Avec un peu d’imagination, en ce dimanche 6 septembre 2026, il était facile de se laisser emporter par les images d’un autre 6 septembre, ou plutôt par celles du 8 septembre 1944, lorsque les troupes du général Jean de Lattre de Tassigny arrivaient à Montceau-les-Mines. Dans les rues de la cité minière, les véhicules d’époque de l’association Historic ont, le temps d’une journée, fait revivre cette période où la liberté retrouvait peu à peu ses droits.
Il y a 82 ans, la liesse devait être immense à Montceau, comme dans tout le Bassin minier. Pourtant, lorsque la colonne du général de Lattre de Tassigny arriva, Montceau-les-Mines n’était déjà plus aux mains des Allemands.
Car ici, la Libération avait commencé par un soulèvement populaire et par le courage de femmes et d’hommes qui, au péril de leur vie, avaient choisi de ne pas se résigner.
Le 6 septembre 1944, la bataille de Galuzot marque un tournant décisif. Les maquisards mettent l’ennemi en fuite et parviennent à faire près de 600 prisonniers allemands, conduits au vélodrome de La Saule. Dans les combats, deux Français perdent la vie, tandis que quinze soldats allemands sont tués.
Ce fait d’armes de la Résistance, cet engagement et ce courage collectif ont profondément marqué l’histoire de la ville. Ils ont valu à Montceau-les-Mines l’attribution de la médaille de la Résistance française.
Pour commémorer le 82e anniversaire de la Libération de Montceau-les-Mines, la commune de Saint-Vallier s’est associée aux cérémonies qui se sont déroulées successivement au monument aux Morts de Bel Air, devant la stèle du général de Lattre de Tassigny, au monument aux Morts, place de l’Église, puis à Galuzot, à Saint-Vallier, là où s’est jouée une partie décisive de cette histoire.
« Montceau n’a pas été libérée, Montceau s’est libérée », a rappelé la maire, Isabelle Louis.
Une phrase qui résume à elle seule la force de cette histoire. Le 6 septembre, les maquisards entrent dans Montceau. A Galuzot, la bataille s’engage. Des mineurs qui ont rejoint la Résistance prennent part aux combats et arrêtent notamment deux trains allemands.
Sous l’Occupation, Montceau-les-Mines vit sous la contrainte. Les drapeaux à croix gammée flottent sur la mairie, symboles d’une ville soumise en apparence. Mais derrière ces façades imposées par l’occupant, la population, elle, refuse de courber l’échine.
« Montceau a vécu sous la contrainte pendant l’Occupation, alors que la mairie était pavoisée de drapeaux à croix gammée. Mais, dans le même temps, sa population n’a jamais voulu se soumettre. Des opérations de sabotage ont eu lieu et les Gueules Noires ont pris part à la Libération. D’ailleurs, Montceau aura cette réputation de centre noir de la Résistance », a rappelé Isabelle Louis.
A Galuzot, lieu de cette bataille décisive, Christophe Dumont, premier adjoint au maire, a rappelé les sacrifices consentis et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Une mémoire d’autant plus précieuse que les témoins de cette époque disparaissent peu à peu, à l’image de Roger Joly.
Alors, 82 ans plus tard, il ne reste plus seulement des dates, des noms et des lieux. Il reste une mémoire. Celle d’hommes et de femmes ordinaires qui, dans des circonstances extraordinaires, ont trouvé le courage de dire non. Celle des mineurs, des résistants, des familles, de tous ceux qui ont contribué, chacun à leur manière, à faire vaciller l’occupant.
« C’est cet effort commun qui a permis de nous libérer du joug allemand », a évoqué Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie. Un effort commun, celui d’une nation martyrisée, meurtrie, mais qui a fini par se relever, debout et la tête haute. Une liberté conquise au prix du courage, du sacrifice et parfois de la vie.
Et parmi celles et ceux qui incarnent cette Résistance, impossible de ne pas citer l’un des plus grands noms de Saône-et-Loire comme le relatait le ministre, « André Jarrot », Compagnon de la Libération.
A Galuzot comme à Montceau, la mémoire demeure.
Parce que se souvenir, ce n’est pas seulement regarder vers le passé. C’est aussi mesurer le prix de la liberté et comprendre qu’elle n’est jamais tout à fait acquise.
Quatre-vingt-deux ans après, les rues peuvent à nouveau résonner du passage des véhicules d’époque, les drapeaux peuvent flotter librement et les cérémonies rassembler les générations.
Et derrière les images de cette journée, il y a toujours cette même histoire, celle d’une ville qui, en septembre 1944, n’a pas attendu qu’on vienne la libérer.
Montceau s’est libérée.
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J.B.
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