, de René Bousquet, de Jean Leguay et de toute une chaîne administrative et policière qui choisit d’obéir plutôt que de résister.

De mars 1942 à août 1944, 76 000 Juifs seront déportés depuis la France vers les camps d’extermination. Seuls 3 800 reviendront.

Derrière ces chiffres se cachent des vies brisées, des familles anéanties, des enfances volées, des regards qui ne reverront jamais leur foyer. Le temps efface les odeurs, les bruits, les visages. Mais il ne doit jamais effacer la souffrance, la honte, la douleur, l’absence et la peur.

Chaque année, les témoins disparaissent un peu plus. Le silence gagne du terrain. C’est précisément pour cette raison que notre responsabilité grandit. La mémoire n’est pas un regard tourné vers le passé. Elle est une exigence pour le présent et un engagement pour l’avenir.

A Montceau-les-Mines comme partout en France, il appartient à chacun de transmettre cette histoire. Notre ville, terre de travail, de solidarité et de paix, a elle aussi connu les heures où se sont côtoyées la bassesse des uns et le courage des autres. Car au milieu de la barbarie, des femmes et des hommes ont refusé l’indifférence. Les Justes de France ont choisi de sauver des vies au péril de la leur. Leur humanité demeure une lumière dans l’obscurité.

Aujourd’hui encore, alors que resurgissent les discours de haine, que l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes d’intolérance trouvent parfois un nouvel écho, cette mémoire nous oblige. Elle nous rappelle que rien n’est jamais définitivement acquis et que la démocratie, la liberté et la fraternité se défendent chaque jour.

Parce que la barbarie commence toujours par les mots avant de devenir des actes. Parce que l’histoire nous enseigne ce qu’il en coûte lorsque l’indifférence l’emporte. Parce que la mémoire des victimes et le courage des Justes nous obligent.

Ne jamais oublier. Ne jamais céder. Ne jamais détourner le regard.

J.B.

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