Montceau – Après un mois de fermeture, le BDV retrouve Anaïs et Benoît et le goût du pain

Il y a un mois, ils étaient tombés dans le pétrin, la « gueule » enfarinée. Cette fois, c’est avec le sourire qu’Anaïs et Benoît Peguesse vont remettre la main à la pâte.

Le service de l’hygiène n’avait pas fait dans le détail, soit la boulangerie, et plus précisément le laboratoire, était remise aux normes, soit elle devait fermer définitivement.

En somme, Anaïs et Benoît Peguesse n’avaient pas vraiment le choix. Depuis des années _ près de deux cents ans pour le bâtiment, une centaine pour la boulangerie _ les murs avaient baigné dans leur jus. Cela n’avait jamais empêché la maison de fournir, selon ses clients, « le meilleur pain de Montceau », avec un matériel, lui, en parfait état.

Mais avec l’hygiène, on ne plaisante pas.

Le couple avait d’ailleurs devancé l’arrêté préfectoral et fermé la boulangerie dès le lendemain du passage de l’inspectrice. Il fallait faire vite. L’urgence était de réaliser les travaux afin de réduire au maximum la durée de fermeture.

Et en un mois, le fournil a changé de visage.

« Nous avons fait appel à une entreprise creusotine, LNSP, qui a été très réactive », tient à souligner Anaïs. Et monsieur, lui, a largement mis la main à la pâte. « J’en ai passé du temps », lâche Benoît, avec le sentiment du devoir accompli.

Car pendant ces semaines de travaux, une question demeurait pourtant en suspens, celle de la réouverture.

« Même en sachant qu’il faut faire les travaux, on a toujours un doute quant à la possibilité de rouvrir ou pas. L’inspectrice est revenue et elle a validé », confie Anaïs, visiblement soulagée.

Cette validation, c’est celle qui permet aujourd’hui au Bois du Verne de retrouver une partie de son âme.

Car durant un mois, le quartier a vécu sans sa boulangerie. Plus de porte que l’on pousse tôt le matin, plus de baguettes encore chaudes que l’on rapporte sous le bras, plus de cette odeur de pain fraîchement cuit qui accompagne les premiers pas de la journée.

Une boulangerie, dans un quartier comme le Bois du Verne, c’est bien davantage qu’un commerce. C’est une habitude, un rendez-vous, une ambiance. C’est un peu de vie que l’on retrouve au coin de la rue. Et lorsque cette porte reste close, c’est tout un petit rituel du quotidien qui disparaît.

Les clients, eux, n’ont pas oublié leur boulangerie. « Alors, ça rouvre quand ? » Cette question, Anaïs et Benoît l’ont entendue à maintes reprises durant leur mois de fermeture. Preuve, s’il en fallait une, de l’attachement des habitants à leur commerce.

Il reste encore un chantier à mener, le local où est entreposée la farine doit lui aussi être refait. « Mais c’est au propriétaire d’en assumer la charge », précise Benoît Peguesse. Le délai est de six mois.

L’urgence, c’était le fournil. Et celui-ci est désormais aux normes pour travailler. Les murs, l’électricité, la plomberie, tout a été refait. Le matériel, lui, est resté le même. « Évidemment, ça fait un trou dans la trésorerie », reconnaît la boulangère.

Mais l’essentiel est ailleurs aujourd’hui, la boulangerie va reprendre vie.

Ce mardi, Benoît va retrouver ses gestes, préparer la pâte, chauffer le four. « Je m’y remets avec un grand plaisir », dit-il.

Et mercredi 23 septembre, à 6 heures précises, la porte de la boulangerie-pâtisserie de la rue de la Coudraie va enfin s’ouvrir.

Alors, après un mois de silence, le Bois du Verne va entendre à nouveau le bruit de la porte, les salutations des premiers clients, les conversations matinales. Et surtout, il va retrouver cette odeur incomparable du pain qui sort du four, celle qui n’a pas son pareil pour réveiller un quartier.

Pour donner un peu plus de solennité à ce moment tant attendu, Daniel Rapin viendra animer le quartier avec son orgue de Barbarie. Il fallait bien de la musique pour accompagner le retour du pain.

Après un mois de fermeture, de travaux, de doutes et de poussière, la page se tourne.

Au Bois du Verne, quelque chose va de nouveau flotter dans l’air, l’odeur du pain, celle de la vie qui reprend.

De la musique, du bon pain, des sourires, le BDV retrouve sa boulangerie.

J.B.

 

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