En avril dernier, la nouvelle équipe municipale avait donné le coup d’envoi des ateliers « gommettes et stylos » avec les commerçants montcelliens, réunis au centre nautique. Très vite, les idées avaient jailli : communication, visibilité, aménagements urbains, attractivité commerciale, circulation, stationnement ou encore mobilités. Autant de sujets révélateurs d’une même attente, redonner du souffle au centre-ville et y ramener du monde.
Mercredi soir, le deuxième rendez-vous s’est tenu, toujours au centre nautique et toujours selon la désormais célèbre méthode des « gommettes et stylos ». Cette fois, les discussions ont largement porté sur les grands événements appelés à rythmer les prochaines semaines, la fête du Port, le 7 juin, la Fête de la musique, le samedi 20 juin ou encore le passage du Tour de France à Montceau, le jeudi 16 juillet. Des rendez-vous censés insuffler un peu de ferveur et d’animation dans les rues de la ville.
Mais derrière cet enthousiasme affleure aussi une certaine impatience. Les commerçants attendent beaucoup de la municipalité. Anne Sevin, adjointe au commerce et au développement économique, n’a toutefois pas manqué de rappeler que l’élan devait être partagé. « Même si nous sommes là pour vous soutenir, vous pouvez aussi faire preuve d’initiative au niveau de chaque commerce ». Une manière élégante de rappeler qu’aucune revitalisation ne peut se construire sans l’implication de tous.
La soirée fut également consacrée à la question sensible du centre-ville : ses aménagements, ses zones d’attractivité, ses blocages et les solutions à imaginer. Derrière les échanges, une évidence s’impose, la voiture reste omniprésente dans le paysage urbain montcellien. Et avec elle, son lot d’inquiétudes. Aux intersections, les vitesses excessives crispent les riverains, « quai de Gaulle, il faudrait installer un radar ou des dos-d’âne », glisse un participant.
D’autres vont plus loin et évoquent la nécessité de repenser entièrement le plan de circulation du centre-ville. Une réflexion de fond, encore embryonnaire, mais qui traduit un besoin croissant de rééquilibrer les usages de l’espace public.
Les débats ont aussi porté sur les entrées de la zone de l’ancien Casino, en lien avec celle toujours appelée Jardiland où se côtoient Fnac, Boulanger ou Gémo… ainsi que sur la cohabitation parfois compliquée avec les trottinettes, trop souvent lancées sur les trottoirs et dans les rues piétonnes. Sur ce point, la maire Isabelle Louis a indiqué qu’un élu travaillait actuellement « sur un plan trottinettes ».
Autre sujet, autrement plus préoccupant, les points de deal installés en plein cœur de ville, place de l’Église ou sur le parking de la Capitainerie. « Il ne faut pas les laisser s’implanter », alerte une commerçante, traduisant une inquiétude largement partagée.
Au fil des échanges, quelques pistes plus audacieuses émergent. Un commerçant de la rue Carnot imagine ainsi déplacer certaines enseignes dans des locaux vacants afin de redonner de la densité commerciale à certaines artères désertées.
Il est également question d’une liaison douce reliant les Grands Parcs au parc culturel _ l’Embarcadère, le skate park, le nouveau cinéma _ avant de rejoindre le centre-ville. Une manière de recoudre les différents espaces de vie de la commune et de créer un cheminement plus fluide, plus vivant.
Enfin, dans un sourire presque amusé, un dernier sujet est venu conclure les débats, l’installation de distributeurs de sacs à déjections canines. Un détail, diront certains. Mais souvent, ce sont précisément ces petits riens qui façonnent, au quotidien, le visage d’une ville.
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J.B.
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