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Communiqué de Sabrina Barat, présidente de l’association Place à l’Action.
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Incendies au Plessis: Condamner les violences ne suffit pas :
il faut aussi entendre ce qu’elles nous disent.
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Montceau-les-Mines, le 1er septembre 2026
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L’association Place à l’Action condamne sans ambiguïté les incendies et les dégradations commis ces dernières nuits dans le quartier du Plessis.
Brûler des véhicules, dégrader des biens ou mettre en danger des habitants, des salariés, des pompiers ou des policiers est intolérable. La colère ne peut justifier de tels actes qui doivent être sanctionnés.
Mais condamner les violences ne doit pas nous empêcher de poser une autre question, essentielle : que nous disent ces événements sur la situation du quartier et sur les difficultés qui ont pu s’y installer ?
À travers notre présence et notre travail de terrain, nous avons alerté sur les fragilités du quartier du Plessis, sur l’affaiblissement du lien social et sur la nécessité de maintenir une présence humaine, éducative et associative de proximité.
Nous ne découvrons donc pas aujourd’hui les problématiques qui traversent le quartier : présence de trafics, fragilisation du lien social, manque d’espaces dédiés à la jeunesse et recul de la présence de proximité.
Nommer ces problématiques n’est pas stigmatiser le quartier. C’est au contraire reconnaître la réalité à laquelle ses habitants sont confrontés et accepter d’y apporter des réponses.
C’est précisément parce que ces problématiques existent qu’il est indispensable de renforcer la prévention, la médiation, l’accompagnement des jeunes et la présence de proximité.
La jeunesse du Plessis ne peut pas être regardée uniquement lorsqu’elle devient visible par des actes de violence. Elle doit aussi être écoutée lorsqu’elle exprime une colère, un sentiment d’injustice, d’incompréhension ou d’abandon.
Comprendre n’est pas excuser. Chercher les causes n’est pas justifier les conséquences. C’est au contraire vouloir prévenir leur répétition.
Lorsqu’un quartier connaît une fragilisation du lien social, une défiance envers les institutions, un sentiment de relégation ou une diminution des espaces de rencontre et de médiation, la réponse ne peut pas être exclusivement sécuritaire.
La sécurité et la prévention ne s’opposent pas. Elles se complètent. La jeunesse du Plessis a besoin de présence, de dialogue et de perspectives.
Aujourd’hui, les jeunes du Plessis ont besoin d’être considérés autrement que comme une difficulté à gérer lorsqu’un incident survient.
Ils sont des citoyens en devenir et des acteurs de leur territoire. Ils ont besoin de se retrouver, pratiquer des activités, construire des projets, proposer des initiatives et faire de nouvelles rencontres.
Aujourd’hui, les possibilités de rassemblement et d’activités apparaissent insuffisantes. Le city-stade ne peut pas, à lui seul, constituer une politique jeunesse.
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Nous devons recréer des espaces de rencontre, de socialisation et de dialogue.
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À travers notre travail de terrain, nous avons à plusieurs reprises attiré l’attention sur les risques liés au recul de la prévention, de la médiation, de la présence de proximité et d’un lieu permettant aux jeunes de se retrouver.
Aujourd’hui, les événements qui se produisent au Plessis doivent être considérés comme un signal d’alerte collectif.
Nous ne cherchons pas à désigner des responsables ni à trouver des excuses à ceux qui commettent des infractions.
Nous demandons simplement que l’on accepte de regarder la situation dans son ensemble.
Que se passe-t-il lorsque le dialogue disparaît ? Que se passe-t-il lorsque les jeunes ne savent plus vers qui se tourner ? Que se passe-t-il lorsque les habitants ont le sentiment de ne plus être entendus ? Et que se passe-t-il lorsque la prévention intervient trop tard ? Ces questions méritent d’être posées.
Nous devons remettre de la médiation là où le lien s’est fragilisé. C’est pourquoi Place à l’Action appelle aujourd’hui l’ensemble des acteurs concernés à se mobiliser.
Nous demandons notamment :
– le renforcement de la médiation sociale et de la présence de proximité ;
– la mise en place d’espaces réguliers de dialogue avec les jeunes ;
– le renforcement de la prévention et de l’accompagnement des jeunes ;
– une meilleure coordination entre les acteurs sociaux, éducatifs, associatifs et institutionnels ;
-la mise à disposition d’un lieu de proximité dédié à ces jeunes ;
– la possibilité pour les jeunes de construire et porter eux-mêmes des projets et des animations ;
– et l’ouverture d’un véritable dialogue avec les habitants du Plessis, afin qu’ils puissent faire remonter leurs difficultés et participer à la construction des solutions.
Il faut agir.
La sécurité est indispensable. La prévention est indispensable. La médiation est indispensable. Et le dialogue est indispensable.
On ne reconstruit pas le lien social en attendant qu’il soit définitivement rompu. Il faut être présent avant. Il faut écouter avant. Il faut dialoguer avant. Il faut prévenir avant.
C’est précisément dans cet esprit que notre association Place à l’Action est prête à prendre toute sa part dans ce travail, aux côtés des habitants et de l’ensemble des acteurs du territoire.
Parce que le Plessis ne doit pas être un quartier dont on parle uniquement lorsqu’il brûle.
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Sabrina BARAT
Présidente
Association Place à l’Action


